Un cadre européen pour réduire les inégalités sociales
L’Union européenne ne dispose pas d’une compétence générale en matière de protection sociale, qui relève principalement des États membres. Le Socle européen des droits sociaux constitue le cadre principal de la politique sociale européenne : il énonce vingt principes portant notamment sur l’égalité des chances, les conditions de travail, la protection sociale et l’inclusion, dont plusieurs ont inspiré des initiatives législatives concrètes (directive sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et directive relative aux conditions de travail transparentes et prévisibles notamment). Un plan d’action a, par la suite, assorti ces principes d’objectifs à atteindre d’ici 2030 : un taux d’emploi d’au moins 78 % chez les 20-64 ans, la participation annuelle à une formation pour au moins 60 % des adultes et une diminution d’au moins quinze millions du nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale, dont au moins cinq millions d’enfants.
La lutte contre la pauvreté s’inscrit désormais dans une stratégie plus large. Adoptée en mai 2026, la première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté doit accélérer les progrès en matière de réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, avec l’ambition d’éradiquer la pauvreté dans l’Union d’ici 2050. Elle accorde une attention particulière aux enfants, aux personnes sans domicile et aux personnes confrontées à des obstacles à l’emploi ou à l’accès aux services essentiels.
De l’aide alimentaire à l’accompagnement social
Parmi les instruments européens les plus directement tournés vers les personnes en situation de grande précarité figure le Fonds social européen (FSE+). Doté de près de 142,7 milliards d’euros pour la période 2021-2027, il constitue le principal fonds européen consacré à l’investissement social et au soutien de l’emploi, de l’éducation, des compétences et de l’inclusion.
En France, le programme de Soutien européen à l’aide alimentaire, financé à hauteur de 647 millions d’euros par FSE+, permet la distribution de denrées et de produits de première nécessité aux personnes les plus démunies. Les Restos du Cœur, l’une des quatre associations partenaires du dispositif, indiquent que l’aide européenne représente environ un repas sur quatre distribués par l’association, tandis que les produits issus du programme sont distribués dans plus de 10 000 lieux d’accueil en France.
Mais l’aide matérielle ne constitue qu’un premier niveau d’intervention. Le FSE+ finance également des actions destinées à favoriser l’autonomie et l’insertion des personnes en situation de précarité. En Corse, la collectivité accompagne ainsi les mineurs non accompagnés et les jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Le projet, d’un montant total de 3,71 millions d’euros, bénéficie de 2,23 millions d’euros de financement FSE+ pour renforcer les équipes et proposer un accompagnement plus individualisé, notamment autour de la santé, de la formation et de l’insertion professionnelle.
Agir aussi contre le sans-abrisme et l’exclusion
En 2021, les institutions européennes, les États membres et les organisations de la société civile ont lancé une Plateforme européenne de lutte contre le sans-abrisme . Son objectif est de renforcer la coopération entre les acteurs, d’améliorer la collecte de données et de favoriser l’échange de bonnes pratiques. Les partenaires européens se sont notamment engagés à éviter que des personnes soient contraintes de dormir dans la rue faute de solution adaptée, à limiter le recours prolongé aux hébergements d’urgence et à prévenir les expulsions lorsque des solutions alternatives peuvent être trouvées.
À l’échelle locale, ces orientations peuvent se traduire par des dispositifs très concrets. À Pau, en Nouvelle-Aquitaine, l’Organisme de Gestion des Foyers Amitié (OGFA) utilise ainsi des financements du FSE+ dans le cadre du programme national de lutte contre la privation matérielle. L’association distribue trois types de kits aux personnes sans domicile ou mal logées : des kits d’hygiène, des kits vestimentaires et des kits repas. La remise du kit est également l’occasion pour le personnel de l’association d’offrir un temps d’échange et un accompagnement social personnalisé, comme la redirection des publics vers certains service sociaux compétents.
Depuis 2017, le Socle européen des droits sociaux a contribué à faire de la réduction des inégalités et de la protection des plus vulnérables une priorité européenne. Les fonds communautaires, au premier rang desquels le FSE+, permettent désormais de traduire ces orientations en actions concrètes, en finançant des projets de lutte contre la pauvreté et d’aide aux plus démunis, directement auprès des territoires.
Contenu proposé par la Commission européenne