Le , dans la Vienne, exerce les compétences de collecte et de traitement des déchets (la collecte concerne 85 communes et 58 000 hab.). Il subit, comme ses homologues, la hausse de la passée cette année à 54 euros la tonne de déchets enfouis, contre 42 euros en 2020. Elle atteindra 58 euros en 2022, 61 euros en 2023, 62 euros en 2024 et 65 euros en 2025.
Sans diminution des quantités de déchets à éliminer, le surcoût de cette trajectoire fiscale sur six ans est estimé à 1 million d’euros pour le Simer, ce qui engendrerait une augmentation de 20 % du montant de la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (+ 40 euros par foyer).
« Cette hausse de TGAP est un coup extrêmement dur, indique Jérôme Sazarin, . Elle tombe, en outre, au plus mauvais moment car la crise sanitaire a entraîné, en 2020, une chute catastrophique des recettes de vente de matériaux de 32 % par rapport à 2019, qui était déjà une mauvaise année : effondrement de 726 000 euros en 2018 à 550 000 en 2019 et 372 000 en 2020.
Les cours remontent, mais personne ne sait si la tendance durera. » Conséquence immédiate : en 2021, le Simer a dû augmenter la redevance de 7 % (+ 14 euros par foyer).
Tous les leviers actionnés
Pour limiter les dégâts, de grands chantiers sont engagés, dont le passage à la redevance incitative (version à blanc en 2022, effective en 2023) et une profonde refonte du schéma, de l’organisation et de la fréquence de la collecte (au 1er janvier 2022). L’ambition : maîtriser la hausse des coûts par la réduction des quantités à traiter et des moyens humains et matériels alloués au service.
Le syndicat déploie, en parallèle, une ambitieuse stratégie de détournement des biodéchets qui articule compostage individuel, de quartier et collecte auprès des professionnels. De plus, il a lancé en 2020 une stratégie d’écologie industrielle et territoriale. « On actionne tous les leviers possibles, en se donnant vraiment les moyens d’obtenir des résultats », précise-t-il.
Pour 2025, l’objectif est de descendre à 120 kilos par habitant et par an d’ordures ménagères résiduelles (184 aujourd’hui, 220 en 2010) et à 450 kilos de déchets ménagers et assimilés (504 aujourd’hui, 552 en 2010), soit l’ensemble des déchets pris en charge par le service public.
Les élus espèrent ainsi contenir l’inflation de la redevance à 2 % par an (+ 4 euros par foyer). « Avec ces contingences impactant le service, le signal prix est brouillé. Il ne faut pas véhiculer auprès de l’usager de fausses idées, insiste Jérôme Sazarin. Dans le cadre de l’instauration de la redevance incitative, on communique sur le fait d’être acteur du changement, sur la possibilité de maîtriser sa facture par rapport à quelqu’un qui ne ferait pas d’effort de prévention, ni de tri. Mais le message est clair : cela ne fera pas baisser la facture en valeur absolue. »
Pour l’avenir, la raréfaction des exutoires de déchets inquiète aussi les élus de la Vienne. Deux sites d’enfouissement ont déjà fermé. Les trois restants n’ont pas d’espoir, a priori, de prolongement de leurs autorisations d’exploiter (2028, 2038 et 2040). « Cela nous pousse, là encore, à agir. Notamment à réfléchir, avec d’autres collectivités, sur une filière », précise-t-il.
Un impact monumental
Selon une enquête de l’association Amorce, 77 % des structures compétentes voient les coûts de gestion des déchets augmenter en 2021, dont 60 % de plus de 5 %. Un impact « monumental », selon Nicolas Garnier, son délégué général, pour qui « la TGAP n’aurait jamais dû augmenter avant la réelle émergence de dispositifs de détournement [d’une partie des déchets de la poubelle, ndlr], notamment de nouvelles filières ».
Focus
Recherche exutoires désespérément
Dans le Puy-de-Dôme, Laurent Battut, président du Valtom (545 communes, 692 700 hab.), ne décolère pas, même s’il a « sauvé les meubles ». « Après une lutte épique, on a évité la fermeture, à terme, de trois sites d’enfouissement nous appartenant, inscrite dans la première version du plan régional des déchets, explique-t-il. C’était idiot car le département respecte, de très loin, l’objectif de réduction de l’enfouissement fixé par la loi de transition énergétique. »
Valtom conservera 100 000 tonnes, sur la capacité de 140 000 cumulée sur ses trois sites. Pour autant, la nouvelle équation reste cornélienne. Sans réduction d’autant des déchets à éliminer d’ici six ans, il faudra trouver un site d’accueil, sans doute à des centaines de kilomètres. « A un prix prohibitif, faute de concurrence », s’énerve l’élu.












