Les analyses nationales de l’impact social de la crise sanitaire divergent : certaines mettent en avant une aggravation de la situation, la pandĂ©mie faisant basculer de nouvelles personnes dans la prĂ©caritĂ©, d’autres insistent sur l’efficacitĂ© de l’intervention des pouvoirs publics qui permettrait de limiter fortement ce basculement.
Les grandes villes n’Ă©chappent pas Ă ces difficultĂ©s d’analyses, tant l’observation sociale de court terme reste difficile Ă consolider aussi au niveau local. Pour autant, les constats de terrain mettent en avant une rĂ©elle complexification de la situation des personnes qu’elles soient prĂ©alablement ou rĂ©cemment en situation de prĂ©caritĂ©.
La crise sanitaire a aussi rĂ©vĂ©lĂ©, notamment autour des questions d’aides alimentaires, la difficultĂ© de satisfaire les besoins de ce public et de dĂ©ployer un accompagnement nĂ©cessairement de plus en plus individualisĂ©. Pour acteurs des grandes villes, elle a mis en exergue les spĂ©cificitĂ©s d’un public qui bien que très visible dans l’espace urbain, est aussi très mouvant, difficile Ă identifier, avec des profils très diversifiĂ©s (jeunes, migrants, femmes, problème de santĂ© psychique…) et posant parfois des questions de cohabitation avec d’autres habitants allant jusqu’à gĂ©nĂ©rer des troubles Ă l’ordre public.
Le développement démographique et économique des grandes villes, y compris pendant la crise sanitaire, attire des populations nouvelles, cadres comme plus précaires.
- Comment dans les politiques publiques peuvent s’intĂ©resser Ă tous dans un universalisme proportionnĂ© bien pensĂ© ?
- Comment communiquer auprès des habitants pour faire comprendre les actions entreprises et leurs limites ?
- Enfin, comment mieux cerner les enjeux d’accueil des plus précaires et améliorer collectivement sur les territoires urbains les réponses à leurs besoins ?
Les cadres de l’action sociale des grandes villes rĂ©unis au sein de l’ACTAS souhaitent apporter leur contribution Ă ces questions au travers quelques rĂ©flexions et pistes d’actions.
Un échec qui traverse les époques
« Du Moyen âge Ă la pĂ©riode contemporaine, en passant par la RĂ©volution française, les problèmes de grande pauvretĂ© et d’errance se sont posĂ©s. Tout un arsenal de mesures a Ă©tĂ© Ă©prouvĂ© pour venir Ă bout de ces phĂ©nomènes, sans jamais y parvenir vraiment », Ă©crit Julien Damon dans son article « Les SDF en France : difficultĂ©s de dĂ©finition et de prise en charge« . Au dĂ©but des annĂ©es 80, en lien avec la rĂ©apparition de difficultĂ©s Ă©conomiques, les sans abris (plutĂ´t alors appelĂ©s Sans Domicile Fixe) ont connu une forme de visibilitĂ© : les manifestations, l’apparition des journaux de rue (La Rue ou Macadam,) le lobbying des associations militantes, et les occupations de bâtiments inoccupĂ©s, ont permis de mettre en avant leurs conditions de vie.
Plus rĂ©cemment, ce sont les actions militantes en lien avec l’hĂ©bergement des exilĂ©s qui ont le plus souvent marquĂ©s les mĂ©dias. En outre, ils ont fait l’objet pendant la crise sanitaire d’un certain regain intĂ©rĂŞt, leur situation d’errance rendant difficile la mise en Ĺ“uvre des mesures barrières et la prise en compte de leur santĂ©.
Enfin, cette contribution technique élaborée en réponse à des problématiques pérennes pourrait servir d’appui aux futures politiques publiques du champ social.
La difficile définition de la grande précarité
La dĂ©finition la plus courante de la prĂ©caritĂ© est celle de J. Wresinki, fondateur du mouvement des droits de l’homme ATD Quart Monde. Elle met l’accent sur la situation d’insĂ©curitĂ© des personnes concernĂ©es faisant obstacle Ă l’exercice de leurs droits :
La prĂ©caritĂ© est l’absence d’une ou plusieurs des sĂ©curitĂ©s permettant aux personnes et aux familles d’assumer leurs responsabilitĂ©s Ă©lĂ©mentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insĂ©curitĂ© qui en rĂ©sulte peut ĂŞtre plus ou moins Ă©tendue et avoir des consĂ©quences plus ou moins graves et dĂ©finitives. Elle conduit le plus souvent Ă la grande pauvretĂ© quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle tend Ă se prolonger dans le temps et devient persistante, qu’elle compromet gravement les chances de reconquĂ©rir ses droits et de rĂ© assumer ses responsabilitĂ©s par soi mĂŞme dans un avenir prĂ©visible.
Cette dĂ©finition recouvre diffĂ©rentes situations. Parmi les personnes les plus prĂ©caires, certaines habitent un logement, d’autres n’en disposent pas ou que très ponctuellement, passant de nuitĂ©es d’hĂ©bergement Ă la rue, de la rue Ă des squats… L’espace public qu’elles s’approprient tant bien que mal devient alors leur habitat, sous des formes diverses (tentes, abris sous les ponts…).
Parce qu’ainsi, leur prĂ©caritĂ© est particulièrement visible et qu’ils reprĂ©sentent en quelque sorte de concentrĂ© de tous les problèmes sociaux, leur situation pose des enjeux particuliers qui sont ceux auxquels cette rĂ©flexion s’intĂ©resse.
Une connaissance de ces publics qui reste balbutiante
Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvretĂ© et l’exclusion dans son rapport « La pauvretĂ© dĂ©multipliĂ©e » s’appuie au niveau quantitatif, non pas sur les chiffres de l’Insee trop anciens(1), mais sur les estimations de la Fondation AbbĂ©-Pierre. Celle-ci fait Ă©tat de 300 000 personnes sans domicile, parmi lesquels :
- 27 000 sans abris
- 180 000 en hébergement généraliste
- 100 000 dans le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile.
Nous ne disposons pas d’Ă©lĂ©ments chiffrĂ©s qui permettraient de mieux connaĂ®tre la rĂ©partition gĂ©ographique de ces 300 000 personnes sur le territoire, ni quelle est la part que prennent les grandes villes dans cet accueil.
De mĂŞme, on possède peu d’informations sur les caractĂ©ristiques des personnes, âge, sexe, nationalitĂ©… Les Nuits de la solidaritĂ©, comme d’autres initiatives spĂ©cifiques qui se dĂ©veloppent Ă l’initiative de villes de plus en plus nombreuses, pourraient permettre dans le cadre d’une exploitation collective des donnĂ©es de disposer d’élĂ©ments plus prĂ©cis qui manquent cruellement aujourd’hui.
L’approche par l’“élection de domicile”, qui est le passage quasi obligĂ© de toute personne sans domicile stable, pourrait aussi ĂŞtre une porte d’entrĂ©e possible de collecte(s) de donnĂ©es.
Les constats de terrain tentent de compenser cette insuffisance de donnĂ©es. Les grandes villes au sein de l’ACTAS constatent une augmentation de la prĂ©sence sur l’espace public des grands prĂ©caires et perçoivent de nouvelles formes d’hĂ©bergements prĂ©caires (camions non mobiles par exemple).
Elles constatent concomitamment une évolution des publics et de leur profil qui mérite une meilleure objectivisation.
Cinq enjeux ressortent de ces constats :
- Mieux connaître les publics concernés
- Valoriser les efforts faits pour mieux assurer la domiciliation
- Mieux communiquer auprès des habitants, dans une complĂ©mentaritĂ© citoyens professionnels, en valorisant notamment les actions mises en Ĺ“uvre tout en donnant les outils de comprĂ©hension de la grande prĂ©caritĂ© et d’intervention individuelle
- Mieux intégrer la question de la grande précarité dans les politiques globales de droit commun pour simplifier les dispositifs
- LĂ©gitimer les villes comme acteur de coordination des actions lorsqu’elle le souhaite, dans le cadre de moyens nouveaux
Enjeu 1 : mieux connaître les publics concernés
Piste de travail : s’appuyer sur une analyse consolidĂ©e de la domiciliation et collective des Nuits de la SolidaritĂ©s comme des accueils de jour.
L’Ă©lection de domicile (EDD) est une mission obligatoire des CCAS. Elle permet aux personnes sans domicile stable d’obtenir un justificatif de domicile et une adresse pour recevoir du courrier et accĂ©der Ă des droits et prestations pour une durĂ©e renouvelable de 1 an.
La domiciliation, avec comme problĂ©matique sous-jacente le fait de disposer ou non d’un bail, est un enjeu important pour les personnes bĂ©nĂ©ficiaires : certaines tentent de l’obtenir alors mĂŞme que leur situation devrait plutĂ´t leur permettre d’utiliser l’adresse oĂą elles habitent en rĂ©alitĂ©. D’autres au contraire ne vont pas chercher ce droit qui pourtant leur permettraient d’obtenir des prestations qui leur sont nĂ©cessaires.
Elle est aussi un enjeu pour les communes. EffectuĂ©e principalement (sauf pour les demandeurs d’asiles), par les CCAS, il s’agit de domicilier les personnes qui ont des liens avec leur territoire. Les liens non cumulatifs qui doivent ĂŞtre pris en compte, sont prĂ©cisĂ©s par les textes, tout en permettant une certaine latitude dans leur interprĂ©tation :
- Séjour dans la commune à la date de demande de domiciliation ;
- Exercice d’une activité professionnelle sur la commune ;
- BĂ©nĂ©ficiaire d’une action d’insertion ou d’un suivi social, mĂ©dico social ou professionnel sur la commune ;
- Liens familiaux avec une personne qui vit dans la commune ;
- Exercice de l’autoritĂ© parentale sur un enfant mineur scolarisĂ© dans la commune.
Ainsi, pour les communes, la domiciliation est un vĂ©ritable enjeu Ă double tranchant : plus l’on vise une domiciliation effectuĂ©e dans de bonnes conditions, pour permettre l’accès aux droits de tous, et plus les aides locales apportĂ©es aux personnes risquent d’augmenter, ainsi que les coĂ»ts affĂ©rents. Les territoires concernĂ©s renforcent aussi de cette façon leur rĂ©putation sociale et leur attractivitĂ©, augmentant par lĂ mĂŞme leurs difficultĂ©s Ă faire face.
C’est pourquoi, on peut constater certaines tendances, plus ou moins conscientes, visant Ă la restriction des Ă©lections de domicile, en durcissant les critères de liens avec la commune par exemple, ou en dĂ©gradant les conditions d’accès Ă la domiciliation (augmentation des dĂ©lais d’attente notamment).
Ces limitations sont souvent liĂ©es Ă des questions de moyens, de dĂ©bordement des services sociaux qui, n’arrivant plus Ă faire face tentent ainsi de « limiter la jauge » en renvoyant la charge de l’Ă©lection de domicile Ă un autre territoire, souvent la ville centre.
Il est souhaitable d’Ă©viter ces Ă©cueils en approchant la charge de la domiciliation pour les territoires de façon plus partagĂ©e et solidaire. Une illustration d’action concertĂ©e dans le Grand Est pourrait ĂŞtre les prĂ©mices d’une organisation territoriale spĂ©cifique :
« Par arrĂŞtĂ© n°2016-40 du 4 mai 2016, portant agrĂ©ments pour la domiciliation des personnes sans domicile stable sur la ville de Metz, le prĂ©fet de la Moselle a souhaitĂ©, après une expĂ©rimentation d’un an et son Ă©valuation, mettre en Ĺ“uvre une domiciliation des personnes sans domicile stable sur le territoire de la commune de Metz permettant l’agrĂ©ment des associations selon la typologie des publics sollicitant une domiciliation Ă savoir :
- L’Udaf pour la domiciliation des bénéficiaires du RSA dont elle assure le suivi pour le compte du conseil départemental,
- Le Point d’accueil écoute jeune géré par le Comité Mosellan de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence pour la domiciliation des personnes en errance âgées de 18 à 25 ans,
- La Boutique solidarité géré par la Fondation Abbé-Pierre pour les ressortissants de l’Union Européenne,
- L’équipe mobile de l’Association d’Information et d’Entraide Mosellane (AIEM) pour les grands marginaux en errance qui refusent tout hébergement.
Le CCAS, tout en restant domiciliataire de droit, procède à la domiciliation des personnes sans domicile qui ne font pas partie des catégories précitées. En 2020, 428 nouvelles domiciliations ont été réalisées par le CCAS.
Cette organisation, validĂ©e par l’État, repose sur le principe d’une domiciliation au plus près de l’accompagnement des publics publics. »
Enjeu 2 : valoriser les efforts faits pour mieux assurer la domiciliation
Piste de travail : mettre en Ĺ“uvre des mĂ©canismes de compensations pour les communes qui remplissent leur mission d’EDD plus que proportionnellement au poids de leur population :
- en sollicitant une intervention financière de l’Etat et la crĂ©ation d’outils adaptĂ©s au titre de la solidaritĂ© nationale
- en s’appuyant sur l’intercommunalitĂ©.
Les deux dĂ©lits de vagabondage et de mendicitĂ© n’ont Ă©tĂ© supprimĂ©s du Code pĂ©nal qu’en 1994. Depuis lors, rĂ©gulièrement la question d’arrĂŞtĂ©s antimendicitĂ© sous diffĂ©rentes formes et provenant d’horizons politiques divers, font l’objet des unes mĂ©diatiques. Les compĂ©tences en matière de grande prĂ©caritĂ© (comme dans de nombreux domaine d’action sociale), concernent de nombreux acteurs : Etat, dĂ©partement, associations, collectivitĂ©s locales.
De nouveaux acteurs Ă©mergent depuis quelques annĂ©es et se sont encore renforcĂ©s depuis la crise sanitaire : collectifs de citoyens non organisĂ©s statutairement, associations nationales qui se dĂ©localisent… Ce nouvel environnement crĂ©e dans les grandes villes un foisonnement d’interventions avec des relations aux institutions comme aux associations historiques plus traditionnelles parfois complexes voire difficiles.
Les villes restent en première ligne tant dans le travail avec l’ensemble de ces intervenants que dans la relation sociale avec les grands prĂ©caires et dans la communication avec les habitants.
Sur ce sujet, l’opinion publique oscille souvent entre indignation humanitaire, et besoin de sĂ©curitĂ© (physique ou moral). Pour les uns, les villes n’en font pas assez pour aider les sans abris, pour les autres au contraire, les personnes seraient Ă la rue du fait d’une trop forte assistance qui ne les inciterai pas à « rĂ©agir » et se prendre en main. Parfois, chez les mĂŞmes personnes, on retrouve et l’indignation et le souhait de ne pas ĂŞtre gĂŞnĂ©s dans son quotidien par « ces personnes » au bout de sa rue.
Quel que soit le positionnement, les rĂ©criminations auprès des Ă©lus et services sont souvent toutes aussi vindicatives et la mĂ©fiance vis-Ă -vis de l’action des professionnels reste prĂ©gnante.
Face Ă cette relation complexe avec les habitants, et au nĂ©cessaire accompagnement des grands prĂ©caires, l’équilibre est difficile Ă trouver. Le travail d’accompagnement des personnes Ă la rue vise ainsi, au-delĂ de tenter d’amĂ©liorer leur situation, Ă faciliter le « vivre ensemble » sur l’espace public. Entre action sociale, cohĂ©sion sociale et prĂ©vention de la dĂ©linquance, le fil est alors tĂ©nu, et les travailleurs sociaux sont souvent en quĂŞte de sens : leur travail quotidien vise parfois seulement Ă dĂ©placer les personnes d’un espace Ă l’autre pour apaiser les tensions.
Les services d’accueil et d’orientation sous l’Ă©gide (au moins financière) de l’État ont souvent la tâche ingrate de refuser l’accueil (le nombre de places Ă©tant largement insuffisant), mais eux aussi de dĂ©placer les personnes : en les orientant d’un territoire Ă l’autre en fonction de la disponibilitĂ© des places ils interviennent alors, dans ce travail plus ou moins coordonnĂ©, pour rĂ©partir l’effort de prise en charge Ă l’Ă©chelon dĂ©partemental, voire rĂ©gional.
La communication grand public sur la grande prĂ©caritĂ© est complexe, et les services communication s’en empare souvent Ă reculons : la nĂ©cessitĂ© de donner Ă voir, d’ĂŞtre concret, conduit parfois Ă un discours simpliste, notamment sur les causes de la prĂ©caritĂ©. Celui-ci oppose souvent l’explication structurelle (chĂ´mage, logements trop chers.) aux causes individuelles (enfance difficile, choc affectif, santĂ©, troubles psychiques, volet migratoire, etc.), sans mettre en avant la combinaison des difficultĂ©s produisant une spirale de laquelle il est difficile de sortir.
Par exemple, la rĂ©alisation dans les journaux institutionnels de portraits de personnes Ă la rue qui « s’en sortent » reste Ă double tranchant : en voulant ainsi construire un discours positif ont met en relief la responsabilitĂ© individuelle de ceux qui justement restent Ă la rue.
Enjeu 3 : mieux communiquer auprès des habitants les actions mises en œuvre
Piste de travail : aller vers les associations de directeurs de la communication des collectivités pour réfléchir à une approche commune permettant de mettre en avant plus souvent ces sujets avec un discours harmonisé.
Les difficultĂ©s du système de prise en charge des grands prĂ©caires font rĂ©gulièrement l’objet de dĂ©bats, notamment Ă chaque mise en place par l’État des plans hivernaux : comment mieux adapter les centres et assouplir leurs règlements, quels financements et quelles coopĂ©rations ? La succession des plans, ainsi que, plus rĂ©cemment, les nombreux appels Ă projets ne facilitent pas la lisibilitĂ©, donnant souvent une impression d’empilement.
Faut-il de nouveaux lieux de coordination ? Ou simplifier au contraire le système ? Faut-il faire de la grande prĂ©caritĂ© une problĂ©matique particulière ou au contraire mieux l’insĂ©rer dans les politiques globales de l’action sociale ?
Sur la question de la santé psychique par exemple : de nombreuses personnes en déshérence ont besoin de soins. Est-ce un problème à traiter spécifiquement par l’hôpital ou bien, malade comme les autres, les grands précaires doivent bénéficier des mêmes soins et des mêmes services, même si pour cela l’hôpital doit développer une stratégie « d’aller vers » ?
Le dĂ©veloppement de stratĂ©gies d’aller vers intĂ©grĂ©es par tous les acteurs paraĂ®t la solution la plus opportune au motif que « Toute politique pour les pauvres est une pauvre politique ».
Faut-il à ce titre des coordinations supplémentaires ou une simple approche hospitalière volontariste ?
Enjeu 4 : mieux intégrer la question de la grande précarité dans les politiques globales pour simplifier les dispositifs
Pour autant, on constate très souvent au vu des multiples initiatives et acteurs une certaine désorganisation : des maraudes prévues par diverses associations sans coordination sur les modalités ou les horaires, une aide alimentaire répondant parfois à des critères associatifs nationaux, en décalage par rapport aux actions locales conduites par la collectivité, des actions bénévoles, aux objectifs parfois en contradiction avec celle des professionnels…
Les lieux de dĂ©bats et d’harmonisation restent encore Ă inventer et Ă formaliser afin de faciliter une prise en compte globale et sĂ©rieuse des personnes. L’État dĂ©concentrĂ© peine Ă le faire au vu de ses modalitĂ©s rĂ©galiennes d’intervention. Les villes pourraient en ĂŞtre les initiatrices Ă conditions que les moyens et la lĂ©gitimitĂ© leur en soit donnĂ©.
Enjeu 5 : lĂ©gitimer les villes comme acteur de coordination des actions lorsqu’elle le souhaite, dans le cadre de moyens nouveaux
La question des grands précaires reste une problématique complexe mais globalisée qui doit s’apprécier avec plus d a cuité sous l angle de la dignité, de la justice et des droits sociaux dont la prise en compte doit rester une question de solidarité nationale, orchestrée au niveau local.
Thèmes abordés
Notes
Note 01 Au sens de l’Insee, une personne est qualifiée de sans domicile un jour donné si la nuit précédente elle a eu recours à un service d’hébergement ou si elle a dormi dans un lieu non prévu pour l'habitation. Retour au texte



