Les premiÚres notifications sont tombées pour les établissements avignonnais concernés par la « taxe kebab ».
VotĂ©e en octobre 2010 par le conseil municipal de la ville, cette redevance « dâutilisation du domaine public » est levĂ©e auprĂšs des commerces « pratiquant des ventes ou activitĂ©s diverses au travers de vitrines ou de comptoirs ouvrants sur le domaine public sur lequel stationnent les clients ».
Alexandre Coque a dĂ©fendu les dossiers portĂ©s par six snacks et une banque avignonnais contre cette redevance devant le tribunal administratif de NĂźmes, le 11 juin. « Cette mesure prise par la ville est le fruit dâune interprĂ©tation du nouveau code gĂ©nĂ©ral de la propriĂ©tĂ© des personnes publiques qui parle dâutilisation du domaine public, crĂ©ant ainsi la confusion avec lâoccupation du domaine public, analyse lâavocat. La ville justifie son geste par la salissure des trottoirs ou la mauvaise circulation liĂ©e aux files dâattente, mais elle demande aux Ă©tablissements de sâacquitter dâune redevance plus Ă©levĂ©e que celle qui est perçue pour les terrasses (8 Ă 20 euros/mĂštre carrĂ©/mois) ! »
Les théùtres aussi – Le tribunal administratif de NĂźmes a validĂ© le concept de la redevance.
Il a jugĂ© en revanche que les théùtres, explicitement exclus du dispositif par la mairie, devaient eux aussi ĂȘtre soumis.
Il faut dire que durant le Festival dâAvignon, les files dâattente sont au moins aussi longues devant ces Ă©tablissements que devant les snacks de la ville.
Alexandre Coque a déjà interjeté appel pour 4 de ses clients.
Dâautres sâorganisent en collectif pour obtenir la suppression de la redevance.
Qui est concerné ?
La redevance « dâutilisation du domaine public », votĂ©e en octobre 2010 par le conseil municipal d’Avignon, est levĂ©e auprĂšs des commerces « pratiquant des ventes ou activitĂ©s diverses au travers de vitrines ou de comptoirs ouvrants sur le domaine public sur lequel stationnent les clients . Les agences bancaires sont donc Ă©galement concernĂ©es, dĂšs lors quâelles disposent de distributeurs automatiques en façade.
Mais les 2 types dâĂ©tablissements ne sont pas logĂ©s Ă la mĂȘme enseigne :
- les banques doivent sâacquitter dâune redevance annuelle fixĂ©e Ă 1500 euros.;
- Pour les autres établissements, tout dépend du linéaire dont ils disposent : les snacks, qui sont les plus concernés, sont ainsi tenus de payer chaque mois 130 euros par mÚtre linéaire, soit environ 5000 à 7800 euros par an par établissement pour des linéaires de 3 à 5 mÚtres.
Enfin, dans son jugement, le tribunal administratif de NĂźmes a jugĂ© que les théùtres devaient Ă©galement ĂȘtre soumis Ă la taxe.
Références
- Délibération du conseil municipal
- Code général de la propriété des personnes publiques (CG3P)
Article L. 2122-1 : Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous.
Article L2125-1 : Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance sauf lorsque l'occupation ou l'utilisation concerne l'installation par l'Etat des équipements visant à améliorer la sécurité routiÚre ou nécessaires à la liquidation et au constat des irrégularités de paiement de toute taxe perçue au titre de l'usage du domaine public routier.
Par dĂ©rogation aux dispositions de l'alinĂ©a prĂ©cĂ©dent, l'autorisation d'occupation ou d'utilisation du domaine public peut ĂȘtre dĂ©livrĂ©e gratuitement :
1° Soit lorsque l'occupation ou l'utilisation est la condition naturelle et forcée de l'exécution de travaux ou de la présence d'un ouvrage, intéressant un service public qui bénéficie gratuitement à tous ;
2° Soit lorsque l'occupation ou l'utilisation contribue directement Ă assurer la conservation du domaine public lui-mĂȘme.
En outre, l'autorisation d'occupation ou d'utilisation du domaine public peut ĂȘtre dĂ©livrĂ©e gratuitement aux associations Ă but non lucratif qui concourent Ă la satisfaction d'un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Cet article est en relation avec le dossier
Régions








