Les centres de gestion (CDG) se trouvent dans une aisance financière certaine, souligne l’Inspection gĂ©nĂ©rale de l’administration (IGA) dans son rapport sur l’organisation et les missions des CDG et du CNFPT. Le fonds de roulement – la diffĂ©rence entre les financements disponibles Ă plus d’un an (dotations et rĂ©serves, subventions, emprunts) et les immobilisations (investissements rĂ©alisĂ©s et en cours de rĂ©alisation) –, en hausse, s’établit Ă 243,8 millions d’euros en 2013. Evidemment, le rapport insiste aussi sur la grande hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des CDG. Qui masque aussi d’importantes disparitĂ©s entre les petits et les grands centres de gestion.
243,8 millions d’euros en 2013 – Quoi qu’il en soit, dans une de ses recommandations, le rapport prĂ©conise de faire acter la contribution des CDG Ă l’effort financier attendu des budgets locaux. Et ceci soit par une baisse des cotisations, soit par la prise en charge d’autres missions.
Compte tenu à la fois du stock d’excédent et du rythme du flux de recettes, il serait logique que les CDG participent à l’effort financier requis des budgets locaux, soit en baissant leurs cotisations, soit en assumant des missions qui contribuent à l’optimisation des deniers publics.
Une telle proposition de baisse des cotisations pourrait voir le jour « pour l’exercice budgétaire 2015 », précise le rapport.
A moyen terme, la mission propose notamment :
- d’une part de rendre obligatoire pour toutes les collectivités l’affiliation aux CDG pour un socle de missions très restreint et financé par une cotisation faible ;
- et d’autre part, de maintenir une affiliation obligatoire pour un ensemble plus large de missions pour les communes et EPCI de moins de 350 agents et de prévoir une adhésion à la carte pour certaines compétences ou pour les collectivités au-delà du seuil d’affiliation.
Elle a réalisé le tableau suivant pour résumer :
« Une telle évolution des modalités d’affiliation aux centres de gestion entraînerait un transfert financier important des collectivités actuellement non affiliées vers les centres de gestion, même avec un taux de cotisation très faible, compte tenu des effectifs concernés », insistent les auteures.
Changer aussi le mode de calcul ? – Autre piste de rĂ©forme Ă©voquĂ©e par la mission : Ă©tudier un autre mode de calcul de la cotisation des collectivitĂ©s aux CDG en la dĂ©connectant au moins partiellement des Ă©volutions salariales. « Une corrĂ©lation avec les effectifs, d’une part, et les ressources des collectivitĂ©s, d’autre part, leur permettrait une meilleure adaptation Ă la variation de leurs recettes », estiment les auteures du rapport.
DOB et rapport d’activitĂ© annuel obligatoires – Toujours dans un souci de meilleure gestion, le rapport prĂ©conise enfin de rendre obligatoire dans les centres de gestion le dĂ©bat d’orientation budgĂ©taire (DOB) et le calcul de ratios financiers comparĂ©s selon la taille de l’établissement, ainsi que la transmission d’un rapport d’activitĂ© annuel Ă leurs affiliĂ©s et adhĂ©rents.
Une perception directe de la cotisation pour l’organisation des concours ?
La mission Ă©voque aussi la possibilitĂ© pour les centres de gestion coordonnateurs de recevoir directement des collectivitĂ©s la cotisation, actuellement rĂ©coltĂ©e par le CNFPT, pour l’organisation des concours et examens. Dans l’hypothèse d’une adhĂ©sion de toutes les collectivitĂ©s aux CDG pour un socle minimal de missions, « cette cotisation concours pourrait alors ĂŞtre intĂ©grĂ©e dans la cotisation globale de toutes les collectivitĂ©s au CDG ».
Ce recueil direct permettrait de revoir le mode de calcul de la compensation et de la rendre « plus réactive aux évolutions statutaires et en rapport avec l’activité réelle de chaque CDG ». En effet, depuis le transfert des concours de 2010, ces derniers ont fortement évolué et leur nombre n’est plus le même. Et les CDG « n’organisent plus les concours au même rythme que celui du CNFPT précédemment ». Enfin, dernière difficulté à contrer : la répartition actuelle entre CDG coordonnateurs ne prend pas en compte leur activité réelle, puisqu’elle est basée sur le nombre d’agents gérés. Ainsi, certains CDG n’organisant pas de concours reçoivent malgré tout une compensation, supérieure au coût qu’ils se voient facturer par le CDG organisateur pour des lauréats nommés par des collectivités de leur territoire.
Par ailleurs, souligne le rapport, une partie de la compensation est destinée à la prise en charge des fonctionnaires momentanément privés d’emploi (FMPE) transférés du CNFPT aux centres de gestion. Or celle-ci a été calculée sur le stock alors existant et ne reflète pas l’évolution des sorties éventuelles du dispositif depuis. La mission propose que la cotisation liée aux concours soit calculée selon l’organisation effective des concours et le nombre réel de FMPE gérés par chaque centre coordonnateur. Une réforme qui permettrait également de mettre fin aux remboursements des collectivités non affiliées pour les lauréats qu’elles nomment.
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