Jamais les policiers municipaux n’ont Ă©tĂ© aussi armĂ©s. Au 1er janvier 2019, on dĂ©nombrait au moins 22 780 agents de police municipale en France (soit une hausse de 11 % depuis 2014, annĂ©e des dernières Ă©lections municipales), dont plus de 12 000 Ă©quipĂ©s d’une arme Ă feu.
Revendication de longue date des syndicats, l’armement des policiers municipaux a cependant mis du temps à s’imposer parmi les élus, pour qui les missions de ces agents ne nécessitaient pas un matériel semblable à celui de leurs collègues nationaux. Dès 2010, le décès d’Aurélie Fouquet, policière municipale de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), elle-même armée, tombée sous les balles d’un groupe de braqueurs en cavale, a commencé à ébranler les consciences.
Le dĂ©bat a vite Ă©voluĂ© avec la mort de Clarissa Jean-Philippe Ă Montrouge (Hauts-de-Seine), abattue le 8 janvier 2015 par Amedy Coulibaly, l’auteur de l’attaque de l’Hypercacher. Face Ă la menace terroriste, les syndicats ont alors fait valoir que les policiers municipaux Ă©taient aussi exposĂ©s que les policiers nationaux, et qu’ils avaient donc droit Ă une protection Ă©quivalente. Les dernières rĂ©ticences ont Ă©tĂ© levĂ©es par la dĂ©cision du ministère de l’IntĂ©rieur de mettre 4 000 revolvers Manurhin Ă la disposition des communes dĂ©sireuses d’équiper leurs agents, puis par l’assouplissement lĂ©gislatif des conditions de leur armement, dans le cadre de la loi de 2016 sur l’Ă©tat d’urgence.
Depuis, des grandes villes aux contingents importants, comme Lyon et Marseille, ont revu leurs positions, en faveur de l’arme Ă feu.
Mais quels sont les services les plus Ă©quipĂ©s ? Avec quel type d’armes ? Et dans quelle rĂ©gion ?
Des documents inĂ©dits du ministère de l’intĂ©rieur permettent ainsi de se rendre compte des disparitĂ©s gĂ©ographiques quant Ă l’adoption de l’arme Ă feu.
Si le nombre de policiers municipaux armĂ©s n’a pas cessĂ© d’augmenter depuis le scrutin municipal de 2014, l’Ă©quipement, rĂ©parti en diffĂ©rents catĂ©gories, s’est Ă©galement beaucoup diversifiĂ©. Outre les traditionnels revolvers et pistolets, de nombreuses municipalitĂ©s ont fait le choix d’armes non lĂ©tales comme le pistolet Ă impulsion Ă©lectrique et/ou le Flashball.
L’Ă©volution du nombre de pistolets Ă impulsion Ă©lectrique (PIE) est d’ailleurs particulièrement frappante. Cette arme, qui fut longtemps associĂ©e Ă la marque « Taser », a Ă©tĂ© multipliĂ©e par huit depuis 2014. Dans certaines villes, le Taser est perçu comme une alternative Ă l’arme Ă feu. Ainsi, Ă Nantes (Loire-Atlantique), la maire Johanna Roland (PS) a ainsi annoncĂ© en mai 2019 armer sa police de PIE.
Autre arme de catĂ©gorie B Ă destination des policiers municipaux : le lanceur de balle de dĂ©fense (LBD), dont le nombre a doublĂ© entre 2014 et 2019, Ă©quipant près de 3 800 policiers municipaux dĂ©but 2019. Pour l’instant, seul les LBD Flash-ball de l’entreprise Verney-Carron peuvent ĂŞtre utilisĂ©s par les agents de police municipale ; le KANN44, dĂ©veloppĂ© par l’entreprise Redcore est classĂ© comme une arme de catĂ©gorie A, inaccessible aux policiers municipaux.
S’appuyant sur les chiffres fournis par le ministère de l’IntĂ©rieur, la Gazette met en ligne un tableau de l’Ă©quipement des polices municipales par dĂ©partement.
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