Des agents de Bercy délocalisés dans les territoires dès 2021

Le ministère de l’Économie a détaillé ville par ville la relocalisation de 2 000 agents qui quitteront Paris pour la province à partir de 2021. 500 agents supplémentaires seront affectés dans quinze autres villes dont la liste sera connue prochainement.
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Mende accueillera une vingtaine d’agents d’un service d’appui à la publicité foncière à partir de 2021. Lisieux une quarantaine d’agents d’un centre de contact pour les contribuables professionnels à compter de 2023. Châteaudun 35 à 40 agents d’un pôle de contrôle fiscal à distance dès 2021. Les élus des cinquante premières communes retenues pour accueillir des agents de la direction générale des finances publiques (DGFIP) ont pris connaissance, le 30 septembre, des modalités concrètes de relocalisation de certains services de Bercy dans leur territoire.

Entre 2021 et 2026, 2 500 postes vont ainsi être transférés de la région parisienne vers des villes petites et moyennes dans le but de « redynamiser les territoires ». A ces cinquante premières communes déjà sélectionnées pour accueillir 2 000 fonctionnaires du ministère s’ajouteront prochainement quinze autres communes candidates à la relocalisation de 500 agents. La liste de ces quinze communes sera connue « d’ici quelques semaines », a promis Bruno Le Maire au cours de la réception des élus organisée à Bercy.

L’occasion, pour le ministre de l’Économie, d’affirmer qu’« il n’y a pas l’État d’un côté et les élus locaux de l’autre » et de plaider pour un « travail en bonne intelligence ». Une manière de souligner que les relations entre l’État et les collectivités ne sont pas toujours vouées à s’échauffer comme après les annonces de nouvelles restrictions liées à la covid-19.

Sélection transparente

Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, insiste sur la transparence du processus de sélection des communes retenues parmi les 423 candidates. « Ni Bruno Le Maire ni moi n’avons participé au choix », assure-t-il. Il précise que le comité de sélection était composé d’agents et d’organisations syndicales de la DGFIP et de représentants de l’Agence nationale de la cohésion des territoires et d’autres ministères. Il cite certains critères utilisés pour départager les villes candidates : les locaux disponibles, leur coût d’utilisation, la qualité d’accueil des agents et de leur famille. Maire de Nevers, Denis Thuriot explique que dans le dossier de candidature, il a mis en avant que sa ville « a l’habitude d’accueillir des fonctionnaires » pour héberger déjà un centre de formation de la DGFIP.

L’efficience du service relocalisé était également dans la balance. « Les centres de gestion des retraites des fonctionnaires sont plutôt relocalisés à l’Ouest car le service des retraites de l’État est déjà situé à Nantes et nous ne voulions pas obliger le chef de ce service à traverser la France pour animer une réunion », explique ainsi Jérôme Fournel, directeur général des finances publiques.

Enfin, les villes ont été sélectionnées sur des critères socio-économiques. La plupart émargent déjà au programme Action cœur de ville. Leurs élus se réjouissent de ces relocalisations mais ils insistent aussi sur les difficultés auxquelles ils font face : baisse de la population, baisse de l’emploi privé et pertes d’emplois publics ces dernières années. « Le départ du rectorat vers Caen a eu un effet dramatique », déclare un élu de Dieppe. « La base aérienne est en train de fermer », explique le maire de Châteaudun.

Des délocalisations attractives

Comme son homologue de Lisieux, Denis Thuriot souligne que les prix de l’immobilier sont attractifs sur son territoire. De quoi convaincre les agents du ministère de sauter le pas et de se mettre au vert après des semaines de confinement ? « Les agents parisiens seront intéressés », assure Olivier Dussopt. La relocalisation des 2 500 fonctionnaires ministériels sera alimentée par deux filières : les sorties des promotions des écoles du ministère (en septembre) et les mutations (en septembre également), qui elles-même remplaceront les départs naturels.

Aux élus qui s’inquiètent de mobiliser de l’argent et du temps pour accueillir des services dont les effectifs seront ensuite réduits pour faire des économies, Olivier Dussopt assure que la logique du ministère « n’est pas la baisse des effectifs » et que d’autre part les relocalisations seront encadrées par une convention de six ans avec l’État, qui « donnera de la visibilité tant aux agents qu’aux collectivités ».

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