Il aura fallu Ă peine une journĂ©e de nĂ©gociation aux dirigeants europĂ©ens pour parvenir Ă un accord dĂ©finitif sur le traitĂ© modificatif. Après deux ans d’impasse, Ă la suite du rejet du projet de traitĂ© constitutionnel par la France et les Pays-bas en 2005, les Etats membres ont donc entĂ©rinĂ© la rĂ©forme institutionnelle de l’UE, le 18 octobre. La France a annoncĂ© qu’elle procĂ©derait Ă une ratification parlementaire en fĂ©vrier 2008.
Contexte :
Le 29 octobre 2004, le « TraitĂ© Ă©tablissant une Constitution pour l’Europe » est signĂ© par les 25 Etats membres, deux pays ayant alors encore le statut de candidat (Bulgarie et Roumanie), et par la Turquie. En France (29 mai 2005) et aux Pays-Bas (1er juin 2005), les citoyens rejettent la Constitution par voie rĂ©fĂ©rendaire, entraĂ®nant ainsi la crise du processus de ratification.
RĂ©uni Ă Bruxelles les 16 et 17 juin 2005, le Conseil europĂ©en dĂ©cide de lancer une « pĂ©riode de rĂ©flexion » d’un an afin de donner plus de temps aux EuropĂ©ens pour dĂ©battre et ratifier la Constitution.
Au Sommet de juin 2006, les chefs d’Etat et de gouvernement ont finalement dĂ©cidĂ© de repousser Ă fin 2008 (au cours de la PrĂ©sidence française) la date butoir pour trouver une issue au blocage institutionnel Â… le temps que la France ait choisi son nouveau prĂ©sident. Plus de la moitiĂ© des Etats membres ont pourtant dĂ©jĂ ratifiĂ© le texte.
En septembre 2006, Nicolas Sarkozy, alors candidat Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle, formule Ă Bruxelles des propositions pour sortir l’Europe de la crise. Le chef de l’Etat propose d’adopter un « mini traitĂ© » et d’abandonner l’idĂ©e de Constitution pour le moment.
Il s’agirait d’un mĂ©cano institutionnel reprenant les principales innovations de la partie I du projet de traitĂ© constitutionnel, notamment : la prĂ©sidence stable de l’UE, la crĂ©ation d’un poste de ministre europĂ©en des Affaires Ă©trangères et l’extension du vote Ă la majoritĂ© qualifiĂ©e au Conseil.
RejetĂ©e au dĂ©part par Berlin, la proposition française a constituĂ©, par la suite, la base de nĂ©gociation de la PrĂ©sidence allemande. L’Espagne, l’Italie et le Portugal se sont ensuite ralliĂ©s Ă la proposition française. Avant le Sommet des 21 et 22 juin, seules la Pologne et la Grande-Bretagne menaçaient d’opposer leur veto Ă un accord commun permettant l’ouverture d’une confĂ©rence intergouvernementale.
Les nĂ©gociations ont Ă©tĂ© très laborieuses. Si le prĂ©sident polonais Lech Kaczynski, prĂ©sent Ă Bruxelles, Ă©tait prĂŞt Ă accepter le compromis trouvĂ© par les Etats membres, le Premier ministre, son frère jumeau, restĂ© Ă Varsovie, a tout d’abord dĂ©clarĂ© qu’il s’y opposait, le système de vote au Conseil proposĂ© par le projet de Constitution Ă©tant dĂ©favorable Ă son pays par rapport Ă celui prĂ©vu dans le traitĂ© de Nice encore en vigueur.
Après un coup de force de la chancelière allemande Angela Merkel, les Polonais ont fini par céder.
Cette dernière a en effet proposĂ© aux Etats membres de l’UE de convoquer une CIG sans la Pologne pour adopter le futur traitĂ©. Les Britanniques avaient de leur cĂ´tĂ© acceptĂ© le compromis après avoir obtenu gain de cause sur diffĂ©rents points : la disparition de la Charte des droits fondamentaux du corps du texte, l’Ă©limination des symboles de l’UE et le changement de dĂ©nomination du ministre europĂ©en des Affaires Ă©trangères.
La CIG qui s’est ouverte au mois de juillet avait donc pour mission de rĂ©diger un « traitĂ© modificatif » avant la fin de l’annĂ©e 2007.
Enjeux :
«Les experts juridiques ont trouvĂ© un accord provisoire sur le traitĂ© » avait dĂ©clarĂ© la PrĂ©sidence portugaise, le 2 octobre.
Des obstacles politiques soulevés notamment par la Pologne, la Grande-Bretagne, ou encore la République tchèque faisaient pouvaient cependant encore compromettre un accord.
Les Ă©lections lĂ©gislatives polonaises du 21 octobre faisaient Ă©galement notamment planer un doute sur l’issue des nĂ©gociations.
L’accord trouvĂ© lors du Sommet informel de Lisbonne, les 18 et 19 octobre, constitue donc un grand sou
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