Huit domaines prioritaires pour l’égalité femmes-hommes
Selon le Gender Equality Index 2025 de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes, il faudrait au moins 50 ans à l’UE pour parvenir à une pleine parité au rythme actuel des changements. L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes s’établit à 11 % par heure, quand l’écart de pension atteint 25 %. Ces déséquilibres pèsent lourdement sur les trajectoires individuelles et représentent un manque à gagner considérable pour l’économie européenne.
La nouvelle stratégie s’inscrit dans la continuité de la précédente (2020-2025), qui avait posé des bases législatives importantes en matière de transparence salariale, de parité dans les conseils d’administration et d’équilibre vie professionnelle et privée. Elle prolonge ces acquis et les étend à huit domaines prioritaires : lutte contre les violences fondées sur le genre, standards de santé relevés, égalité de rémunération, équilibre vie professionnelle et personnelle, égalité des chances en matière d’emploi, éducation inclusive, participation politique paritaire, et mécanismes institutionnels solides. Elle adopte une approche intersectionnelle, reconnaissant que les discriminations se cumulent. Enfin, elle affirme que l’égalité profite à tous, en reconnaissant le rôle des hommes et des garçons comme acteurs à part entière du changement.
Les moyens des collectivités européennes pour agir
Les collectivités, en tant qu’employeurs publics et acteurs des politiques sociales et éducatives, sont directement concernées par les textes sur lesquels s’appuie la stratégie. La directive sur la transparence des rémunérations, entrée en application en juin 2023, impose de rendre publics les écarts de salaires entre femmes et hommes, dès le recrutement et tout au long de la carrière. La directive sur la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique fixe des obligations de protection et de prévention, à transposer en droit national d’ici juin 2027 : les services sociaux municipaux en seront les premiers relais sur le terrain.
La stratégie renforce également la lutte contre la cyberviolence (deepfakes, harcèlement en ligne, diffusion d’images intimes sans consentement), qui touche de manière disproportionnée les femmes et les filles. Elle prévoit un dialogue renforcé avec les grandes plateformes numériques pour accélérer la suppression de ces contenus, et s’appuie sur les signaleurs de confiance (des organismes spécialisés, habilités par ces plateformes à signaler des contenus illicites et à en obtenir la suppression prioritaire) que les communes peuvent faire connaître auprès des victimes. Sur le volet éducatif, la stratégie finance le projet Girls Go STEM , qui vise à former 100 000 jeunes filles aux filières scientifiques et technologiques d’ici 2028. Elle développe en parallèle l’approche Boys in HEAL pour encourager les garçons à s’orienter vers la santé, l’éducation et l’administration. Autant de politiques dont les services éducatifs et d’orientation des communes sont le terrain naturel de mise en œuvre.
Des financements et une Charte pour passer à l’acte
Plusieurs programmes européens sont directement mobilisables par les collectivités. Le programme CERV (Citoyens, égalité, droits et valeurs) finance des projets locaux de promotion des droits des femmes : à Paris, il soutient depuis avril 2025 un projet de prévention des violences dans les relations adolescentes et en milieu scolaire, doté de 859 633 d’euros. De son côté, le FSE+ doté de 6,7 milliards d’euros pour la France sur la période 2021-2027, finance via ses programmes des dispositifs d’insertion professionnelle et d’inclusion sociale ciblant les femmes éloignées de l’emploi. Le FEDER soutient quant à lui des projets intégrant la dimension de genre dans les politiques urbaines comme le projet FEMACT-Cities, mené dans le cadre du programme URBACT en Auvergne-Rhône-Alpes, qui vise à ancrer l’égalité de genre dans les stratégies de développement urbain des villes participantes.
Pour structurer leur engagement dans la durée, les collectivités peuvent s’appuyer sur la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale , lancée il y a 20 ans par le Conseil des communes et régions d’Europe avec le soutien de la Commission européenne. Plus de 400 collectivités territoriales françaises l’ont à ce jour signée. Elle leur offre un outil politique et programmatique concret pour agir dans leurs politiques de logement, de transports, d’aménagement urbain, d’accès aux équipements publics et de soutien aux associations.
Avec la stratégie 2026-2030, la lutte pour l’égalité femmes-hommes se trouve renouvelée : pour les collectivités, il s’agit désormais d’un cadre européen solide, approuvé par vingt-sept États membres, pour faire de la parité une politique de territoire pleinement financée, et reconnue.
Contenu proposé par La Commission européenne
