Selon une étude menée par l’UFC-Que choisir, le coût d’achat des fournitures scolaires recule de 1 % par rapport à juillet 2023. Mais, « cette baisse est loin d’annuler l’inflation subie l’an dernier – elle était de + 10 % entre juillet 2022 et juillet 2023 », pointe l’association de défense des consommateurs. Le matériel scolaire pèse sur le budget des ménages. Pas de surprise donc qu’ils soient au cœur des débats nationaux. Les derniers en date : les élections législatives de juin. Alors que le Nouveau Front populaire prône la gratuité pour les familles, le groupe Ensemble pour la République envisage des achats groupés de fournitures pour diminuer le coût de la rentrée ; « jusqu’à 15 % de baisse des prix », est-il précisé dans le programme. Certains acteurs locaux n’ont pas attendu une prise de position nationale. Les communes sont de plus en plus nombreuses à prendre en charge les fournitures scolaires. Des initiatives associatives pointent également le bout de leur nez dans l’optique de réduire la dépense familiale.
Davantage de kits de fournitures distribués gratuitement aux enfants
À Lille, pour la quatrième année consécutive, les familles d’enfants scolarisés dans le premier degré n’ont plus à acheter de fournitures scolaires, excepté le cartable et les trousses. La ville fournit, sans condition de ressources, un kit de rentrée et y consacre, pour cette rentrée 2024, 645 000 €. Les villes de Paris et de Bordeaux viennent d’instaurer ce dispositif pour les élèves de CP. C’est « un mouvement qui se développe depuis le début du mandat. Cette accélération est probablement due à la période d’inflation », remarque Rozenn Merrien, présidente de l’Association nationale des directeurs et des cadres de l’éducation des villes et des collectivités territoriales (Andev).
Une question de justice sociale
Derrière cette prise en charge plane la volonté des élus de maintenir le pouvoir d’achat des familles et de réduire les inégalités entre enfants. Selon Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, « face à l’augmentation générale du coût de la vie, j’ai souhaité que la ville de Bordeaux s’engage pour le pouvoir d’achat des familles. Les fournitures scolaires qui seront distribuées à tous les élèves de CP des écoles élémentaires publiques sont à l’image de notre vision de la scolarité basée sur l’égalité des chances et l’écoresponsabilité ».
Qui paie ?
Selon les situations, « on est entre 10 et 20 € par enfant consacré au kit de fournitures scolaires », indique Rozenn Merrien, ce qui représente une dépense pour les communes ou les intercommunalités qui ont déjà intégré dans leur budget les dotations aux écoles pour les acquisitions de matériels pédagogiques, les achats d’ouvrages, etc. Malgré les bonnes volontés, certaines municipalités ne peuvent pas financièrement proposer cette gratuité. Se pose alors la question de l’égalité territoriale pour cette action qui reste à la discrétion des collectivités. Quant à la proposition du groupe Ensemble pour la République sur les achats groupés, « cela supposerait que l’État prenne en charge cette dépense dans la mesure où les collectivités sont soumises au respect des règles de la commande publique », observe la présidente de l’Andev.
Achats groupés de fournitures par les groupements de parents d’élèves
Les parents d’élèves se mobilisent aussi pour proposer des tarifs attractifs aux familles. Du côté des Deux-Sèvres, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) organise pour cette rentrée une commande groupée pour les familles avec à la clé « 20 à 30 % de réduction par rapport aux offres des grandes surfaces », précise Sonia Vincendeau, administratrice à la FCPE 79. « Forts des listes de fournitures transmises par des collèges et des lycées, nous, bénévoles, avons négocié les tarifs auprès des fournisseurs ». Les ménages passent commande sur une plateforme dédiée. Les équipements sont ensuite distribués fin août par les membres associatifs dans les établissements concernés. Une dizaine de collèges et trois lycées se sont mobilisés pour cette première édition, et 86 commandes ont été passées. Dès juin 2022, dans une circulaire, le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse invitait ses agents à « engager […] des achats groupés de fournitures, comme certaines associations, notamment celles de parents d’élèves, le pratiquent d’ores et déjà ».











