Considérant que leurs territoires sont « fortement pénalisés par la dégradation continue de la ligne historique Paris/Orléans/Limoges/Toulouse (POLT) », les maires de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Cahors (Lot), Limoges (Haute-Vienne), Périgueux (Dordogne) et Poitiers (Vienne) ont écrit le 21 juin à François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour confirmer leur soutien à la ligne à grande vitesse (LGV) Poitiers-Limoges.
A l’origine de cette initiative, Michel Moyrand, le maire de PĂ©rigueux (Dordogne), revendique l’Ă©lectrification de la ligne PĂ©rigueux-Limoges « pour renforcer l’impact de la LGV Poitiers-Limoges et conforter la relation entre les territoires du Limousin et de la Dordogne ».
Depuis le dĂ©but de son mandat en 2008, ce dernier n’a eu de cesse d’amĂ©liorer la desserte du chef-lieu de la Dordogne qui n’est plus reliĂ© Ă la capitale par un train direct depuis 2006.
Les passagers doivent prendre une correspondance Ă Limoges ou Ă Bordeaux, avec un temps de trajet compris entre 4 h 25 et 5 h 50.
ComitĂ© de pilotage le 10 juillet – Alors qu’un comitĂ© de pilotage doit choisir le 10 juillet le tracĂ© de la connexion de PĂ©rigueux Ă la LGV, Michel Moyrand opte pour rattraper le TGV Ă Limoges, plutĂ´t qu’Ă Coutras en Gironde, pour rattraper le TGV Bordeaux-Paris : « C’est plus direct, le trajet est ramenĂ© Ă moins de 3 h, et le coĂ»t du billet sera moins cher. De plus, ce choix, qui implique d’Ă©lectrifier les 97 km de la ligne PĂ©rigueux-Limoges, amĂ©liorera le rĂ©seau rĂ©gional, sachant que les PĂ©rigourdins reprĂ©sentent 20 Ă 25 % du trafic passagers Ă la gare de BĂ©nĂ©dictins Ă Limoges», a dĂ©clarĂ© le maire, interrogĂ© par La Gazette des communes.
Il met aussi en avant le coĂ»t plus Ă©levĂ© de la connexion par la Gironde : 227 millions d’euros contre 176 millions d’euros pour la modernisation de la voie ferrĂ©e PĂ©rigueux-Limoges.
Pour Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors (Lot), une connexion par le nord à la LGV contribuerait à désenclaver le nord de la région Midi-Pyrénées et conforterait des liens anciens avec le sud-limousin : « Ville touristique, Cahors est autant fréquentée par les Limousins que par les Toulousains. Une connexion à la LGV Toulouse-Bordeaux ne répond pas à la logique de desserte directe. Cela nous oblige à une rupture de charge à Montauban. Le billet coûtera plus cher car la distance sera plus longue », précise-t-il.
Redevenir compĂ©titif par rapport aux vols low cost – « Il faut entre 4 h 30 et 5 h 15 pour aller Ă Paris. Si on a une solution de ligne ferroviaire rapide permettant de passer Ă 4 h, cela redeviendrait compĂ©titif par rapport aux vols low cost proposĂ©s par les aĂ©roports de Toulouse et de Brive-VallĂ©e de la Dordogne», ajoute-t-il.
Sur sa lignée, le conseil général du Lot a ainsi refusé de cofinancer la la LGV Toulouse-Bordeaux.
La mobilisation des deux communes pour la LGV Poitiers-Limoges s’inscrit dans le combat menĂ© en commun avec Brive-la-Gaillarde, Limoges, Tulle et GuĂ©ret dans le cadre d’une charte de coopĂ©ration signĂ©e le 2 avril 2010 en matière de transport, de mobilitĂ© et rapports interurbains.
1,6 milliard d’euros – L’enquĂŞte publique pour la LGV Poitiers-Limoges, Ă©valuĂ©e Ă 1,6 milliard d’euros, sera lancĂ©e cet automne avec un dĂ©but des travaux prĂ©vu en 2015, pour une mise en service en 2019/2020.
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