Le PrĂ©sident de la RĂ©publique le rĂ©pĂ©tait Ă satiĂ©tĂ©, voici un an. Il allait procĂ©der Ă une « simplification drastique de l’organisation institutionnelle » de la rĂ©gion-capitale. Mais depuis, c’est silence radio. Et les Ă©tablissements publics territoriaux, communautĂ©s d’agglomĂ©ration lights de la zone dense s’impatientent. Unis dans une toute « nouvelle alliance des territoires « , ils disent « stop » au transfert de compĂ©tences sans les budgets affĂ©rents.
« Nous ne sommes pas opposĂ©s Ă la MĂ©tropole du Grand Paris, assure François Roussel-Devaux, directeur gĂ©nĂ©ral des services (DGS) de Paris Est Marne & Bois, mais elle a ajoutĂ© de la dĂ©pense publique et est en total dĂ©calage avec le vĂ©cu concret. Beaucoup de gens sont Ă©cĹ“urĂ©s, on est Ă un tournant, quelque chose va se passer. »
Dotation Ă la baisse
En crĂ©ant « L’Alliance des territoires « , les 11 Ă©tablissements publics territoriaux (EPT) tirent la sonnette d’alarme, afin que le virage redoutĂ© ne les laissent pas sur le bord de la route. Nous demandons la prorogation de la loi NOTre pendant au moins 3 ans, le temps de passer les municipales.
En effet, les territoires franciliens qui gèrent « des centaines d’équipements publics » se sentent menacĂ©s. « La perte des 55 millions de dotation d’intercommunalitĂ© dès l’an prochain, puis de 1,2 milliard d’euros de cotisation foncière des entreprises l’annĂ©e suivante reviendrait Ă asphyxier les collectivitĂ©s », dĂ©noncent les onze prĂ©sidents. « Non seulement la perte de ces recettes les tuerait, mais elle ne règlerait pas le problème financier de la MĂ©tropole du Grand Paris. »
Services publics en berne
Ă€ la tĂŞte de Grand Orly Seine Bièvre, Michel Lepretre (PCF, Vitry) estime l’impact Ă hauteur de « 10-15 % » de son budget 2019. Il attend que l’État lui « donne les moyens des politiques engagĂ©es ». Faute de quoi, la collecte de dĂ©chets, l’ouverture des théâtres ou le dĂ©veloppement Ă©conomique -parmi d’autres- sont menacĂ©s. « La MĂ©tropole a Ă©tĂ© imaginĂ©e pour rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s, mais avec ses moyens, elle n’a pas d’envergure. Il faudrait un vrai fonctionnement des territoires. »
« On n’a pas de pouvoir fiscal », complète Jean-Didier Berger (LR, Clamart), prĂ©sident de VallĂ©e Sud Grand Paris. « Les communes vont donc devoir augmenter les impĂ´ts de 4 % au moins, et l’Etat va leur demander de payer son manque de courage. Tout le principe de l’intercommunalitĂ© est basĂ© sur la neutralitĂ© budgĂ©taire. Or, chaque annĂ©e, les EPT ont de nouvelles compĂ©tences et moins de ressources. Comment exercer plus avec toujours moins d’argent ? »
Des investissements lourds
« En mettant Ă mal les finances du bloc communal, le gouvernement prend aussi le risque de menacer les centaines d’opĂ©rations d’amĂ©nagement et de projets communs portĂ©es par les territoires, notamment les amĂ©nagements autour des gares du Grand Paris Express ou des Jeux olympiques de Paris 2024″, alertent les prĂ©sidents des 11 territoires du Grand Paris dont les investissements “se chiffrent Ă plus d’un milliard d’euros. »
« On veut aussi faire de la coopĂ©ration entre territoires, porter des projets, investir », insiste François Roussel-Devaux qui estime, que face « Ă une MGP qui n’est pas une interco classique, il y a moyen de faire mieux et plus efficace, et que les dĂ©libĂ©rations ne passent pas parce que Paris vote en masse. Nous voulons que les territoires soient visibles. »
Demande d’audience Ă Emmanuel Macron
L’Alliance demande Ă ĂŞtre reçue « sans dĂ©lai » par le PrĂ©sident de la RĂ©publique et le ministre de l’IntĂ©rieur, et rĂ©clame « les mĂŞmes recettes que toutes les autres intercommunalitĂ©s. Une première Ă©tape de simplification serait de rendre aux territoires le statut de toutes les autres intercommunalitĂ©s de France, celui d’EPCI Ă fiscalitĂ© propre. » Les 11 prĂ©sidents sollicitent aussi la mise en place d’un groupe de travail sur le maintien de la Cotisation Foncière des Entreprises.
Vers une union sacrée avec les départements ?
Le président de Paris Est Marne & Bois Jacques JP Martin (LR) va proposer à ses homologues des 10 autres EPT de rejoindre le fonds de solidarité interdépartemental d’investissement (FSII) créé par les 7 départements franciliens de petite et grande couronne, et que pourrait aussi rejoindre la ville de Paris Il souhaite « construire ensemble un projet de syndicat mixte métropolitain qui soit réellement au service du développement et du rééquilibrage territorial, ainsi que de la lutte contre les inégalités sociales. » La discussion est ouverte, mais Jean-Didier Berger comme Michel Lepretre estiment que rien n’est encore décidé. Pour leur part, les 7 présidents n’ont pas été informés de cette demande et attendent donc « d’en expertiser la faisabilité », commente Pierre Bédier (LR, Yvelines)
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