A Fourques (2 900 hab., Var), l’annonce du confinement presque total de la population le 16 mars, n’a pas pris les élus de cours. Et pour cause, ce scénario avait été anticipé dans le cadre du plan communal de sauvegarde (), élaboré dès 2004, un an après la crue monstre du Rhône. Après le volet « inondation », les risques de canicule, les transports de matières dangereuses et la pandémie grippale, critère ajouté en 2009 après la crise sanitaire de la grippe H1N1, ont été intégrés dans le . « Mais nous avions prévu la mesure de confinement dans le volet risque d’accident nucléaire, se félicite Nadine Castellani, ex-adjointe chargée des risques [sans étiquette] en responsabilité jusqu’au 15 mai. Et cela nous aide à gérer cette crise, notamment, afin de communiquer auprès de la population confinée pour l’informer. Grâce au système de télé-alerte en masse, le maire a pu, à deux reprises, adresser un message à tous les habitants pour relayer les mesures prises par la préfecture et la commune. »
L’arbre qui cache la forêt
Patrick Janolin, maire (PS) du Versoud (4 800 hab. Isère), se félicite, lui aussi, d’avoir ajouté un volet « pandémie grippale » dans son . « Cela nous a permis de contacter rapidement 350 habitants vulnérables que nous avions identifiés et de leur proposer la livraison de leurs courses et de leurs médicaments », détaille-t-il. Toutefois, après le fiasco de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1, peu de communes s’étaient mobilisées pour faire face à une pandémie… Même celles qui disposent d’un . Aujourd’hui, seules deux catégories de communes se voient imposer cet outil opérationnel : celles qui disposent d’un plan de prévention des risques approuvé et celles qui sont comprises dans le champ d’application d’un plan particulier d’intervention. Plus de 12 274 sont concernées par cette obligation et 77 % ont réalisé leur au 1er janvier 2019 (1).
« Ce chiffre est encourageant mais c’est l’arbre qui cache la forêt, la plupart des ne sont pas opérationnels », regrette François Giannoccaro, directeur de l’Institut des risques majeurs (). Cet organisme a ainsi constaté l’absence d’entraînements et d’exercices réguliers, de mises à jour des documents opérationnels. « Nombre de communes ont fait appel à des cabinets extérieurs pour élaborer leur , mais il ne prévoit pas son maintien opérationnel dans la durée par un élu dédié à cette mission », remarque Nadine Castellani. L’un des objectifs du est aussi de planifier la solidarité de voisinage. Or l’ constate que les plans existants présentent peu d’actions de responsabilisation infracommunale favorisant l’implication et la participation des habitants.
Voisins solidaires
« Le citoyen ne va pas se mobiliser aussi facilement dans l’urgence, que s’il avait été préparé pour jouer son rôle de voisin solidaire en soutien au dispositif communal, dans le cadre, par exemple, d’une réserve de sécurité civile », observe François Giannoccaro. Au Versoud, le maire mise sur la cinquantaine de bénévoles listés dans son pour porter des livres aux personnes vulnérables qui le souhaitent. « Nous comptons surtout sur eux pour élaborer des paniers de légumes auprès de deux maraîchers de la commune et les livrer au cas où l’épicerie connaîtrait des problèmes d’approvisionnement, ce qui se profile », note Patrick Janolin.
Le 18 avril 2019, le ministre de l’Intérieur demandait à l’inspection générale de l’administration ( un bilan de la mise en œuvre des « afin de mesurer l’implication des communes dans la gestion des crises ». Consulté par l’, l’ a formulé 22 propositions, dont l’extension de l’obligation d’établir un à l’ensemble du territoire national.
Focus
La gestion de crise, parent pauvre de la formation des élus
« La prévention des risques et la gestion de crise devraient faire partie du socle minimal de formation des élus en début de mandat, estime François Giannoccaro, directeur de l’Institut des risques majeurs [Irma]. Mais aujourd’hui, sur 600 000 élus que compte le pays, seuls 5 000 se forment, toutes thématiques confondues, et très peu à ces problématiques. » Pour pallier cette carence, l’IIrma a développé, à partir de 2001, en Auvergne – Rhône-Alpes, avec le soutien financier de la région, du département de l’Isère et de l’Etat notamment, des parcours de formation dont ont bénéficié plusieurs milliers d’élus. L’institut propose aussi une cellule d’appui aux entraînements et aux exercices (2). Ces deux dernières années, cette cellule a permis de mettre en œuvre 102 simulations de crise et de former plu de 1 500 décideurs locaux.











