«Il convient de considérer l’infrastructure ferroviaire comme un bien public de grande valeur sociétale. » Cette phrase, concluant un rapport conjoint de la SNCF et de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), pourrait résumer à elle seule le sujet auquel l’État, la SNCF et les régions sont confrontés s’agissant du réseau ferroviaire.
Le développement de l’offre ferroviaire est une condition majeure à la baisse des émissions de gaz à effet de serre liées au transport. Mais il manque 1,5 milliard d’euros par an, ne serait-ce que pour le réseau de lignes dites « structurantes », sans compter celui des petites, dites « dessertes fines » du territoire. En 2018, le rapport « Spinetta » sur l’avenir du transport ferroviaire préconisait la fermeture de « 78 % » de ces dernières, au regard de leur faible fréquentation, donc, de leur faible rentabilité.
Une offre insuffisante et inadaptée
Un non-sens pour l’ONG Oxfam qui note, dans un rapport d’octobre 2025, « les limites d’une gestion fondée sur la rentabilité plutôt que sur l’intérêt général », estimant que « le sous-usage [de ces lignes] est le résultat d’une offre insuffisante et inadaptée ». Dans ce texte, Oxfam indique d’ailleurs que, en 2021, la France a dépensé 45 euros par habitant pour les infrastructures ferroviaires, contre 124 euros en Allemagne. « Depuis le début des années 2020, on assiste à un regain d’attention pour le réseau ferroviaire secondaire, reposant largement sur les régions, les contraignant d’en cofinancer les travaux, alors qu’il demeure la propriété de l’État », précisent les rapporteurs.
Les régions demandent à revoir le modèle de financement du réseau ferroviaire. « Nous sommes dans un bras de fer avec Bercy, résume Jean-Luc Gibelin, vice-président [PCF] de la région Occitanie. Les régions sont au rendez-vous pour financer l’offre, avec le matériel roulant et la maintenance. Nous demandons à l’État d’être au rendez-vous pour financer sa propriété. » « Nous agissons sur le réseau et ça se voit, relève Jean-Pierre Serrus, vice-président [Renaissance] de la région Paca. Le mouvement est en marche, maintenant, il faut que l’État soit capable de l’accompagner. »
Dans leur rapport conjoint, la Fnaut et la SNCF concluent : « Ce sous-investissement ressemble à une dette grise contractée par nos sociétés […] Seules les démarches collectives au long cours permettront de sortir de la spirale. »
Thèmes abordés








