Le vice-président du Haut conseil de l’éducation artistique et culturelle (HCEAC) Emmanuel Ethis a tenté, le 15 mai, de rassurer les députés devant l’ampleur du chantier à mener pour parvenir à l’objectif des 100% d’enfants concernés, fixé par l’Etat.
Pas de zones blanches
« En France, il n’y a pas de zones blanches, a lancé Emmanuel Ethis, mais plutôt des zones sur lesquelles travailler en se posant la question des problématiques égalitaires d’accès et du projet social que l’on construit ; l’inventaire des ressources culturelles que parfois l’on ne voit pas. Partout, on a des artistes et des ressources. Qui sont les artistes que nous souhaitons mettre en valeur ? ».
Une mise au point censée convaincre les députés qu’une bonne connaissance du terrain et des artistes de proximité ainsi qu’une bonne dose de volontarisme seraient la solution à toute épreuve pour l’application du plan du gouvernement sur l’éducation artistique et culturelle.
Huit mois après le « plan d’action » pour l’éducation artistique et culturelle (EAC), lancé par les ministères de l’Education et de la Culture, il s’agissait pour le vice-président du HCEAC de dresser un premier bilan devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
Inégalités territoriales
Or, à plusieurs reprises, les élus l’ont interpellé sur
les inégalités territoriales. Maxime Minot, député (LR) de l’Oise, l’a interrogé sur la problématique d’égalité d’accès dans les écoles et collèges des territoires ruraux et isolés : « ce sont dans ces zones que l’accès à l’ est remis en cause faute de professeurs et de moyens malgré le volontarisme des communes et des conseils départementaux. »
« Est-ce que chaque école est liée à des lieux artistiques et culturels ?, a surenchéri Gaël Le Bohec député (LREM) d’Ille-et-Vilaine.
Régis Juanico, député (PS) de la Loire, a lui souligné lui « le dispositif « Orchestre à l’école » (1) n’est pas encore mis en oeuvre sur l’ensemble des territoires d’Outremer (2), et notamment à Mayotte, un des plus pauvres ».
Echelles d’action et spécificités locales
Pour Emmanuel Ethis, toute la question est d’étudier les bonnes échelles d’action et de prendre en compte les spécificités locales : « S’il n’y a pas de conservatoire à proximité, cela va être compliqué (…) donc on doit reconstruire les formations, voir comment les choses peuvent se déployer autrement. Exemple, à Mayotte, il faut voir comment on peut agir dans des situations éloignées des compétences culturelles attendues. (…) Pourquoi les artistes régionaux, ultra marins, ne sont pas au cœur de notre répertoire ? »
Pour y voir plus clair, le HCEAC est en train d’élaborer des outils à disposition des élus, notamment une cartographie commune aux DRAC et aux rectorats. Egalement en projet : un guide pour les territoires selon leurs particularités.
Références
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