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L’élargissement de l’Union européenne : la géopolitique jusqu’au cœur des territoires
Publié le 24/02/2026 • dans : Contenu partenaire
L’Union européenne : construction et consolidation
Depuis ses origines, la construction de l’Union européenne s’est développée autour de deux dynamiques complémentaires : l’approfondissement, par la mise en commun de politiques communes, et l’élargissement, par l’intégration progressive de nouveaux États membres. Partie de six pays en 1957, l’Union en compte aujourd’hui vingt-sept. Chaque vague d’élargissement a accompagné des moments clés de l’histoire européenne : la consolidation des transitions démocratiques en Europe du Sud dans les années 1980, puis la réunification du continent après la guerre froide dans les années 1990-2000. Cette dynamique a permis l’Union européenne de devenir un acteur économique et politique majeur, représentant près de 450 millions d’habitants, environ un cinquième du PIB mondial et plus de 13 % du commerce international.
Aujourd’hui, la politique d’élargissement de l’Union européenne concerne plusieurs pays européens engagés, à des rythmes différents, dans un processus de rapprochement avec l’Union. Elle inclut les pays des Balkans occidentaux — l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie — ainsi que la Turquie, qui conserve le statut officiel de pays candidat, bien que les négociations d’adhésion soient suspendues depuis 2018.
Le 24 février 2022 marque toutefois un tournant décisif. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a profondément modifié la nature de la politique d’élargissement. En réponse, l’Union européenne a accéléré ses décisions, reconnaissant formellement la vocation européenne de l’Ukraine et de la Moldavie et accordant à la Géorgie une perspective européenne. L’élargissement est alors devenu explicitement une politique géopolitique, étroitement liée aux enjeux de sécurité, de souveraineté et de stabilité du continent européen. Pour les pays candidats, l’adhésion à l’Union européenne répond à plusieurs objectifs. Elle constitue d’abord un ancrage stratégique face aux pressions extérieures et aux menaces hybrides. Elle traduit également un choix politique clair en faveur de la démocratie, de l’État de droit et des libertés fondamentales. Enfin, elle représente une perspective de prospérité économique et de convergence progressive, soutenue par un fort appui des opinions publiques.
Un processus d’adhésion exigeant et encadré
Tout État européen peut demander à rejoindre l’Union, à condition de respecter ses valeurs et de s’engager à les promouvoir. Les pays candidats doivent satisfaire aux critères dits de Copenhague : institutions démocratiques stables, économie de marché viable et capacité à reprendre l’ensemble des règles et politiques européennes. Les négociations sont structurées autour de 35 chapitres, regroupés en grands ensembles thématiques, et reposent sur un principe central : le mérite. Les progrès sont évalués régulièrement par la Commission européenne, tandis que les États membres conservent un rôle décisif, chaque étape clé nécessitant leur accord à l’unanimité.
Au-delà de ces aspects institutionnels, l’élargissement est avant tout une transformation, notamment au niveau local. En pratique, une grande partie de l’acquis européen — l’ensemble des règles, normes et politiques que tout État membre doit appliquer — se met en œuvre à l’échelle territoriale. On estime que 70 à 80 % de la législation européenne concerne directement des compétences locales ou territoriales : gestion de l’eau et des déchets, mobilité, énergie, urbanisme, services publics ou encore transition écologique. Les collectivités des pays candidats sont donc en première ligne pour moderniser les administrations, renforcer les capacités de gestion, améliorer la transparence et préparer l’accès futur aux fonds européens.
Cette dimension territoriale explique pourquoi l’élargissement ne concerne pas uniquement les États candidats. Il ouvre également des perspectives concrètes pour les collectivités des États membres, et notamment françaises. En partageant leur expertise et leurs savoir-faire, elles contribuent à renforcer la gouvernance locale, à professionnaliser les services publics et à ancrer les réformes dans des projets visibles et utiles aux citoyens. Pour l’Union européenne dans son ensemble, des territoires plus solides et mieux gouvernés dans les Balkans occidentaux ou dans le voisinage oriental signifient davantage de stabilité, de sécurité et d’opportunités économiques.
Loin d’être un processus abstrait, l’élargissement se construit ainsi par des coopérations de terrain entre villes et collectivités. Ces partenariats locaux permettent d’illustrer de manière concrète comment l’Union européenne se prépare, dès aujourd’hui, à intégrer de nouveaux membres, bien avant l’adhésion formelle. Ils montrent surtout que l’élargissement est un projet vivant, ancré dans les réalités locales, auquel de nombreuses collectivités françaises contribuent déjà à travers des coopérations opérationnelles et durables.
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Focus : la coopération en action avec l’exemple de Chambéry et Korçë (Albanie) Le partenariat entre la ville de Chambéry et la ville albanaise de Korçë illustre pleinement la portée stratégique d’une coopération décentralisée engagée et responsable. Initiée en 2020 et formalisée par un accord signé en février 2024, cette relation dépasse largement le cadre d’un jumelage symbolique pour s’inscrire dans une dynamique d’échanges concrets, réguliers et structurants pour les deux territoires. Korçë, souvent surnommée « le Petit Paris » pour son histoire francophone et son attachement à la culture européenne, partage avec Chambéry une même sensibilité culturelle et une volonté affirmée d’ouverture internationale. Pour Chambéry, soutenir Korçë revêt une dimension institutionnelle forte : accompagner une ville d’un pays candidat à l’Union européenne dans la consolidation de ses pratiques locales et dans l’appropriation des standards européens de gouvernance. Cette volonté se traduit par des actions tangibles : accueil de délégations albanaises pour des temps d’immersion dans les services municipaux, échanges techniques sur la gestion du patrimoine, le développement touristique durable et l’animation culturelle, appui à la structuration de projets valorisant l’identité historique et architecturale de Korçë, ainsi que la mise en relation avec des acteurs culturels et associatifs chambériens. Les projets artistiques, les rencontres institutionnelles régulières et le partage d’expériences en matière d’action publique locale favorisent un véritable transfert de compétences, réciproque et pragmatique. En s’engageant aux côtés de Korçë, Chambéry contribue concrètement, à son échelle, à la préparation d’un territoire à l’intégration européenne. Ce partenariat démontre comment une collectivité française peut jouer un rôle actif dans la construction d’une Europe des territoires, fondée sur la solidarité, la coopération et la mise en réseau des savoir-faire locaux. Credits : Ville de Chambéry
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Lettre d’information « L’Europe des communes » – Commission européenne
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