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Les autorités publiques et la répartition des compétences

Publié le 01/04/2013 • Par Dunod Éditions • dans : Fiches de révision

Les politiques d’action sociale et médico-sociale dépendent principalement des décisions prises par notre Parlement national et par les assemblées départementales des conseils généraux. L’exécution de ces décisions est assurée principalement par l’administration d’État et par l’administration territoriale, de plus en plus souvent en articulation avec des Caisses ou Agences nationales ou régionales. Avant de préciser qui décide quoi, dressons un rapide panorama de cette organisation institutionnelle en pleine évolution.

1. Les autorités publiques

a. Les services de l’État

À la suite de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) lancée à partir de 2007, les services de l’État ont été réorganisés. La Direction générale de l’action sociale (DGAS), direction centrale au niveau national, les directions régionales et les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DRASS et DDASS) vont disparaître au profit de l’organisation ci-dessous.

Au niveau national

Les grandes directions des ministères sociaux vont ĂŞtre rĂ©organisĂ©es autour de 4 pĂ´les :

  • un pĂ´le santĂ© ;
  • un pĂ´le protection sociale ;
  • un pĂ´le travail ;
  • une Direction gĂ©nĂ©rale de la cohĂ©sion sociale (qui reprend notamment les compĂ©tences de la DGAS).

Au niveau régional

Pour le secteur social et mĂ©dico-social, la rĂ©organisation des directions rĂ©gionales (mise en Ĺ“uvre 2009-2011) se traduit principalement par :

  • La crĂ©ation d’une direction rĂ©gionale de la jeunesse, des sports et de la cohĂ©sion sociale (DRJSCS) ;
  • La mise en place de 9 grandes directions interrĂ©gionales de la Protection judiciaire de la jeunesse. 

Notons Ă  ce stade que la loi « HPST Â» a créé une agence rĂ©gionale de santĂ© ( cf. infra ), qui pourra Ă©galement avoir des dĂ©lĂ©gations dĂ©partementales, mais celle-ci ne constitue pas une direction dĂ©concentrĂ©e des services de l’État.

Au niveau départemental

  • Pour le secteur social et mĂ©dico-social, cette rĂ©organisation se traduit principalement par la crĂ©ation d’une direction de la population et de la cohĂ©sion sociale qui pourra, dans les dĂ©partements de plus de 400 000 habitants, se scinder en deux directions.

La direction départementale de la population et de la cohésion sociale assure les missions de veille et de sécurité dans les domaines de l’alimentation et de la protection des consommateurs et les fonctions liées à la cohésion sociale (fonctions sociales de la politique de la ville, urgences sociales et hébergement d’urgence, politiques d’insertion, actions en faveur du sport, de la jeunesse et de la vie associative, lutte contre les discriminations, les drogues et la toxicomanie, accueil des demandeurs d’asile). Elle pilotera notamment les CHRS mais pas les ESAT qui relèvent désormais de l’ARS.

b. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA)

Créée par la loi du 30 juin 2004 relative Ă  la solidaritĂ© pour l’autonomie des personnes âgĂ©es et des personnes handicapĂ©es, elle a vu ses missions prĂ©cisĂ©es et Ă©largies par la loi du 11 fĂ©vrier 2005. La CNSA a notamment pour vocation :

  • de contribuer au financement de l’accompagnement de la perte d’autonomie des personnes âgĂ©es et handicapĂ©es ;
  • d’assurer la rĂ©partition Ă©quitable sur le territoire national des dĂ©penses (principalement d’Assurance maladie) en direction des Ă©tablissements et services pour personnes âgĂ©es ou handicapĂ©es ;
  • d’expertiser et de proposer des rĂ©fĂ©rentiels nationaux des dĂ©ficiences et de la perte d’autonomie ;
  • d’assurer un rĂ´le d’expertise technique et d’appui dans l’élaboration des diffĂ©rents schĂ©mas et des programmes interdĂ©partementaux d’accompagnement des handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC) ;
  • d’assurer un Ă©change d’informations et d’expĂ©riences entre les maisons dĂ©partementales des personnes handicapĂ©es, et de diffuser les bonnes pratiques.

Établissement public national à caractère administratif, la CNSA est administrée par un conseil et un directeur, assistés par un conseil scientifique. Le conseil est composé de l’État, de représentants des conseils généraux, de parlementaires, de représentants d’associations nationales, de représentants des organisations syndicales ainsi que de personnes qualifiées.

La CNSA joue un rôle de premier plan pour l’allocation des ressources aux établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées et handicapées, principalement des crédits provenant de l’Assurance maladie. Elle assure notamment la répartition des dotations limitatives de crédit au niveau régional.

c. L’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM)

Créée par la loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2007, l’ANESM est nĂ©e de la volontĂ© des pouvoirs publics d’accompagner les Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux dans la mise en Ĺ“uvre de l’évaluation interne et externe instituĂ©e par la loi 2002-2. Elle fait suite au conseil national de l’évaluation (CNESMS). Elle a pour objectif de dĂ©velopper une culture de la bientraitance au sein des Ă©tablissements et services, en :

  • proposant des recommandations de bonnes pratiques professionnelles, repères pour l’intervention sociale et mĂ©dico-sociale, recommandations qu’elle valide, Ă©labore ou actualise, et qu’elle diffuse au sein du secteur ;
  • favorisant toute action d’évaluation ou d’amĂ©lioration de la qualitĂ© des prestations dĂ©livrĂ©es.

Elle définit en outre les critères d’habilitation des organismes extérieurs qui procèdent à l’évaluation externe des établissements et services.

Sa composition

L’ANESM est un groupement d’intĂ©rĂŞt public constituĂ© entre l’État, la Caisse nationale de solidaritĂ© pour l’autonomie (CNSA) et onze organismes reprĂ©sentants les Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux. Elle s’appuie sur deux instances de travail : un conseil scientifique et un comitĂ© d’orientation stratĂ©gique, composĂ© de reprĂ©sentants de l’État, d’élus, d’usagers, de directeurs d’établissements…

Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles de l’ANESM

Depuis sa crĂ©ation, l’ANESM a produit et publiĂ© un certain nombre de recommandations de bonnes pratiques professionnelles, Ă©laborĂ©es par les acteurs de ce champ, Ă  partir des pratiques valorisĂ©es du terrain (elles font Ă©galement l’objet de synthèses publiĂ©es par l’ANESM). En voici la liste classĂ©e par ordre chronologique :

  • QualitĂ© de vie en Ehpad (volet 4) : L’accompagnement personnalisĂ© de la santĂ© du rĂ©sident (novembre 2012)
  • Participation des personnes protĂ©gĂ©es dans la mise en oeuvre des mesures de protection juridique (juillet 2012)
  • Accompagner l’accès aux droits dans les Ă©tablissements ou services de l’inclusion sociale relevant de l’article L. 312-1 du Code de l’action sociale et des familles (mai 2012)
  • L’évaluation interne : repères pour les services Ă  domicile au bĂ©nĂ©fice des publics adultes (avril 2012)
  • Autisme et autres troubles envahissants du dĂ©veloppement : interventions Ă©ducatives et thĂ©rapeutiques coordonnĂ©es chez l’enfant et l’adolescent (mars 2012)
  • L’évaluation interne : repères pour les Ă©tablissements d’hĂ©bergement pour personnes âgĂ©es dĂ©pendantes (fĂ©vrier 2012)
  • QualitĂ© de vie en Ehpad (volet 3) : La vie sociale des rĂ©sidents (janvier 2012)
  • QualitĂ© de vie en Ehpad (volet 2) : Organisation du cadre de vie et de la vie quotidienne (septembre 2011)
  • L’accompagnement des jeunes en situation de handicap par les services d’éducation spĂ©ciale et de soins Ă  domicile (juin 2011)
  • Le partage d’informations Ă  caractère secret en protection de l’enfance (mai 2011)
  • QualitĂ© de vie en Ehpad (Volet 1) : De l’accueil de la personne Ă  son accompagnement (mars 2011)
  • Le questionnement Ă©thique dans les Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux (octobre 2010)
  • Élaboration, rĂ©daction, et animation du projet d’établissement ou de service (mai 2010)
  • La participation des usagers dans les Ă©tablissements mĂ©dico-sociaux relevant de l’addictologie (avril 2010)
  • L’exercice de l’autoritĂ© parentale dans le cadre du placement (mars 2010)
  • Pour un accompagnement de qualitĂ© des personnes avec autisme ou autres troubles envahissants du dĂ©veloppement (janvier 2010)
  • Concilier vie en collectivitĂ© et personnalisation de l’accueil et de l’accompagnement (novembre 2009)
  • Mission du responsable de service et rĂ´le de l’encadrement dans la prĂ©vention et le traitement de la maltraitance Ă  domicile (septembre 2009)
  • La conduite de l’évaluation interne dans les Ă©tablissements et services visĂ©s Ă  l’article L. 312-1 du Code de l’action sociale et des familles (juillet 2009)
  • L’accompagnement des personnes atteintes d’une maladie d’Alzheimer ou apparentĂ©e en Ă©tablissement mĂ©dico-social (fĂ©vrier 2009)
  • Mission du responsable d’établissement et rĂ´le de l’encadrement dans la prĂ©vention et le traitement de la maltraitance (dĂ©cembre 2008)
  • Ouverture de l’établissement Ă  et sur son environnement (dĂ©cembre 2008)
  • Les attentes de la personne et le projet personnalisĂ© (dĂ©cembre 2008)
  • La bientraitance : dĂ©finition et repères pour la mise en oeuvre (juillet 2008)
  • Conduites violentes dans les Ă©tablissements accueillant des adolescents : prĂ©vention et rĂ©ponses (juillet 2008)
  • Mise en oeuvre d’une stratĂ©gie d’adaptation Ă  l’emploi des personnels au regard des populations accompagnĂ©es (juillet 2008)
  • Expression et participation des usagers des Ă©tablissements relevant du secteur de l’inclusion sociale (avril 2008)
  • Mise en oeuvre de l’évaluation interne dans les Ă©tablissements et services visĂ©s Ă  l’article L. 312-1 du Code de l’action sociale et des familles (avril 2008).

D’autres recommandations sont quant Ă  elles en cours d’élaboration :

  • L’accès aux droits des personnes accueillies en centre d’hĂ©bergement
  • L’expression et la participation des usagers dans le cadre de la protection juridique des majeurs
  • Conduite de l’évaluation interne dans les services d’aide Ă  domicile
  • Conduite de l’évaluation interne dans les Ă©tablissements hĂ©bergeant des personnes âgĂ©es dĂ©pendantes
  • QualitĂ© de vie en Ehpad (Volet 2) : le cadre de vie et l’organisation de la vie quotidienne

Une consultation publique sur l’autisme a en outre été lancée.

Le suivi de l’évaluation

L’ANESM rĂ©alise des enquĂŞtes nationales relatives Ă  la mise en oeuvre de l’évaluation interne dans les Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux, visant Ă  Ă©tablir un Ă©tat des lieux en vue d’apprĂ©cier l’avancement de la dĂ©marche. En, 2012, elle a publiĂ© sa quatrième enquĂŞte nationale, qui mentionne que la quasi totalitĂ© (93 %) des Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux Ă©tait engagĂ©e dans un processus d’évaluation et que 75 % de ceux qui devaient transmettre les rĂ©sultats de leur Ă©valuation externe avant le 3 janvier 2015 dĂ©claraient l’avoir planifiĂ©e.

L’ANESM a également organisé des rencontres inter-régionales afin de promouvoir l’évaluation interne et de diffuser ses recommandations de bonnes pratiques.

Les conventions de partenariats de l’ANESM

Dans le cadre de ses travaux, l’ANESM s’est par ailleurs rapprochée de certains acteurs du secteur, jusqu’à élaborer des conventions de partenariats avec eux (suscitant un certain nombre de débats au sein des professionnels du secteur). Ainsi, ces trois conventions, avec l’ANAP, la HAS et la SCIE.

âž  Convention ANAP / ANEMS de novembre 2010

ConsidĂ©rant que leurs objectifs sont complĂ©mentaires et tendent vers un effort commun de modernisation du secteur mĂ©dico-social et d’amĂ©lioration du service rendu aux usagers, les deux agences ont souhaitĂ© dĂ©finir des modalitĂ©s de coopĂ©ration dans le cadre de leurs missions respectives. D’ores et dĂ©jĂ , cette coopĂ©ration se traduit par la participation de l’ANESM au groupe de travail mis en place par l’ANAP sur le pilotage de la performance dans le secteur mĂ©dico-social, et par la participation de l’ANAP au groupe de travail mis en place par l’ANESM sur l’évaluation interne dans les EHPAD. La convention de partenariat est conclue pour une durĂ©e de quatre ans, et sera reconduite par voie d’avenant.

âž  Convention HAS, Haute autoritĂ© de santĂ© / ANESM de juin 2010

Cet accord de collaboration a pour objectif de dĂ©velopper des actions communes ou complĂ©mentaires, notamment dans deux domaines : celui des recommandations de bonnes pratiques et celui de l’évaluation des Ă©tablissements et services de santĂ©, mĂ©dico-sociaux et sociaux.

Ainsi, les deux organismes produisant des recommandations susceptibles d’être mises en oeuvre par des professionnels issus des secteurs sanitaires et mĂ©dico-sociaux intĂ©grĂ©s dans un mĂŞme service ou travaillant en coordination auprès des mĂŞmes populations, ils ont souhaitĂ© assurer le dĂ©veloppement de travaux conjoints dans tout domaine oĂą cette articulation s’avère nĂ©cessaire, afin d’assurer la production d’une information cohĂ©rente aux usagers et aux professionnels. Dans leurs domaines de collaboration dans le champ des recommandations de bonnes pratiques, les articulations entre la HAS et l’ANESM peuvent se dĂ©cliner de la manière suivante :

  • la production conjointe de recommandations ;
  • la participation de l’ANESM Ă  la production des recommandations de la HAS ;
  • la participation de la HAS Ă  la production des recommandations de l’ANESM.

De la même manière, la HAS et l’ANESM ont souhaité partager leurs travaux en matière de développement d’indicateurs et d’utilisation de ces indicateurs dans l’évaluation interne et externe d’une part des établissements de santé, et d’autre part des établissements et services médico-sociaux et sociaux.

âž  Convention SCIE / ANESM de novembre 2009

Cet accord de partenariat d’une durĂ©e de 3 ans a Ă©tĂ© conclu avec le Social Care Institute for Excellence (SCIE), homologue de l’ANESM au Royaume-Uni. FondĂ©e en 2001, cette organisation est agréée et financĂ©e par le ministère de la santĂ© et le ministère en charge de l’enfance, de l’enseignement et de la famille ainsi que par les administrations dĂ©centralisĂ©es du Pays de Galles et de l’Irlande du Nord. Cet accord vise Ă  dĂ©finir comment l’ANESM et le SCIE collaboreront, mutualiseront leurs expĂ©riences respectives et se feront mieux connaĂ®tre Ă  travers l’Europe. Il s’appuie sur une mise en commun des connaissances.

d. L’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP)

La loi « HPST Â» n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant rĂ©forme de l’hĂ´pital et relative aux patients, Ă  la santĂ© et aux territoires a créé une nouvelle agence, après une tentative infructueuse lors de la loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2009, l’article de loi ayant Ă©tĂ© censurĂ© par le conseil constitutionnel.

L’ANAP est un groupement d’intérêt public constitué entre l’État, l’Union nationale des caisses d’Assurance maladie, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et les fédérations représentatives des établissements de santé et médico-sociaux.

Elle a pour mission :

  • d’élaborer, de diffuser et de suivre la mise en oeuvre de recommandations et d’outils permettant aux Ă©tablissements de santĂ© et mĂ©dico-sociaux de moderniser leur gestion, d’optimiser leur patrimoine immobilier et de suivre et d’accroĂ®tre leur performance, afin de maĂ®triser leur dĂ©penses ;
  • de procĂ©der ou faire procĂ©der Ă  des audits de la gestion et de l’organisation de l’ensemble des activitĂ©s des Ă©tablissements de santĂ© et mĂ©dico-sociaux.

L’ANAP a permis de regrouper différentes structures qui intervenaient dans le champ sanitaire, qu’il s’agisse de la mission pour l’appui à l’investissement hospitalier (MAINH), de la mission nationale d’expertise et d’audit hospitalier (MEAH) et du Groupement pour la modernisation des systèmes d’information hospitaliers (GMSIH). Elle constitue en revanche une première pour le médico-social, sans que son rôle pour ce champ n’ait donné lieu à un véritable débat.

Le directeur général du groupement est nommé par arrêté des ministres chargés de la Santé, de la Sécurité sociale et de la Solidarité.

e. Les agences régionales de santé (ARS)

Créées par la loi « HPST Â» n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant rĂ©forme de l’hĂ´pital et relative aux patients, Ă  la santĂ© et aux territoires, les ARS sont dotĂ©es de larges compĂ©tences en ce qui concerne les Ă©tablissements de santĂ©, la mĂ©decine de ville, pour partie la veille et la sĂ©curitĂ© sanitaires, la prĂ©vention et l’éducation Ă  la santĂ©, le mĂ©dico-social pour sa partie financĂ©e par l’Assurance maladie et les Ă©tablissements et services d’aide par le travail (ESAT).

Les ARS remplacent ainsi, notamment, les actuelles agences régionales de l’hospitalisation (ARH), les unions régionales des caisses d’Assurance maladie (URCAM), les groupements régionaux de santé publique (GRSP), ainsi que, pour partie, les directions régionales et départementales des affaires sanitaires et sociales (DRASS et DDASS) et reprennent certaines compétences des caisses régionales d’Assurance maladie (CRAM).

Les ARS ont pour mission de dĂ©finir et de mettre en oeuvre un ensemble de programmes et d’actions concourant Ă  la rĂ©alisation, Ă  l’échelon rĂ©gional et infrarĂ©gional :

  • des objectifs de la politique nationale de santĂ©, mĂŞme si c’est en tenant compte des spĂ©cificitĂ©s de chaque rĂ©gion ;
  • des principes de l’action sociale et mĂ©dico-sociale ;
  • des principes fondamentaux relatifs Ă  l’accès Ă  des soins de qualitĂ© et Ă  la sĂ©curitĂ© sociale.

Elles sont aussi un instrument de la régulation financière, puisqu’elles doivent aussi contribuer au respect de l’objectif national de dépenses d’Assurance maladie.

Les agences régionales de santé mettent ainsi en oeuvre au niveau régional la politique de santé publique nationale en liaison avec les autorités compétentes dans les domaines de la santé au travail, de la santé scolaire et universitaire et de la protection maternelle et infantile, qui n’ont pas été intégrées dans le champ de compétence de l’ARS.

Les ARS organisent notamment la veille sanitaire, l’observation de la santé dans la région, le recueil et le traitement des signalements d’événements sanitaires et contribuent à l’organisation de la réponse aux urgences sanitaires et à la gestion des situations de crise sanitaire. Les ARS se voient attribuer des missions importantes en matière de prévention puisqu’elles doivent définir et financer des actions visant à promouvoir la santé, à éduquer la population à la santé et à prévenir les maladies, les handicaps et la perte d’autonomie, en veillant à leur évaluation. Elles doivent aussi veiller à assurer l’accès aux soins de santé et aux services psychosociaux des personnes en situation de précarité ou d’exclusion.

Les ARS sont également chargées de réguler, d’orienter et d’organiser, notamment en concertation avec les professionnels de santé, l’offre de services de santé, de manière à répondre aux besoins en matière de soins et de services médico-sociaux, et à garantir l’efficacité du système de santé. C’est à ce titre que lui est notamment confiée la compétence d’autoriser la création et les activités des établissements et services de santé et médico-sociaux ainsi que de les financer (pour la partie qui relève de sa compétence) et d’en contrôler le fonctionnement. Les ARS doivent ainsi veiller à une répartition de l’offre de soins en adéquation avec les besoins de santé de la population. Elles doivent encore contrôler la qualité et la sécurité des actes médicaux ainsi que des prises en charge et accompagnements médico-sociaux. Elles contribuent également à la lutte contre la maltraitance et au développement de la bientraitance dans les établissements et services de santé et médico-sociaux.

Établissement public de l’État Ă  caractère administratif, l’ARS est administrĂ©e par un conseil de surveillance et un directeur gĂ©nĂ©ral dotĂ© de pouvoirs Ă©tendus (on parle du « PrĂ©fet de la santĂ© et du mĂ©dico-social Â»). Des dĂ©lĂ©gations territoriales sont mises en place au niveau des territoires de santĂ©.

Sont instituĂ©es auprès de chaque ARS :

  • une confĂ©rence rĂ©gionale de la santĂ© et de l’autonomie qui Ă©met des avis consultatifs sur la politique de santĂ© rĂ©gionale ;
  • deux commissions de coordination des politiques publiques de santĂ©, associant les services de l’État, les collectivitĂ©s territoriales et leurs groupements et les organismes de sĂ©curitĂ© sociale :
    •  dans les domaines de la prĂ©vention, de la santĂ© scolaire, de la santĂ© au travail et de la protection maternelle et infantile ;
    • dans le domaine des prises en charge et des accompagnements mĂ©dico-sociaux.

Enfin, un conseil national de pilotage des agences régionales de santé, qui réunit des représentants de l’État et de ses établissements publics ainsi que des représentants des organismes nationaux d’Assurance maladie et les ministres compétents, transmet aux ARS les directives pour mettre en oeuvre la politique nationale de santé sur le territoire et en assurer la cohérence. Il doit assurer que la répartition des financements entre les ARS prend en compte l’objectif de réduction des inégalités de santé. Le conseil national de pilotage des agences régionales de santé est également chargé d’évaluer périodiquement les résultats de l’action des agences et de leurs directeurs généraux.

f. Les conseils généraux et les autres collectivités locales

Le rĂ´le des conseils gĂ©nĂ©raux dans l’action sociale n’a cessĂ© de s’accroĂ®tre en matière d’action sociale depuis la dĂ©centralisation engagĂ©e dans les annĂ©es 1982-1983. L’accompagnement social et l’hĂ©bergement, considĂ©rĂ©s comme un ensemble cohĂ©rent devant ĂŞtre pilotĂ©s par une collectivitĂ© de proximitĂ©, deviennent l’apanage de l’aide sociale des dĂ©partements. Leurs compĂ©tences se sont Ă©largies ces dernières annĂ©es avec la mise en place : en 1997 de la prestation spĂ©cifique dĂ©pendance (PSD) puis de l’allocation personnalisĂ©e d’autonomie (APA) en 2002 ; de la dĂ©centralisation du revenu minimum d’insertion (RMI) en 2004 et de la gĂ©nĂ©ralisation du revenu solidaritĂ© active (RSA) en 2009 ; de la prestation de compensation pour les personnes handicapĂ©es Ă  partir de 2006. Avec cette « irrĂ©sistible ascension du “dĂ©partement providence” Â», le dĂ©partement devient, selon Robert Lafore (2004), le gestionnaire d’un système spĂ©cifique de protection pour les personnes durablement Ă©loignĂ©es du marchĂ© du travail. Il est en outre, depuis la loi de dĂ©centralisation du 13 aoĂ»t 2004, le « chef de file Â» de la politique d’action sociale (article L. 121-1 du Code l’action sociale et des familles) : « Le dĂ©partement dĂ©finit et met en oeuvre la politique d’action sociale, en tenant compte des compĂ©tences confiĂ©es par la loi Ă  l’État, aux autres collectivitĂ©s territoriales ainsi qu’aux organismes de sĂ©curitĂ© sociale Â». Les dĂ©partements consacrent plus de la moitiĂ© de leur budget de fonctionnement aux dĂ©penses d’aide et d’action sociale (voir fiche n° 7).

Les communes contribuent également à la politique d’action sociale par des actions en direction des personnes âgées et des personnes handicapées, des enfants et adolescents et, dans une moindre mesure, par des actions en direction des personnes en difficultés sociales.

On peut Ă©galement souligner que les conseils rĂ©gionaux, s’ils n’interviennent pas directement dans le champ de l’accompagnement des personnes vulnĂ©rables, ont depuis la loi de dĂ©centralisation du 13 aoĂ»t 2004 un rĂ´le majeur dans les politiques d’action sociale puisqu’ils organisent et financent un large pan des formations proposĂ©es dans le champ sanitaire et social. Dans ce cadre, ils sont notamment chargĂ©s d’élaborer un schĂ©ma rĂ©gional des formations sanitaires et sociales et de financer les Ă©tablissements de formation.

2. LA RÉPARTITION DES COMPÉTENCES

Le tableau 6.1 prĂ©sente, pour chaque catĂ©gorie d’établissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux et pour les lieux de vie les champs de compĂ©tence respectifs en matière d’autorisation de crĂ©ation, de transformation et d’extension ainsi qu’en matière de financement, faisant ainsi une transition avec la fiche 7. 

 

Tableau  6.1.  Qui  décide  quoi  ?

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Tableau  6.1.  Qui  décide  quoi  ?

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