Le dernier baromètre de la confiance politique du Cevipof confirme la tendance selon laquelle les maires sont les acteurs politiques auxquels les Français accordent le plus leur confiance. Ils sont ainsi 60 % à déclarer faire confiance à leur édile, contre 34 % à leur député.
Si les communes constituent depuis plusieurs années le premier échelon de la proximité républicaine avec les citoyens, elles le sont encore davantage aujourd’hui, à l’heure des transitions économiques, sociales et territoriales que traverse notre pays. C’est en effet à l’échelle communale que se vivent quotidiennement les enjeux de santé, de vieillissement, de handicap, de précarité et de vivre-ensemble.
Les établissements et services comme vigies
Chaque jour, dans chacune des près de 35 000 communes françaises de métropole et d’outre-mer, les établissements et services sociaux et médico-sociaux accompagnent des enfants en danger, des majeurs protégés, des personnes en situation de handicap, des personnes âgées, des personnes en situation d’exclusion ou de grande précarité. Ces structures sont les vigies de notre cohésion sociale locale car elles jouent un rôle central dans la prévention, le prendre soin, la sécurisation des parcours de vie et la protection des personnes les plus vulnérables.
Les 11 000 établissements et services sociaux et médico-sociaux adhérents de Nexem, qui emploient 365 000 professionnels, sont profondément ancrés dans la vie des territoires. Ils sont présents dans de nombreux bassins de vie où ils figurent parmi les premiers employeurs locaux. Ils produisent des emplois non délocalisables, porteurs de sens, et contribuent durablement au vivre-ensemble, à l’attractivité et à la vitalité des communes.
Des solidarités perçues comme extérieures
Pourtant, les solidarités restent encore trop souvent perçues comme extérieures au périmètre de l’action municipale, alors même que les communes et leurs services y sont quotidiennement confrontés, dans un contexte de fragilisation des financements et d’augmentation continue des vulnérabilités.
Cette dissociation affaiblit l’action publique et nourrit incompréhensions et tensions. C’est précisément pour répondre à ce paradoxe que Nexem publie un plaidoyer à destination des candidats aux élections municipales de 2026.
Ce document propose un cadre de dialogue et d’engagement partagé entre les élus locaux et les acteurs du secteur social et médico-social. Il appelle à reconnaître pleinement ces structures comme des partenaires des politiques locales, à mieux les associer aux diagnostics territoriaux, à renforcer la coordination avec les services communaux et les centres communaux d’action sociale (CCAS), et à intégrer les enjeux d’accessibilité, d’emploi, de mobilité ou encore de transition écologique dans une approche globale des solidarités. L’ambition est claire : permettre aux communes de répondre aux besoins de l’ensemble de leurs habitants.
La boussole de l’action municipale
Faire des solidarités la boussole de l’action municipale, c’est reconnaître que l’urbanisme, la mobilité, l’habitat, la politique scolaire, la commande publique ou encore la gestion de crise ont des conséquences directes sur les personnes les plus vulnérables.
Faire des solidarités la boussole de l’action municipale, c’est intégrer ces réalités en amont des décisions et créer les conditions d’un dialogue permanent entre élus, services municipaux, associations gestionnaires, professionnels et personnes accompagnées.
C’est un choix politique fort et clair que nous enjoignons les futurs élus municipaux et intercommunaux à faire. Face aux besoins des publics fragiles, les élus ne peuvent en effet pas avoir la main qui tremble.
Les prochaines élections municipales doivent être l’occasion de construire des communes capables d’anticiper les fragilités et de faire du pacte social local le socle de leur projet politique : c’est bien à l’échelle de la commune que se mesure la vitalité républicaine.
Références
- Le plaidoyer de Nexem pour les futurs élus
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