Les « stop and go » nuisent à la politique de rénovation énergétique, ne cessent de mettre en garde les professionnels du secteur. Après l’arrêt de MaPrimeRenov en juin, puis son redémarrage de façon très resserrée – limité aux ménages les plus précaires aux logements les plus énergivores – en septembre, et son arrêt début janvier faute de loi de finances adoptée, Vincent Jeanbrun, le ministre en charge de la ville et du logement, a confirmé le 6 février sa réouverture dans les prochains jours.
Le guichet MaPrimeRenov sera à nouveau accessible dès la promulgation de la loi de finances pour 2026, après son examen par le Conseil constitutionnel, dans les conditions prévues en 2025, avec les plafonds de travaux revus à la baisse en septembre dernier.
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit un budget de 3,6 milliards de la part de l’Etat au profit de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui gère MaPrimeRenov, auquel s’ajoute 500 millions de crédits issus des certificats d’économie d’énergie – soit un financement équivalent à celui prévu pour 2025.
Cependant l’Anah avait dû momentanément suspendre l’examen des dossiers en juin dernier, face à un nombre de demandes trop important eu égard à son budget – et pour mettre en place des procédures renforcées pour lutter contre la fraude. Le guichet n’était resté ouvert que pour le financement des monogestes, un non sens, alors que seules les rénovation d’ampleur permettent de véritables gains énergétiques.
Un objectif de 120 000 rénovations d’ampleur
Lors de son conseil d’administration, le 16 décembre dernier, l’Anah s’est fixé comme objectif au moins 120 000 rénovations d’ampleur – combinant plusieurs interventions comme l’isolation, le changement de mode de chauffage – en maison individuelle et en copropriété. Pour celles-ci, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov sera obligatoire avant le dépôt du dossier d’aide, afin de garantir la qualité des rénovations demandées.
Il est par ailleurs prévu le maintien des rénovations par monogestes avec au moins 150 000 rénovations avec un accent mis sur la décarbonation des modes de chauffage. Cependant plusieurs dizaines de milliers de dossiers déposés en 2025 et reportés sur 2026 vont amputer ces objectifs.
Lors de son conseil d’administration, l’Agence a également annoncé de nouvelles mesures de lutte contre la fraude : un encadrement renforcé des mandataires financiers, avec des exigences accrues en matière de capacité financière et de contrôle interne; l’extension et la modernisation des modalités de contrôle, y compris par des contrôles à distance, et la mise en cohérence des procédures de sanction avec la création d’une commission unique des sanctions.
A Carrières-sous Poissy, en visite dans un espace France Rénov, Vincent Jeanbrin a rappelé ces objectifs, et précisé « le double défi qui attend l’Anah : il faut que nous ayons un guichet qui reste ouvert toute l’année, donc avec un budget bien dimensionné, et que nous soyons mobilisés dans la lutte contre la fraude. Grâce à la proximité dans l’accompagnement on pourra éviter les faux dossiers, avec de fausses entreprises ».
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