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Jean-Luc Sallaberry, chef du dĂ©partement numĂ©rique de la FĂ©dĂ©ration nationale des collectivitĂ©s concĂ©dantes et rĂ©gies (FNCCR), revient sur la disposition du projet de loi Lemaire sur le numĂ©rique introduisant une notion novatrice : les donnĂ©es dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Le texte est prĂ©sentĂ© ce samedi 26 septembre sur une plate-forme en ligne, ouvert aux commentaires des citoyens.
Ma Gazette
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Pourquoi les donnĂ©es dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral sont un enjeu important pour les collectivitĂ©s ?
Les donnĂ©es produites dans les systĂšmes publics des collectivitĂ©s sont publiques au sens de la loi. Par contre, beaucoup d’activitĂ©s publiques sont opĂ©rĂ©es par des opĂ©rateurs privĂ©s qui produisent des donnĂ©es, par exemple dans le domaine de lâeau, de lâĂ©nergie, du numĂ©rique, des dĂ©chets⊠Comme ce sont des services publics, il faut pouvoir les rĂ©cupĂ©rer. Or, que ce soit dans les contrats dâaffermage, de concession, de marchĂ© de service, on nâa pas toujours pensĂ© Ă mettre dans les cahiers des charges les donnĂ©es comme Ă©tant un bien de retour de la prestation. Ces opĂ©rateurs rechignent Ă les fournir. LâidĂ©e de crĂ©er des donnĂ©es dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, fait que, par nature, elles seront mises dans cette catĂ©gorie, nous lâespĂ©rons, par la loi et les dĂ©crets, et donc nous pourrons les rĂ©cupĂ©rer. Cela nous permettra dâavoir des relations plus apaisĂ©es avec tous ces opĂ©rateurs.
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Est-ce que les dispositions légales introduites par le PJL Lemaire, dans sa derniÚre version, vous semblent suffisantes ?
Le principe est dans lâarticle, mĂȘme sâil est lĂ©ger. Il sâagit ensuite de dĂ©finir le type de donnĂ©es cadrĂ©es par le ou les articles, tout se passe dans les dĂ©crets, on ne peut pas tout mettre dans la loi. Il existe tellement de donnĂ©es importantes, ce sera un travail permanent de les actualiser. Il ne suffira pas de les citer, il faudra les caractĂ©riser, de façon claire, dans les dĂ©crets. Il va y avoir du combat au Parlement mais aussi dans la rĂ©daction des dĂ©crets.
Ont-elles des chances de franchir tout le processus législatif ?
Je pense que oui car les donnĂ©es dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral sont lĂ©gitimes et que lâopinion publique est en phase avec. Dans le cadre dâune Ă©tude sur les smart cities qui sâest terminĂ©e en Ă©tude sur la collecte et la gestion des donnĂ©es, le big data, nous avions bien identifiĂ© la nĂ©cessitĂ© dâavoir un cadre juridique qui dĂ©termine des donnĂ©es dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. A Bruxelles, du point de vue du droit, il nây a pas, pour le moment, dâusufruit dans lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. En France, on va peut-ĂȘtre instaurer un vĂ©ritable concept dans une pĂ©riode oĂč la notion de service public, qui est essentielle, est souvent ballotĂ©e, il faut rĂ©sister. Nous pensons que cette disposition va tenir et que les parlementaires y seront sensibles.






