La fin de mandat approche à grand pas, mais cela n’empêche pas les équipes en place de se projeter. Elles ont confié leurs intentions en matières d’emploi à l’Observatoire de la masse salariale de la FPT d’Adelyce. Zoom sur ce qu’il ressort de leurs déclarations, par strates de collectivités.
Communes plus de 50 millions d’euros de masse salariale
Selon l’analyse de l’Observatoire, la strate des communes qui portent plus de 50 millions de masse salariale présenterait une progression « marquée » des effectifs, avec des équivalents temps plein qui gagneraient plus de 2 points entre janvier et décembre 2026, « selon une trajectoire ascendante continue et particulièrement accentuée sur le second semestre ».
« L’effet cumulé sur les ETP, conjugué à la croissance [des cotisations, ndlr] de la CNRACL et du GVT, conduirait à une évolution de la masse salariale chargée atteignant un niveau inédit de + 5,25 %, rythme de croissance jamais observé sur les huit dernières années. »
Toutefois, on peut lire qu’un « tel niveau d’ambition demeure surprenant au regard du contexte financier très resserré que connaissent aujourd’hui les collectivités, qui conduit généralement à une plus grande prudence dans la programmation des dépenses RH ».
Communes entre 20 et 50 millions d’euros de masse salariale
Cette strate annonce elle aussi une augmentation de ses effectifs, avec des ETP qui atteindraient +1,42 % en fin d’année 2026. « La dynamique est clairement optimiste pour cet exercice. Il faut également relever une croissance soutenue du glissement vieillesse technicité, qui culminerait à +2,88 %, niveau jamais observé jusqu’ici. »
L’Observatoire invite là encore à lire ces données avec prudence : « Il reste étonnant de voir émerger des intentions d’une telle ampleur pour 2026, année électorale durant laquelle les plans initiaux sont fréquemment remaniés. »
Les CCAS et les CIAS
Du côté des CCAS et CIAS, le taux de croissance des ETP atteindrait + 1,85 % en fin d’année. Une évolution là aussi qualifiée d' »inédite » par Adelyce.
Elle est susceptible de « traduire des effets de structure, des ajustements organisationnels ponctuels ou des limites inhérentes à l’exercice de projection, plutôt qu’une tendance de fond pleinement stabilisée ».
« Les CCAS et CIAS se trouvent ainsi dans une situation paradoxale, contraints de contenir leurs effectifs du fait des mouvements nombreux, tout en absorbant des tensions salariales fortes, dans un secteur où la demande sociale ne cesse pourtant de croître. »
Métropoles et communautés urbaines
Pour les métropoles et les CU, 2026 marquerait, comme pour les communes, une « rupture ». « Les ETP repartent de manière plus franche en début d’année, signalant une dynamique de recrutement très soutenue et absorbant totalement les départs en retraite pour atteindre une valeur jamais atteinte de + 3,44 % en septembre 2026 ». Une projection « considérablement optimiste ».
Par ailleurs, les données récoltées par Adelyce montrent une volonté de revoir à la hausse les rémunérations des agents en poste.
Analyse de l’Observatoire : il y a une « volonté visible de renforcer l’attractivité des emplois et de consolider les équipes, dans un contexte où ces structures disposent, pour le moment, de ressources fiscales plus diversifiées et d’un périmètre de compétences qui s’élargit, au détriment des communes ».
Communautés de communes et communautés d’agglomération
Du côté des CC et des CA, le glissement vieillesse technicité poursuit sa progression sur un rythme équivalent à 2025.
Le cout unitaire chargé se maintient, tout comme la courbe des ETP au second semestre 2026, mais cette dernière devrait marquer une croissance en fin d’année de plus de 3%.
Départements
Les départements se distinguent par une évolution prévue « totalement inédite dans les intentions ». Les courbes affichent une baisse franche des ETP au fil de l’année, « avec une trajectoire descendante jamais observée à cet échelon territorial ».
C’est un « signal fort », décrypte l’Observatoire : « Les départements semblent contraints de réduire ou, pour le moins, de ne plus maintenir leurs effectifs, dans un contexte de tensions financières de grande ampleur. Les missions sociales, cœur de leur action, pèsent de plus en plus lourd sur les budgets et absorbent une part croissante des dépenses de fonctionnement, laissant peu de marge pour la politique de ressources humaines. »
Les départements développent une « stratégie contrainte » : préserver les rémunérations, revaloriser certains métiers, mais au prix d’une contraction des effectifs.
Sdis
Les perspectives d’évolution de la masse salariale des SDIS pourraient s’avérer plus modestes qu’annoncées initialement pour 2026 : ils projettent +2,5% d’ETP fin d’année, et une progression du GVT limitée à +0,34 %.
Régions
« Comme dans les autres strates de collectivités, se dessine une volonté affirmée d’agir sur le levier endogène et, particulièrement en 2026, dans une logique de réponse à la baisse d’attractivité de la fonction publique territoriale. » Le GVT atteindrait une valeur record de +2,9 %.
Mais l’Observatoire d’Adelyce rappelle que les régions représentent un poids relativement faible dans les dépenses de fonctionnement locales, comparées aux communes et aux intercommunalités. Leur masse salariale, bien qu’en hausse, représente une part limitée de l’ensemble des charges de fonctionnement nationales.
« Cette caractéristique leur confère une certaine marge de manœuvre apparente dans leurs intentions, même si le contexte financier global reste tendu. » Et d’ajouter que « leur capacité à absorber des variations d’ETP ou à engager des revalorisations indemnitaires doit donc être lue à l’aune de cette structure budgétaire particulière et non comme un signe d’aisance financière ».
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