La nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili (45 ans), l’a elle-même reconnu : en reprenant le flambeau à Elisabeth Borne, c’est la « continuité » qui est visée, et qui est même « érigée en priorité politique ». Ceux qui pensaient que le Président de la République allait répondre à la percée du vote vert aux dernières élections en seront donc pour leurs frais.
« Le ministère de l’impossible »
Du reste, la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre avait donné un premier signal en ce sens, ce dernier n’ayant jamais, par le passé, montré un intérêt particulier pour l’écologie. Les premières déclarations du nouveau chef du gouvernement ont laissé entendre que l’écologie allait devoir rimer avec économie, et que c’était surtout à travers le plan de relance que cette dimension devrait s’incarner. Ce dont Barbara Pompili a tenu à s’assurer dans un entretien préalable avec le Premier ministre, comme elle l’a indiqué dans son discours de passation de pouvoir du 7 juillet.
Elle a également déclaré « ne pas vouloir être la seule écologiste du gouvernement », et outre le soutien d’Elisabeth Borne, qui est désormais ministre du Travail de l’emploi et de l’insertion, elle espère que chaque ministre va s’emparer de l’écologie. En ce sens, cette députée (LREM) de la Somme est lucide : elle ne doit pas tomber dans le piège de ce « ministère de l’impossible » – comme l’a qualifié Robert Poujade, premier ministre de l’Environnement, cité par Barbara Pompili –, en se retrouvant isolée et en perdant les arbitrages interministériels. Reste à voir si elle s’en sortira, à l’inverse de ses prédécesseurs Nicolas Hulot, François de Rugy et Elisabeth Borne.
Une expérience saluée
Ancienne écologiste ralliée très tôt à Emmanuel Macron, en 2017, Barbara Pompili n’est pas une novice : elle a été secrétaire d’Etat à la biodiversité (février 2016 à mai 2017) sous la présidence de François Hollande (1), ce serait une bonne nouvelle. Une récente lettre ouverte au Premier ministre, datée du 25 juin, faisait l’amer constat de cette situation et regrettait que ces deux associations d’élus – ainsi que celles de défense des consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV, UNAF) – aient été écartées de la gouvernance des filières de responsabilité élargie des producteurs.
Le logement rattaché à la transition écologique
Désormais rattaché au ministère de la Transition écologique (qui a perdu le qualificatif de « solidaire » qu’avait tenu à lui attacher Nicolas Hulot), alors qu’il l’ était auparavant au ministère de la Cohésion des territoires, le ministère du Logement devrait désormais se teinter de vert.
Avec à sa tête Emmanuelle Wargon, qui était la troisième secrétaire d’Etat à la Transition écologique, il devrait mettre l’accélérateur sur la rénovation énergétique des bâtiments.
Julien Denormandie, l’ex-ministre de la Ville et du logement passé à l’Agriculture et l’alimentation, répétait déjà depuis des mois que le développement de l’offre de logement ne passait pas que par la construction, mais aussi par la réhabilitation et la densification. Lors d’une audition au Sénat le 23 juin dernier sur la relance de la politique du logement, il a largement insisté sur l’importance des dispositifs incitatifs à la rénovation énergétique, comme « Ma prime renov», qui doit être prochainement élargi.
Et les conclusions de la convention citoyenne vont aussi dans ce sens. Emmanuelle Wargon, qui a par le passé travaillé aux côtés de Martin Hirsch au Haut-commissariat aux solidarités actives contre les pauvretés, devra aussi s’atteler à quelques gros dossiers, comme la simplification des procédures en matière de construction, le secteur de l’hébergement d’urgence toujours en saturation, le soutien aux locataires du parc public et privé face aux difficultés à payer leur loyer, …












