Non. En application de l’article L.2223-13 du Code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales, les communes ont la facultĂ© de concĂ©der des sĂ©pultures dans leurs cimetières « aux personnes qui dĂ©sirent y fonder leur sĂ©pulture et celles de leurs enfants ou successeurs, en y inhumant cercueils ou urnes ». L’octroi de ces concessions relève de la compĂ©tence des conseils municipaux qui, conformĂ©ment Ă l‘article L.2122-22 du CGCT, choisissent frĂ©quemment de dĂ©lĂ©guer cette compĂ©tence au maire.
L’article L.2223-3 du CGCT relatif au droit Ă l’inhumation prĂ©voit que « la sĂ©pulture dans un cimetière d’une commune est due :
- Aux personnes décédées sur son territoire, quel que soit leur domicile ;
- Aux personnes domiciliĂ©es sur son territoire, alors mĂŞme qu’elles seraient dĂ©cĂ©dĂ©es dans une autre commune ;
- Aux personnes non domiciliées dans la commune mais qui y ont droit à une sépulture de famille ;
- Aux Français Ă©tablis hors de France n’ayant pas une sĂ©pulture de famille dans la commune et qui sont inscrits sur la liste Ă©lectorale de celle-ci. »
Droit Ă ĂŞtre inhumĂ© et droit Ă obtenir une concession. Compte tenu de ces dispositions, il importe de ne pas confondre le droit Ă ĂŞtre inhumĂ© dans un cimetière et le droit Ă y obtenir une concession. Le Code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales distingue, en effet, le droit d’ĂŞtre inhumĂ© dans une commune et la facultĂ© pour la commune d’accorder des concessions dans son cimetière. L’article L.2223-13 du CGCT relatif Ă la dĂ©livrance des concessions n’indique pas en effet les personnes auxquelles cette possibilitĂ© est ouverte.
La dĂ©cision de concĂ©der des sĂ©pultures et celle de les octroyer relèvent de la politique de gestion du cimetière. Plusieurs cas de figure peuvent se prĂ©senter.Lorsqu’une personne relève de l’un des quatre cas Ă©numĂ©rĂ©s par l’article L.2223-3 prĂ©citĂ© et dispose donc du droit d’ĂŞtre inhumĂ©, le maire de la commune concernĂ©e a l’obligation de dĂ©livrer l’autorisation d’inhumation. Le dĂ©funt est inhumĂ© soit en pleine terre, c’est-Ă -dire en terrain commun, soit dans une concession. La commune a l’obligation de fournir, gratuitement, une sĂ©pulture en terrain commun, pour une durĂ©e minimale de cinq ans (article R.2223-5 du CGCT).
Manque de place dans le cimetière. En revanche, l’institution de concessions dans son cimetière Ă©tant une facultĂ© pour la commune, elle n’est pas tenue d’en dĂ©livrer. Cependant, si la commune en a instituĂ©, elle en accorde gĂ©nĂ©ralement aux personnes disposant d’un droit d’ĂŞtre inhumĂ©es dans son cimetière. Lorsqu’une personne ne dispose pas du droit d’ĂŞtre inhumĂ©e, la commune est libre, au moment du dĂ©cès, d’accepter ou non l’inhumation de cette personne dans son cimetière. Elle n’est donc pas obligĂ©e de fournir une sĂ©pulture en terrain commun ou de dĂ©livrer une concession.
Certaines personnes souhaitent porter une sĂ©pulture de leur vivant et acquĂ©rir une concession dans une commune. La fondation de la concession est alors nĂ©cessairement dĂ©connectĂ©e du droit Ă l’inhumation et son cadre juridique a Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© par la jurisprudence. Le Conseil d’Etat ne semble ainsi considĂ©rer comme motifs valables de refus d’octroi de la concession (nonobstant le droit d’y ĂŞtre inhumĂ©) que le manque de place disponible dans le cimetière (CE, sect. , 5 dĂ©cembre 1997, « commune Bachy c/ Saluden-Laniel ») ou les contraintes rĂ©sultant du plan d’amĂ©nagement du cimetière ou d’une « bonne gestion du cimetière ».
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