
salon des maires 19/11/25, porte de versailles, Paris
Un réseau de professionnels locaux accueille les victimes, repère les auteurs présumés et sensibilise tous les publics aux violences conjugales et familiales.
Agir à tous les niveaux sur les violences conjugales ou familiales : une volonté qui anime Villefontaine (Isère, 19 253 habitants) depuis vingt ans. En 2005, la commune a créé au sein de la gendarmerie un poste de coordinatrice sociale du centre communal d’action sociale (CCAS), pour recevoir les victimes de violences conjugales ou intrafamiliales. Dix ans plus tard, l’idée s’est fait jour de constituer un réseau pluridisciplinaire des professionnels du territoire confrontés aux mêmes problématiques, avec une approche commune. Fort d’une dizaine de personnes, le réseau « Violences conjugales Villefontaine » se réunit chaque mois. Objectif : améliorer les procédures d’accompagnement des victimes, avec des réponses locales adaptées. Le réseau organise des actions de sensibilisation, notamment pour la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre et la Journée de la femme du 8 mars, en lien avec les maisons de quartier : stands sur les marchés, théâtre-débat, ciné-débat, escape game…
Et aujourd’hui ?
En 2024, la coordinatrice a accompagné 320 personnes (dont 124 nouvelles situations), avec une attention particulière portée aux publics des quartiers prioritaires de la ville (QPV) et des quartiers de veille active (QVA) qui concentrent 37% des nouveaux cas. Le réseau a sensibilisé plus de 500 personnes dont 200 jeunes. « Élaborer la charte et le règlement qui fixent l’intervention de chaque participant et les missions du réseau a pris beaucoup de temps, explique Hervé Perrot, directeur du CCAS. En outre, le réseau n’étant pas une association, il fallait qu’une structure porte les projets et les demandes de financement. C’est donc le CCAS qui monte les dossiers, inscrit les dépenses à son budget, suit l’encaissement des recettes, établit les bons de commande et les factures… Au départ centré sur les victimes, le réseau s’est également intéressé aux auteurs de violences. Dans certains cas, lorsqu’il reconnaît les faits en comparution immédiate, le parquet choisit d’éloigner l’auteur plutôt que la victime afin, notamment, de ne pas déscolariser les enfants. « Nous louons un appartement meublé à un bailleur social pour installer l’auteur présumé jusqu’à l’audience. Après cette date, il doit quitter les lieux », poursuit Hervé Perrot. Cet éloignement évite la prison à la personne violente et lui permet de s’interroger sur ses actes.
Un « violentomètre » aide les victimes à évaluer la relation avec leur conjoint
Villefontaine diffuse largement le violentomètre, un tableau présenté sous forme de règle graduée du vert au rouge foncé (situation dangereuse et où il convient de se protéger et de demander de l’aide). Il décrit vingt-trois comportements types d’un partenaire : respect, confiance, chantage, manipulation, jalousie, contrôle, menaces de suicide…








