Le ministre délégué Transports Clément Beaune sera-t-il reconduit dans l’équipe de Gabriel Attal ? Telle est la grande interrogation des professionnels du secteur. Durant ces vingt mois au ministère, Clément Beaune a imposé son credo : réduire la fracture sociale et territoriale, tout en décarbonant les transports. Des objectifs qui font naturellement consensus.
Ils passent par un Passe Rail illimité hors-TGV autour de 49 euros. Un chantier qui doit reposer sur une coopération accrue entre l’Etat, les régions et la SNCF. C’est précisément là que le bât blesse. Réuni à l’occasion du congrès de Régions de France de Saint-Malo, le 27 septembre dernier, le comité des mobilités n’a pas (encore ?) connu de lendemain.
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Or, le temps presse pour raccrocher les wagons. L’exécutif souhaite mettre en place le Passe rail dès cet été. Il devra aussi donner du grain à moudre aux élus locaux, afin de signer les ultimes volets « Mobilité » « des contrats de plan Etat-région.
Les ZFE dans le brouillard
Autre mission à haut risque pour le gouvernement : les zones à faible émission pilotées par Christophe Béchu. Depuis que le ministre de la Transition écologique d’Elisabeth Borne a transformé, cet été, les zones où la qualité de l’air s’améliore en simples « territoires de vigilance », les élus des groupements urbains concernés ne savent plus sur quel pied danser.
Devant le risque de colère sociale contre des mesures qui interdiraient l’accès au cœur des métropoles aux véhicules des plus pauvres, ils ont tendance à opter pour des ZFE lights. Au risque de relancer la pollution ? Le gouvernement va devoir reprendre en main le dossier. Et dessiner un avenir commun pour les ZFE, là où le principe de la différenciation territoriale inscrit dans la loi Climat et résilience de 2021 a créé une certaine confusion.
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Le magot du versement mobilité
Il devra aussi clarifier sa position sur le versement mobilité. Officiellement, il n’est pas favorable à la hausse de la contribution des employeurs, en particulier des entreprises. Mais pour le président du MEDEF Patrick Martin, il a ouvert la boîte de Pandore en relevant le plafond du versement mobilité en Ile-de-France.
Et il est vrai que cette possibilité intéresse au plus haut point les présidents d’autorité organisatrices de la mobilité de province dont les structures n’ont pas bénéficié d’un tel relèvement…
Les RER métropolitains sur la rampe de lancement
L’Etat et les collectivités devront aussi trouver les voies du consensus pour faire sortir de terre les RER métropolitains. Adoptée à la fin de l’année dernière à président de la commission du développement durable et de l’aménagement durable, le macroniste Jean-Marc Zulesi, une loi vise à créer de nouveaux réseaux de transport. Une dizaine au total, dans un large rayon autour des grandes métropoles. Un chantier qui a vocation à aboutir dans un délai de dix ans, selon les termes du texte.
Les services express régionaux métropolitains (Serm) visent à assurer des liaisons vers les pôles urbains toutes les 10 à 15 minutes aux heures de pointe. Ils vont regrouper principalement des activités ferroviaires, mais aussi fluviales. Egalement dans la boucle, des pôles d’échange multimodaux, avec des cars express, des pistes cyclables et des systèmes de covoiturage.
L’Etat va abonder les contrats de plan avec les régions à cette fin à hauteur de 750 millions d’euros. « Il manque un zéro », répète le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Les Serm représentent une facture globale de 20 à 25 milliards d’euros, dixit Jean-Marc Zulesi.
Selon une disposition de la proposition de loi adoptée à l’initiative des sénateurs, une conférence nationale de financement des RER métropolitains aura lieu fin juin 2024. Elle rassemblera l’Etat, les conseils régionaux, d’autres collectivités territoriales, les opérateurs ferroviaires et des associations d’usagers.
A cette même échéance, le gouvernement fera connaître les noms des premiers RER métropolitains qui bénéficieront d’un soutien de l’Etat, comme l’a annoncé le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires d’Elisabeth Borne, Christophe Béchu, lors d’un déplacement, le 26 octobre à Tours.












