L’Agence nationale pour la rénovation urbaine est habituée aux vacances de sa présidence. Cette fois la période d’attente entre le départ de sa présidente, Catherine Vautrin, et la nomination d’un nouveau président, s’est étirée sur une année, et trois gouvernements. Par décret du 29 janvier, Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque et président de sa communauté urbaine vient d’être nommé président de l’Anru.
Ministre du logement de juillet 2023 à janvier 2024 – comme l’un des anciens présidents de l’Anru, Olivier Klein, qui a exercé ce ministère juste avant lui, de juillet 2022 à juillet 2023 – il est fin connaisseur des problématiques de la fabrique de la ville. Titulaire d’un doctorat en aménagement, il a notamment été membre du cabinet de Claude Bartolone, alors ministre de la ville. Il a également présidé l’Association France ville durable de 2020 à 2023.
Les enjeux à venir sont décisifs pour le nouveau président de l’Anru, avec le déploiement en cours du NPNRU 2 et un financement qui pose question, et l’éventualité d’un NPNRU3.
Besoin de financements
Au 30 septembre 2024, 13,9 milliards d’euros de concours financiers étaient alloués au titre du NPNRU (10,6 milliards en subventions et 3,3 milliards en prêts bonifiés). Ces montants doivent servir à la démolition de 106 000 logements (76 % des opérations engagées) ;- la réhabilitation de 146 000 logements (64 % des opérations engagées) ; la production de 77 000 logements ; la production de 1 300 équipements de proximité ou à vocation économique.
A l’origine, le projet de loi de finances pour 2025 ne prévoyait pas de contribution de l’Etat au budget de l’Anru, alors que ce dernier s’est engagé à verser 1,2 milliard d’euros d’ici 2033, sur un budget total de 12 milliards, dont au moins 300 millions d’euros entre 2023 et 2027. A l’heure actuelle, l’État n’a versé que 107 millions d’euros à l’Anru, soit 9 % du montant prévu d’ici 2033. Dans la dernière version du PLF, 50 millions ont finalement été prévus en 2025 pour le budget de l’Anru,avec le soutien du gouvernement, reste à voir ce qui sera affecté à l’issue de la commission mixte paritaire toujours en cours.
Quel avenir pour le programme ?
Selon le rapport sur la mission Cohésion des territoires, présenté dans le cadre de l’examen du PLF 2025 par la sénatrice Viviane Artigalas, « Le dynamisme du déploiement du NPNRU a conduit l’Anru à engager 1,8 milliard d’euros de dépenses en 2023. Ce montant devrait atteindre 2,1 milliards en 2024. Sur le triennal 2024-2026, l’ANRU doit, pour continuer la mise en oeuvre des opérations au rythme prévu, décaisser environ 1 milliard d’euros par an jusqu’en 2029 », et « le prolongement de cette phase opérationnelle ne serait pas soutenable à moyen terme en raison du soutien financier insuffisant de l’État et des difficultés des collectivités ».
La question du décalage de la date de fin du programme se pose, ainsi que celle de la priorisation des projets, et du report de certains sur un Anru 3. Cette hypotèse d’un Anru 3 est en effet examinée : Jean-Martin Delorme, président de la section Habitat de l’IGEDD, Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’Anru et Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, ont remis en septembre un rapport sur l’avenir du renouvellement urbain et de l’Anru à la ministre du logement Valérie Létard. Mais étant donné le contexte budgétaire tendu, le rapport est pour le moment resté dans les placards.












