Elaborer des cahiers revendicatifs professionnels et territoriaux ; interpeller et demander des audiences auprès des hiérarchies administratives locales ; envoyer des motions aux préfets et organiser des rassemblements devant les préfectures. Telles étaient les actions prévues pour cette journée de mobilisation, mardi 29 novembre 2016, dans les trois versants de la fonction publique, pour faire entendre les revendications restées à ce jour sans réponse (renforcement du statut général des fonctionnaires, plan de titularisations, poursuite de la politique de transfert prime/points etc.). Mais pas seulement.
Cette date Ă©tait fixĂ©e bien avant l’annonce de la victoire de François Fillon aux primaires de la droite, rappellent les quatre syndicats organisateurs, Ă savoir la CGT, la FA-FP, la FSU et Solidaires. Mais, il Ă©tait inconcevable de ne pas en profiter pour alerter sur le dessein « catastrophique » du candidat LR Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle : la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires.
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Cette dĂ©claration a Ă©tĂ© vĂ©cue par les syndicats comme une « provocation », insiste Denis Turbet-Delof, secrĂ©taire national dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’union syndicale Solidaires.
Pour Pascal Carretey, de la FA-FP, les candidats Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle seraient bien avisĂ©s de se poser LA bonne question Ă ses yeux : « A-t-on les moyens de se passer des services publics? » « Si le rapport de Philippe Laurent Ă©tait mieux dĂ©cryptĂ©, cette attaque frontale contre les fonctionnaires n’alimenterait pas les dĂ©bats. On est dĂ©jĂ Ă 39h dans les milieux hospitaliers, de l’Ă©ducation… », cite-t-il en exemple. Et Bernadette Groison, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la FSU, d’ironiser : « Les agents feraient en rĂ©alitĂ© des heures en moins! » « Si l’on compte faire sans eux, cela signifie privatiser les services. Cela a un coĂ»t et aux dĂ©pends des plus modestes. »
Réunion le 13 décembre
Les syndicats comptent bien affiner un argumentaire chiffrĂ© sous peu afin d’appuyer leurs revendications. « Il est encore tĂ´t pour dresser un bilan du quinquennat. L’heure est au coup d’accĂ©lĂ©rateur sur la mobilisation sous le sceau de l’urgence par rapport Ă l’actualitĂ© et nous souhaitons qu’elle s’Ă©largisse Ă l’ensemble des organisations syndicales. Nous travaillerons Ă ce rassemblement de toutes les fĂ©dĂ©rations de fonctionnaires », s’accordent Ă dire les reprĂ©sentants de syndicats.
La FA-FP, Solidaires, la FSU et la CGT Ă©taient entendus en dĂ©but d’après midi par Myriam Bernard, directrice adjointe du cabinet d’Annick Girardin. Laquelle prĂ©disait rĂ©cemment « une casse sociale sans prĂ©cĂ©dent » si un candidat de droite gagnait l’ElysĂ©e. La ministre recevra les organisations syndicales le 13 dĂ©cembre prochain pour donner suite aux conclusions du rapport de Philippe Laurent sur le temps de travail.
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