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Encadrement des stages

Adoptée par le Sénat, la loi sur les stages inquiète les formateurs

Publié le 13/06/2014 • Par Sophie Le Gall • dans : France, Toute l'actu RH

Les sénateurs ont adopté, le 12 juin 2014, la version définitive de la proposition de loi encadrant les stages. Vertueux sur le fond, le dispositif pourrait pourtant avoir des conséquences néfastes, en particulier dans le secteur social.

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La proposition de loi tendant au dĂ©veloppement, Ă  l’encadrement des stages et Ă  l’amĂ©lioration du statut des stagiaires, proposĂ©e par la dĂ©putĂ©e PS Chaynesse Khirouni, vise, selon les termes de cette dernière, « d’une part, Ă  rĂ©affirmer que le stage doit ĂŞtre un outil Ă  part entière au service du cursus de formation et, d’autre part, Ă  mieux protĂ©ger les droits des stagiaires ».

Mesures protectrices – Le texte, Ă©laborĂ© lors d’une commission mixte paritaire dĂ©putĂ©s-sĂ©nateurs (CMP), votĂ© le jeudi 12 juin 2014 au SĂ©nat, qui doit maintenant ĂŞtre examinĂ© par l’AssemblĂ©e nationale Ă  une date non encore fixĂ©e pour ĂŞtre adoptĂ© dĂ©finitivement, pose les principes suivants, qui s’appliqueront au secteur privĂ©, public et associatif :

  • La rĂ©munĂ©ration mensuelle minimale des stages de plus de 2 mois passera de 436 Ă  523 euros (cette rĂ©munĂ©ration est obligatoire depuis la loi du 22 juillet 2013 relative Ă  l’enseignement supĂ©rieur, dans le privĂ© comme dans le public).
  • Les stagiaires ayant droit Ă  une gratification seront indemnisĂ©s dès le premier mois de leur stage.
  • Droit Ă  l’accès, pour tous les stagiaires, aux restaurants d’entreprises, au bĂ©nĂ©fice des titres restaurants ou au remboursement des frais de transports, lorsqu’ils existent pour les salariĂ©s.
  • Instauration d’un nombre maximum de stagiaires en fonction des effectifs salariĂ©s, selon des quotas qui restent Ă  dĂ©finir par dĂ©crets.
  • Renforcement des moyens d’identifier et de sanctionner les abus Ă©ventuels.
  • Instauration d’autorisation d’absence et de congĂ©s.
  • Alignement du temps de prĂ©sence des stagiaires sur celui des salariĂ©s.

L’entrĂ©e en vigueur de ces mesures protectrices a Ă©tĂ© dĂ©calĂ©e de septembre 2014 Ă  septembre 2015, les petites structures publiques ou associatives ayant dĂ©jĂ  votĂ© leur budget pour 2014.

SpĂ©cificitĂ©s du secteur social – L’Union nationale des associations de formation et de recherche en intervention sociale (Unaforis) estime que, du fait de ces dispositions, « le nombre de stages offerts va Ă  l’évidence diminuer et les difficultĂ©s de mise en stage vont s’accroĂ®tre jusqu’à devenir insolubles. Les formations en travail social risquent clairement l’asphyxie ». L’Unaforis a constituĂ© une cellule de crise et compte solliciter des audiences urgentes auprès des pouvoirs publics.

« La loi amalgame tous les stages, qui sont pourtant de natures diverses. En gratifiant tous les stagiaires, on amalgame les jeunes en pĂ©riode d’apprentissage, et c’est majoritairement le cas des stages en travail social qui font partie intĂ©grante de la formation, et le stagiaire placĂ© en situation de production », prĂ©cise Diane Bossière, directrice gĂ©nĂ©rale de l’Unaforis.

Les futurs travailleurs sociaux auraient dĂ©jĂ  des difficultĂ©s Ă  trouver des terrains de stage et « les collectivitĂ©s ne jouent pas le jeu en ne proposant que peu d’opportunitĂ©s alors qu’elles ont du mal, dans le mĂŞme temps, Ă  recruter sur ces mĂ©tiers », estime Diane Bossière.

Enveloppe dĂ©diĂ©e – Pour rĂ©pondre aux difficultĂ©s rencontrĂ©es par les structures associatives pour rĂ©munĂ©rer leurs stagiaires, mises en avant depuis plusieurs annĂ©es, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la SantĂ©, a annoncĂ©, en fĂ©vrier 2014, la mise en place d’un fonds de transition d’un montant de 5,3 millions d’euros, rĂ©servĂ© aux structures ne pouvant assumer seules cette gratification. Elles devront en faire la demande auprès des directions rĂ©gionales de la Jeunesse, des Sports et de la CohĂ©sion sociale (DRCJS) ou des Agences rĂ©gionales de santĂ© (ARS), selon les cas, « avec l’obligation pour elles de documenter leur incapacitĂ© Ă  s’acquitter de la gratification Â».

La ministre s’Ă©tait Ă©galement engagĂ©e Ă  dĂ©velopper les lieux de stage dans les services de l’État. « Cette enveloppe est davantage un redĂ©ploiement qu’une crĂ©ation de fonds », commente Diane Bossière.

Forte demande – Le Conseil Ă©conomique, social et environnemental a estimĂ© le nombre de stages Ă  1,6 million par an en 2012, contre 600 000 en 2006, une augmentation qui s’explique par une très forte demande, le stage Ă©tant devenu un passage obligĂ© pour valider une formation ou accĂ©der Ă  un premier emploi. Avant la loi du 22 juillet 2013 relative Ă  l’enseignement supĂ©rieur, on observait des disparitĂ©s entre le secteur public et privĂ© dans l’accueil des stagiaires.
Selon le rapport annuel de 2010 sur l’état de la fonction publique, le secteur privé indemnisait 49 % des jeunes pour leur stage contre 35 % dans la fonction publique.

Pour les Ă©tudiants ayant obtenu un diplĂ´me niveau licence, seuls 17 % ont perçu une indemnitĂ© dans la fonction publique contre 49% dans le privĂ©. Le montant de l’indemnisation Ă©tait, elle aussi, inĂ©gale : 70 % des jeunes dont le stage s’est dĂ©roulĂ© dans la fonction publique ont un niveau d’indemnisation infĂ©rieur Ă  400 euros, contre 53 % des jeunes dans le privĂ©.

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Commentaires

Adoptée par le Sénat, la loi sur les stages inquiète les formateurs

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geronimo

14/06/2014 07h55

le temps passer comme stagiairedans la foncton public , peut il etre comptabilisé pour accéde au concours interne.additionner dans les 4 ans .

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