C’est un anniversaire en catimini. Pas de carton d’invitation, aucune bulle de champagne, encore moins de cotillon. Les onze établissements publics territoriaux (EPT) de l’agglomération parisienne se sont bien gardés de trop célébrer leur première décennie.
En campagne pour les municipales, les maires qui le composent, avaient mieux à faire. Peu soucieux de pédagogie, ils préfèrent s’attribuer sans vergogne les réussites en matière de ramassage des ordures ménagères ou de collecte des eaux usées.
Autant de politiques qui sont pourtant du ressort de leur intercommunalité. Mais les « EPT », comme les appellent les initiés, passent largement sous les radars. Parmi la population, bien peu d’électeurs sont capables de dire à quel établissement appartient leur commune.
Guerre des territoires
Dotés de budgets colossaux, de près de 4 milliards d’euros au total, ces groupements de communes demeurent maintenus en dehors du champ démocratique. Malgré leurs dix ans d’existence, ils restent des ersatz de communautés d’agglomération.
La faute à la métropole du Grand Paris qui veut leur peau. Institution elle-même sans substance populaire, celle-ci subit toujours les foudres du conseil régional.
C’est tout le drame du Grand Paris. Au milieu des années 2010, le législateur a choisi de ne pas choisir entre les diverses couches du millefeuille. Il a organisé une compétition darwinienne particulièrement nocive.
Bal des apparences
Bilan des courses dix ans après ? Personne n’est content, mais personne n’a les moyens de changer le système. Alors, les candidats à Paris font comme si la capitale disposait des pleins pouvoirs. À la primaire socialiste, l’an passé, la seule postulante qui évoquait régulièrement le Grand Paris, Marion Waller, a obtenu 46 voix. Dans une ville de plus de 2 millions d’habitants, on a connu succès plus probant !
Mais, après tout, la cause n’est peut-être pas complètement désespérée. Sébastien Lecornu annonce un projet de loi sur le Grand Paris au lendemain des municipales.
On peine, cependant, à voir comment le Premier ministre pourrait mener une réforme ambitieuse à bon port, dans un hémicycle de l’Assemblée nationale aussi fracturé.
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