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L’Union européenne renforce son action contre la pauvreté infantile

Près d’un enfant sur quatre est exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’Union européenne. Face à ce constat alarmant, l’Europe se devait d’agir. « La pauvreté et l’exclusion sont des défis que nous pouvons et devons surmonter », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 6 mai 2026, lors de la présentation de la toute première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté[1.1], qui comprend notamment un volet sur la pauvreté infantile. En reconnaissant les mécanismes de la pauvreté et en renforçant la garantie européenne pour l’enfance[2.1], cette nouvelle stratégie consolide les moyens donnés aux États et aux collectivités.

COMMISSION EUROPEENNE

Un enfant pauvre aujourd’hui, un adulte exclu demain

La pauvreté infantile ne se résume pas à un manque de ressources. Elle enclenche un cercle vicieux intergénérationnel : grandir dans la pauvreté peut entraîner des inégalités dans l’éducation et le développement des compétences, qui favorisent ensuite le décrochage scolaire ou les difficultés d’accès à l’emploi. Le chômage de longue durée ou les emplois faiblement rémunérés qui peuvent en résulter contribuent à la reproduction de la pauvreté de génération en génération. C’est précisément ce cycle que la Commission cherche à briser. La stratégie présentée en mai 2026 vise un objectif ambitieux : réduire la pauvreté d’au moins quinze millions de personnes d’ici 2030 et éradiquer la pauvreté d’ici 2050, dans un contexte où 93 millions d’Européens sont en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

L’un des outils centraux de cette politique est la garantie européenne pour l’enfance, instaurée par une recommandation du Conseil en juin 2021 et renforcée par la Commission dans la nouvelle stratégie. Elle prévoit pour les enfants en situation de vulnérabilité un accès effectif et gratuit à plusieurs services essentiels : des structures d’accueil et d’éducation, des activités scolaires, au moins un repas sain chaque jour d’école, un logement adapté et des soins de santé. La garantie encourage également les États à développer des plans d’action nationaux ciblés qui prennent en compte les situations des publics vulnérables (enfants sans abri, présentant un handicap, issus de minorités…).

La garantie européenne pour l’enfance concerne directement les communes

Une grande partie de ces objectifs se traduit concrètement à l’échelle locale. Les communes interviennent notamment dans la restauration scolaire des écoles maternelles et élémentaires, les activités périscolaires et l’accueil de la petite enfance. Les départements, chefs de file de l’action sociale, jouent quant à eux un rôle majeur dans la protection de l’enfance et l’accompagnement des familles. La garantie européenne pour l’enfance ne crée donc pas de nouvelles compétences locales : elle donne un cadre européen, et des opportunités de financement, à des politiques déjà mises en œuvre sur les territoires.

Ces financements permettent de soutenir des projets très concrets sur les territoires. À Beaupréau-en-Mauges (Pays de la Loire), le Fonds européen de développement régional (FEDER) participe au financement de la réhabilitation et de l’extension de la Maison de l’enfance, afin d’augmenter sa capacité d’accueil et de regrouper plusieurs services destinés aux enfants et aux familles. Dans les Hauts-de-France, le Fonds social européen (FSE+) cofinance quant à lui un dispositif mobile destiné aux mineurs non accompagnés axé sur l’apprentissage du français et sur l’insertion sociale et professionnelle. Deux exemples qui montrent comment les fonds européens peuvent compléter les financements nationaux et locaux pour renforcer significativement les services proposés aux enfants et aux jeunes les plus vulnérables.

Des financements européens sont déjà à disposition

En France, le programme national FSE+ « Emploi, inclusion, jeunesse et compétences » mobilise 4 milliards d’euros, dont une large part est fléchée vers l’intégration sociale des personnes exposées au risque de pauvreté, enfants et familles en premier lieu.

Le FSE+ n’est toutefois pas le seul levier. Le FEDER peut notamment financer des infrastructures liées à la petite enfance, à l’éducation, aux cantines ou au logement, comme l’exemple de Beaupréau-en-Mauges le montre. D’autres programmes européens peuvent également être mobilisés selon la nature des projets : Erasmus+ pour les actions d’éducation, de formation et de mobilité, ou encore le programme CERV pour les projets portant sur les droits de l’enfant, l’inclusion, l’égalité et la lutte contre les discriminations.

Investir dans l’enfance revient à agir bien au-delà de l’urgence sociale : c’est aussi prévenir, dès le plus jeune âge, les mécanismes qui reproduisent la pauvreté. Avec le renforcement de la garantie européenne pour l’enfance, les collectivités disposent d’un cadre européen supplémentaire pour développer ou consolider leurs politiques locales.

Contenu proposé par la Commission européenne