Amorcée par l’ex-ministre de la Culture Franck Riester, la création, au sein du ministère, d’une entité administrative dédiée à la démocratisation culturelle se concrétise sous la houlette de l’actuelle locataire de la Rue de Valois Roselyne Bachelot.
Une nouvelle délégation, qui aura rang d’administration centrale, verra le jour le 1er janvier prochain. Elle sera dédiée à la transmission des savoirs et la démocratisation culturelle. Cette nouvelle entité mettra en œuvre un nouveau programme budgétaire (programme 361), qui sera créé à la faveur du prochain projet de loi de finances pour 2021.
Renforcer les échanges avec les territoires
La préfiguration de cette nouvelle entité a été confiée à Nöel Corbin, inspecteur général des affaires culturelles. Co-auteur du rapport « Orsenna » de 2018 sur les bibliothèques (1), ce dernier avait ensuite pris en charge le commissariat général de la saison Africa2020 (reportée au 1er semestre 2021 pour cause de covid).
Dans la lettre de mission adressée à Noël Corbin le 7 septembre, la ministre évoque la nécessité de « renforcer l’action du ministère et sa lisibilité, en vue de permettre l’accès de tous nos concitoyens à la vie culturelle, développer les échanges avec les territoires, et renforcer la coordination de l’enseignement culturel supérieur. »
La culture à tous les âges et en toutes circonstances de vie
La locataire de la Rue de Valois définit trois enjeux auxquels devra répondre la nouvelle délégation.
L’accès de tous les citoyens à l’offre et aux pratiques culturelles devra être garanti « tout au long de leur vie et sur l’ensemble du territoire national. » A ce sujet, la ministre évoque les dispositifs d’éducation artistique et culturelle (EAC), ainsi que le pass Culture, qui devront être « mis au service de cette ambition. »
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La ministre demande à ce qu’une « réflexion » soit menée sur « la place conférée à la culture dans tous les temps et les circonstances de la vie (le monde du travail, le grand âge, la maladie, le handicap, la grande exclusion, la privation de liberté, la transmission intergénérationnelle etc.). « Il s’agit aujourd’hui d’innover et de décloisonner les approches », insiste Roselyne Bachelot, en citant à titre d’exemple, de possibles partenariats avec les autres ministères.
Equité territoriale et adaptation aux spécificités locales
Dans les territoires, le rôle de la culture comme « levier d’attractivité » devra être renforcé, « en garantissant la place de la politique culturelle dans le champ territorialisé des politiques interministérielles (politiques de bassin, dispositifs de contractualisation).»
Il s’agira de
mieux travailler avec l’ensemble des collectivités locales, tant au niveau national qu’au niveau déconcentré, en développant des instances de concertation et des modalités de partenariat rénové (notamment au travers des actuels Conseils des territoires pour la culture) tout en conduisant une politique fondée sur l’équité territoriale, reposant sur une <a href="https://www.lagazettedescommunes.com/660437/le-projet-3d-trouble-les-professionnels-de-la-culture/">adaptation des dispositifs nationaux aux spécificités locales</a>.
En matière d’enseignement supérieur culturel, il s’agira de « coordonner la politique ministérielle d’enseignement supérieur et de recherche ». La nouvelle délégation aura compétence sur les sujets communs à l’ensemble des établissements.
Focus
Préfiguration express
Pour préfigurer la nouvelle délégation à la transmission des savoirs et à la démocratisation culturelle, le calendrier s’annonce serré. D’ici à la fin septembre, la ministre de la Culture attend « un schéma d’organisation et de fonctionnement » de la nouvelle entité. En octobre, lors d’un comité technique ministériel (CMT), la définition de son champ de compétences ainsi que son organisation devront être officiellement présentées. Roselyne Bachelot compte sur une mise en œuvre opérationnelle dès le 1er janvier.
Références
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