Voirie

L’Eure-et-Loir veut se délester d’une partie de ses routes

Par • Club : Club Techni.Cités

Flickr CC by Frédéric BISSON

Sur 7 500 km de voirie, 1 500 km pourraient revenir aux communes, ce qui permettrait de rationaliser le réseau départemental. Mais certains maires, inquiets, craignent un transfert de charges.

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Avec ses 7 584 km de routes départementales, l’Eure-et-Loir est le département de France qui possède le réseau routier le plus long. Un record peu enviable, qui coûte cher à la collectivité, avec 14 millions d’euros consacrés à l’entretien l’an dernier, sur un budget global de 500 millions d’euros environ. « Cette situation résulte d’une évolution historique qui n’a rien de logique. Nous avons hérité de nombreuses petites routes qui n’ont aucune vocation départementale et qui relient des communes à des hameaux. Pour rationaliser les choses, nous avons donc décidé de réfléchir à une optimisation de notre réseau routier et nous nous proposons d’en céder une partie aux communes », explique Joël Billard, premier vice-président LR du conseil départemental d’Eure-et-Loir et maire de Bonneval.
Les services du département ont identifié 1 500 km de routes qui pourraient ainsi revenir aux communes, principalement des voies à faible circulation classées C4(1), l’idée étant, pour le département, de ne conserver que les routes importantes, ou celles qui relient une commune à une autre. « L’objectif n’est pas tant de faire des économies que de réussir à maintenir les budgets pour continuer à entretenir correctement les routes prioritaires », ajoute l’élu qui espère toutefois une baisse à terme des effectifs affectés à l’entretien des voiries.
Pour convaincre les maires, le conseil départemental a entamé une tournée des cantons. Plusieurs options sont proposées : supprimer les voies, les céder après les avoir refaites, les transférer en l’état ou les échanger contre d’autres routes moyennant une soulte, ou encore inscrire ces routes dans une future catégorie de voirie départementale à créer, la C5, où la circulation serait réservée aux engins agricoles.

Transfert de la DGF

En contrepartie du transfert, les communes récupéreront la part de DGF que verse l’État au département pour les routes, soit 500 euros par km. Mais cette promesse ne suffit pas à emporter la décision. Tout en comprenant les motivations du département, certains maires jugent cette nouvelle charge intenable. « Ma commune compte 70 hameaux et 20 km de voirie. Le département veut m’en transférer 11 de plus. Dans le contexte financier actuel, ce n’est pas acceptable. C’est un non catégorique », explique Jean-Michel Cerceau, maire de Saint-Victor-de-Buthon, une commune de 500 habitants au cœur du Perche.
Même constat chez son collègue Dominique Imbault, maire de Villiers-Saint-Orien dans le canton de Châteaudun, qui se dit « très inquiet » à l’idée de voir son réseau communal doubler. « Lors de sa dernière réunion, le conseil municipal s’est prononcé contre », ajoute l’élu. D’autres se montrent plus nuancés, comme Francis Pecquenard, conseiller départemental et maire de la Chaussée d’Ivry. « Chez nous, dans le canton d’Anet, cela se passe plutôt bien, explique-t-il. Mais il faut reconnaître que dans le Dunois ou le Perche, c’est plus compliqué, car on y trouve beaucoup plus de petites routes départementales du fait d’un habitat très dispersé ».

Conscient des difficultés de certaines communes, le conseil départemental assure qu’il n’a aucune intention de passer en force en cas de refus. Mais il espère néanmoins avoir bouclé une bonne partie du projet au début de l’été, pour un début de mise en œuvre en septembre.

 

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