Moins d’une minute pour provoquer un départ de feu
Entre 10 et 30 % des incendies seraient provoqués par un mégot mal jeté. La fraise, partie incandescente de la cigarette, peut atteindre jusqu’à 400°C. Tombée sur de la végétation sèche, et attisée par un souffle de vent, il lui faut moins d’une minute pour déclencher un feu. En 2025 d’après l’Office National des Forêts, près de 15 000 départs de feu ont été recensés en France, touchant environ 30 000 hectares d’espaces naturels. L’année 2026 a déjà largement dépassé ce niveau : entre 90 000 et 115 000 hectares déjà partis en fumée à fin juillet. Un bien triste record. Et ce n’est pas parce que le mégot est jeté loin de la nature, sur le bitume des autoroutes, qu’il n’y finira pas. Très léger, il peut être emporté sur des dizaines de mètres par des courants d’air, notamment ceux créés par le passage des véhicules, et atteindre une zone sèche sur les bas-côtés. Pourtant, un fumeur sur cinq continue de jeter son mégot par la fenêtre de la voiture…
Une campagne nationale, du départ au lieu de vacances
Alcome est l’unique éco-organisme agréé en France dédié à la réduction des mégots dans l’espace public. Créé dans le sillage de la loi AGEC, il reverse aux communes, une partie des éco-contributions issues de la vente de produits du tabac, afin de contribuer à la réduction des mégots mal jetés. Les collectivités partenaires reçoivent donc un soutien financier, matériel, et surtout, sont accompagnées pour mettre en place des actions de prévention. Chaque été, Alcome via sa marque programme #MonMégotOùIlFaut concentre son action sur la prévention incendie. Cette dernière se déploie en radio, télévision, affichages, réseaux sociaux, mais aussi des écrans des stations-services autoroutières, dans les aéroports et les gares. La stratégie : accompagner les vacanciers tout au long de leur trajet, du départ à l’arrivée. Plusieurs grandes villes y participent afin que le message soit reçu avant l’arrivée dans les zones sensibles, comme la façade atlantique de La Rochelle à Bayonne, l’Occitanie ou la région PACA. En 2025, 83% des fumeurs ont rapporté avoir été sensibilisés par cette campagne.
Cette année, Alcome a également noué un partenariat inédit avec la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, la Confédération des buralistes et l’Entente Valabre, centre de formation de sécurité civile. Ensemble, ils ont été présents sur toutes les étapes du Tour de France, à travers des stands de sensibilisation, des véhicules de pompiers floqués et une distribution gratuite de plus de 200 000 cendriers de poche. Cette alliance des forces devait permettre de renforcer le message de prévention incendie, avec une campagne co-signée par l’ensemble des partenaires : « Petit mégot, gros dégats ».
Le rôle des communes pour prévenir le risque
La prévention joue un rôle crucial. « Derrière chaque incendie évité, il y a souvent un geste responsable, rappelle Éric Brocardi, directeur de la communication de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. La meilleure intervention est toujours celle que l’on n’a pas besoin de réaliser. » Pour ancrer l’habitude de jeter son mégot au bon endroit, Alcome fournit aux communes partenaires des cendriers de rue, des éteignoirs sur corbeilles et des cendriers de poche, mais également des kits événementiels et des conseils en sensibilisation. L’éco-organisme demande en contrepartie à ce que les communes puissent suivre l’évolution de leur niveau de propreté [1]liée aux mégots, notamment via une cartographie des hotspots suivi dans le temps.
Il ressort ainsi des données de l’étude que 42 % des communes ayant réalisé leurs bilans a enregistré une amélioration du niveau de salissure. Sur l’ensemble des communes sous contrat, une amélioration de 28 % des hotspots est observée. À Rouen par exemple, une double action combinant médiation de terrain et verbalisation a permis de réduire la quantité de mégots au sol de 90% sur les zones ciblées.
Le cendrier de poche, solution individuelle
À l’échelle du fumeur, Alcome préconise l’usage d’un cendrier de poche. Ces petites boîtes hermétiques réutilisables peuvent contenir plusieurs mégots, et s’emportent partout. Plusieurs millions d’unités ont déjà été distribuées depuis 2021, via les communes, les buralistes et les actions terrain. « Pour qu’un fumeur utilise vraiment son cendrier de poche, il en faut entre 4 et 5, recommande Jonathan Decottignies, directeur des opérations chez Alcome. Un dans la voiture, un dans la poche, un dans le sac, un à l’entrée du domicile. On diminue ainsi son mauvais geste de quasiment 90%. »
Distribués lors des festivals de l’été, grâce au travail d’associations nationales et locales, les cendriers de poche ont également fait leur apparition sur le comptoir des buralistes. Cette année en effet, la Confédération des Buralistes a signé pour la première fois une convention avec Alcome, pour encourager les fumeurs à adopter un comportement de jet responsable et à s’équiper avec les cendriers fournis gratuitement par l’éco-organisme. « Les gens apprécient, assure Frédéric Pourchier, président du syndicat des buralistes des Bouches-du-Rhône. On a un lien privilégié avec les fumeurs, et l’idée n’est pas de les culpabiliser, mais de faire de la pédagogie et de proposer des solutions. »
[1] À raison d’un cendrier de rue, de 10 éteignoirs et de 50 cendriers de poche par tranche de 1 000 habitants chaque année.
Contenu proposé par Alcôme
