Comment jugez-vous la décision du procureur de Nice de classer sans suite votre plainte pour abus d’autorité ?
Je ne suis guère surprise. Nous savons tous que si la magistrature assise dispose d’une libertĂ© quasi-totale, concernant la magistrature debout, c’est un peu plus dĂ©licat. C’est pourquoi dans les plus brefs dĂ©lais nous saisirons un juge d’instruction qui pourra instruire Ă charge et Ă dĂ©charge avec toute la latitude que cette enquĂŞte devrait nĂ©cessiter.
Ă€ lire aussi - Premium
Attentat de Nice : la plainte de Sandra Bertin pour abus d’autorité classée sans suiteSubissez-vous des pressions encore aujourd’hui ?
Les pressions que j ai pu subir, je les ai dĂ©noncĂ©es. Je qualifie cette plainte (la plainte dĂ©posĂ©e par le ministre de l’IntĂ©rieur pour diffamation) dĂ©posĂ©e Ă mon encontre comme le paroxysme des pressions menĂ©es post-attentat. D’ailleurs, rappelons que le parquet de Paris avait classĂ© cette plainte et que c’est dans le cadre d’une citation directe que je comparais devant les tribunaux parisiens.
Que pensez-vous de la première audience qui a eu lieu la semaine dernière où l’on a annoncé l’ouverture du procès au 7 juin ?
Je ne pense rien de particulier concernant cette audience qui Ă©tait une audience de procĂ©dure. En revanche les nombreux fourgons de CRS prĂ©vus pour encadrer la manifestation de soutien (manifestation qui a d’ailleurs fait l’objet d une interdiction devant le tribunal), je ne vous dirai pas ce que j’en pense car je vais ĂŞtre dĂ©sagrĂ©able… Quand on sait que selon l’IGPN, une manifestation de 30 000 personnes n’a visiblement pas un dispositif sous dimensionnĂ© lorsqu’aucune force mobile n’est affectĂ©e sur place… J’ai toutefois pu parler avec les agents (CRS) qui m’ont assurĂ© de leur soutien et qui semblaient navrĂ©s de s’être vus confier cette mission.
Dans quel état d’esprit aborderez-vous le procès ?
J’aborderai le procès d’une manière tout Ă fait sereine. Je dĂ©plore que le ministre ait pu se sentir atteint par la rĂ©alitĂ© que j’ai relatĂ©e et qu’il se soit senti visĂ© personnellement.
Etes-vous soutenue par la profession ?
Concernant les soutiens, je suis soutenue par la police municipale, de nombreux agents de la police nationale et un nombre incalculable de citoyens qui a conscience que lorsqu’on occupe un poste comme le mien, avec les responsabilités que cela implique, on ne s’amuse pas à parler à tort et à travers.
Vous ĂŞtes toujours en poste ?
Oui je suis toujours en poste.
Qu’est-ce que cette affaire a changĂ© pour vous ?
Cette affaire a changĂ© ma façon de voir les choses et d’aborder la vie d’une manière gĂ©nĂ©rale. A vie, je serai marquĂ©e par les horreurs que j’ai vues, et Ă vie je serai marquĂ©e par ce que l’on a fait ensuite, par ce que l’on a essayĂ© de me faire dire ou faire.
Qu’attendez-vous du procès ?
J’attends du procès et d’une manière générale des affaires en cours d’instructions, que la vérité soit révélée. Les Français ont droit à la vérité, les Niçois ont le droit de savoir.
Maintenez-vous qu’un haut-fonctionnaire du ministère soit intervenu auprès de vous au lendemain de l’attentat ?
Je maintiens absolument tout ce que j’ai dit.
Avez-vous donné son nom ?
J’ai donné les noms à la Justice dans le cadre de mon signalement.
Thèmes abordés



