Au sein des casernes, la recherche de sapeurs-pompiers volontaires (SPV) est indispensable pour atteindre un maillage territorial suffisamment réactif, surtout en milieu rural, pour faire face à la hausse du nombre d’interventions de secours ou d’incendies découlant du dérèglement climatique. Parmi les sujets sous-jacents figure l’engagement des femmes à ces fonctions, un objectif conforté par la progression des indicateurs nationaux, mais qui reste encore fragile du fait des ruptures d’engagement ou du renouvellement des effectifs.
Si elles représentent en moyenne 20 % du contingent, la mixité est surtout amplifiée par une plus grande présence chez les volontaires que les pompiers professionnels (SPP).
Communication ciblée
Cette accélération en cours du recrutement de volontaires femmes transparaît déjà dans les campagnes de communication et de recrutement, de manière ciblée ou indirecte. Le centre d’incendie et de secours situé dans la charmante commune d’Aigrefeuille-sur-Maine (47 pompiers, 4 200 hab., Loire-Atlantique) met notamment en avant le parcours de Sylvie Lequeutre, devenue volontaire à 54 ans après avoir réussi tous ses tests.
Pour cette responsable de développement chez un grossiste alimentaire, cet engagement lui « a donné une seconde jeunesse », qui s’appuie notamment sur son tempérament et son goût pour le travail en équipe. « Parfois, notre présence facilite la communication avec les victimes. » Bien que fille de pompier volontaire, c’est une conversation avec le chef de centre qui l’a motivée à adresser sa candidature.
Ailleurs, les pompiers insistent sur la prévalence des interventions de secours par rapport aux départs de feu qui peuvent parfois décourager ou intimider. D’où la mise en place d’un engagement différencié pour une seule mission comme les soins d’urgence, qui requiert un moindre temps de formation. Une partie des efforts effectués pour élargir le vivier porte aussi sur l’amélioration des conditions d’accueil dans les centres, notamment des vestiaires séparés. Des arbitrages qui supposent des rénovations et des investissements lors des plans d’équipements.
Des casiers adaptés
Les centres de secours ayant été construits à une époque où la répartition des ratios de genres n’était pas la même, le Sdis des Hautes-Pyrénées (193 SPP, 230 000 hab.) a ainsi intégré une plus grande modularité dans ses nouveaux centres de secours. « Entre-temps, nous avons revu la taille des casiers pour libérer plus d’espace dans le vestiaire qui sert à stocker les tenues pour les incendies », énonce le colonel Arnaud Fabre, qui dirige un service comptant 315 femmes sur 1 036 SPV.
La fidélisation est, à moyen terme, l’autre facette de la quête incessante de volontaires. « Il faut réussir à faire en sorte qu’ils ne s’épuisent pas avec des sollicitations de plus en plus fortes », avance le colonel Stéphane Helleu, directeur du service départemental d’incendie et de secours de la Haute-Saône (1 900 SPV, 234 000 hab.), qui observe un turn-over annuel d’une centaine de volontaires.
Grâce à une féminisation plus marquée des jeunes sapeurs-pompiers, antichambre des volontaires, lui s’attend également à un effet d’entraînement dans les familles et les groupes d’amis qui peuvent y trouver des parrains.
« On a aussi réussi à casser la dynamique d’interruption de l’engagement liée à une installation en famille », souligne le commandant Richard Verguet qui dirige les RH des centres, dont deux chefs de bureau dédiés au volontariat. Ainsi, dans certains centres de secours du département, des conventions ont été signées avec des lieux d’accueil périscolaire afin de faciliter la garde d’enfants pendant les interventions.
Focus
Vers un nouveau plan d’action national pour tous
En formulant 75 propositions pour stopper l’érosion de l’engagement des volontaires, le livre blanc du volontariat, édité fin 2023 par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, s’adresse aux casernes et aux collectivités. Plusieurs de ces pistes concernent directement le recrutement de femmes dont la durée d’engagement est de sept ans en moyenne contre douze chez les hommes.
Le livre blanc rappelle ainsi les indicateurs de la condition physique qui « sont des indicateurs de niveaux et non pas des limites pour définir l’aptitude » ou suggère un crédit d’impôt de 1 000 euros maximum pour favoriser la disponibilité en journée pour les astreintes. Une thématique reprise par le ministère de l’Intérieur qui a promis pour 2024 un plan d’action national sur le volontariat, en insistant sur le relais des employeurs. Cet axe avait déjà été défendu il y a quinze ans sans succès, y compris auprès des employeurs publics.












