« L’ensemble des 241 mĂ©tiers territoriaux sont impactĂ©s dès maintenant par la transition numĂ©rique », alerte l’Ă©tude du CNFPT(1), rendue publique dĂ©but novembre.Â
Parmi eux, trois catĂ©gories de mĂ©tiers nĂ©cessitent une attention particulière et un accompagnement Ă court terme : les mĂ©tiers « sensibles » – c’est-Ă -dire fortement impactĂ©s par la transition numĂ©rique et requĂ©rant un fort besoin de montĂ©e en compĂ©tences (au nombre de 42 , selon le CNFPT) –, 20 mĂ©tiers « Ă plus forts effectifs » et enfin les mĂ©tiers soumis Ă une possible baisse d’effectifs Ă terme (33 mĂ©tiers d’après l’Ă©tude).
Activités émergentes et montée en puissance
Les activités émergentes concernent entre 23 et 30 % des métiers de chacune de ces catégories.
Sont citées parmi les activités émergentes, sans surprise :
• les activitĂ©s assistĂ©es par le numĂ©rique (pilotage, gestion, intervention…) ;
• l’analyse de données ;
• l’assistance mutualisée au sein de plateformes de services ;
• la prévision en lien à l’usage de logiciels prédictifs et de systèmes d’information décisionnels ;
• les tĂ©lĂ©-activitĂ©s (accueil, tĂ©lĂ©consultation mĂ©dicale, activitĂ©s d’enseignement et d’animation Ă distance, tĂ©lĂ©contrĂ´le…) ;
• la relation multicanale avec les usagers ;
• le « design de service » découlant de la nécessité, sous l’effet de la transition numérique, de mettre au point de nouveaux services et interfaces utilisateurs.
Entre 33 et 39 % des activités montent en puissance dans ce domaine. Par ordre d’importance décroissant :
• les activitĂ©s telles que les saisies, contrĂ´les, reporting-moni-toring-pilotage, Ă©changes d’informations, e-archivage, tĂ©lĂ©-contrĂ´le et tĂ©lĂ©surveillance, suivi de flux automatisĂ©s…) ;
• le traitement de données (acquisition, analyse, interprétation, IA, contrôle de cohérence et de fiabilité des données, sécurisation, échanges) ;
• la médiation numérique interne et externe ;
• l’assistance-conseil aux utilisateurs et services ;
• la communication sur les réseaux sociaux ;
• la consultation des usagers ;
• l’accueil spécialisé ;
• la veille (nouveaux outils, usages, risques, prestataires-opĂ©rateurs…) ;
• le dialogue de gestion entre directions métiers et avec les opérateurs de services numériques.
Activités en réelle transformation
C’est sur la transformation des activitĂ©s que l’impact de la transition numĂ©rique est, en nombre de mĂ©tiers concernĂ©s, la moins importante « en tous les cas Ă court et moyen termes », prĂ©cise le document. Les activitĂ©s en transformation ne concernent en effet qu’entre 11 et 23 % des mĂ©tiers de chaque catĂ©gorie. Sont touchĂ©s :
• l’accueil et plus globalement, les activités de relation aux usagers, de gestion, d’administration ;
• les activités dont la finalité est centrée sur le management avec la transformation progressive des pratiques vers un management moins pyramidal et davantage par projets et par objectifs ;
• les activités de conception et de pilotage qui utiliseront de plus en plus des systèmes experts en assistance à la stratégie et à la décision.
« Pour les mĂ©tiers concernĂ©s par ces transformations, il est observĂ© que, dans la majoritĂ© des situations professionnelles, ce sont moins les activitĂ©s elles-mĂŞmes qui se transforment que leurs modes opĂ©ratoires et les moyens-ressources mobilisĂ©s pour les conduire. »
Autre observation : « il est reconnu que l’usage du numĂ©rique induit deux mouvements de fond opposĂ©s : soit les activitĂ©s tendent Ă gagner en polyvalence (exemples des mĂ©tiers de chargĂ© ou chargĂ©e de communication, de chargĂ© ou chargĂ©e des publics), soit Ă l’inverse, elles tendent Ă se spĂ©cialiser
(exemples des mĂ©tiers de dessinateur ou dessinatrice CAO-BIM, de chef ou cheffe de projet des systèmes d’information gĂ©ographique) ».
Préconisations
Le CNFPT conclut que les modalitĂ©s d’une montĂ©e en compĂ©tences sont un enjeu majeur de cohĂ©sion entre collectivitĂ©s « entre celles, encore majoritaires, qui sont engagĂ©es dans une transition essentiellement appliquĂ©e aux process d’administration, de gestion, d’interventions techniques et d’organisation interne, et celles, minoritaires, qui sont dans une transition numĂ©rique intĂ©grĂ©e aux modes d’action publique locale et porteuses d’un projet numĂ©rique de territoire ». Le centre de formation formule ainsi une sĂ©rie de recommandations Ă court terme (0-5 ans) et Ă plus long terme (5-10 ans). Les prĂ©conisations prioritaires sont signalĂ©es par le pictogramme « âž” »Â (consulter ci-dessous).
A noter que l’établissement publiera prochainement un recueil d’offres thématiques consacrées à la transition numérique.
PrĂ©conisations du CNFPT Ă l’issue de l’Ă©tude by La Gazette des communes on Scribd
Thèmes abordés
Notes
Note 01 Réalisée d’octobre 2019 à février 2021, elle a mobilisé la participation de plus 300 acteurs dont 159 collectivités, établissements territoriaux et une soixantaine d’organisations et d’institutions impliquées dans la transition numérique Retour au texte



