Déchets

Le Pas-de-Calais accueille l’unité de méthanisation dernier cri de Veolia

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Officiellement inaugurée le 26 juin 2012, l’usine devrait voir sa capacité de traitement doubler d’ici deux ans.

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Racines d’endives, résidus de crème glacée, graisses de restauration, boues de station d’épuration, tontes de pelouse : autant d’ingrédients jetés dans la « marmite », le digesteur, où divers déchets organiques sont transformés en biogaz par des micro-organismes.

« Il faut chaque jour fournir aux bactéries une soupe, selon une recette garantissant à ce mélange de déchets un bon pouvoir méthanogène », explique la « chef cuisinière » Alice Delaire, responsable du site Artois Méthanisation de Graincourt-les-Havrincourt (Pas-de-Calais).
Composants privilégiés au sein de ce « mix énergétique » : la graisse et le sucre, bien représentés dans les déchets de l’agriculture et des industries agroalimentaires du secteur.

Officiellement inaugurée le 26 juin, l’usine de méthanisation de Sede Environnement (filiale de Veolia) fonctionne depuis avril dernier, à proximité de la plate-forme de compostage en service depuis 2001.
Particularité du site, selon la maison-mère : c’est le seul en France maîtrisant la méthanisation par voie liquide.

Un cinquième de déchets « publics » – Les déchets des collectivités représentent 20 % des tonnages entrants. La communauté d’agglomération de Lens-Liévin (36 communes, 246 200 hab.) y envoie ainsi une partie des boues de la station d’épuration de Fouquières-les-Lens, pour un coût inférieur de 18 % au compostage précédemment pratiqué.

Les boues d’épuration et les déchets verts constituent aujourd’hui l’essentiel des apports de collectivités. A l’avenir, l’usine ne dédaignerait pas les déchets de cantine, au pouvoir méthanogène plus élevé.
Ces résidus sont soumis, par la loi Grenelle 2 (juillet 2010), à une obligation de tri et de valorisation, selon des seuils de production par site appelés à décroître.

Doublement de la capacité dans deux ans – L’usine de méthanisation traitera dans un premier temps 25 000 tonnes de déchets par an et sa capacité est appelée à doubler dans deux ans. Dans ce secteur non desservi par le réseau de gaz, le biogaz issu du traitement sera valorisé sous forme d’électricité – le raccordement au réseau se fera mi-juillet – pour une production équivalent à la consommation de 2 700 foyers.
Les matières organiques non dégradées lors du process formeront 7 000 tonnes de digestat, qui sera composté sur l’unité voisine puis utilisé comme matière fertilisante par l’agriculture locale.

Veolia a investi dans l’usine 8 millions d’euros, soutenus à hauteur de 1,4 million par l’Union européenne, l’Ademe et la région Nord-Pas-de-Calais. « Quand une grande entreprise investit dans l’innovation sur notre territoire, la région est au rendez-vous », commente le président de la collectivité, Daniel Percheron.

« Un substitut aux énergies fossiles et aux engrais chimiques » – Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement

« L’usine répond aux besoins de ce territoire agricole où opèrent de nombreuses industries agroalimentaires. Elle transforme le déchet en une ressource, sous forme de méthane de récupération – qui se substitue aux énergies fossiles –, et d’amendement organique – qui remplace des engrais chimiques.
Autour d’un process industriel conçu par la division ‘eau’ du groupe, l’installation de Graincourt mixe l’expertise de nos deux autres métiers, la propreté et l’énergie. Ces branches sont appelées à être de moins en moins cloisonnées, car c’est la combinaison des savoir-faire qui apportera des solutions au problème de la rareté des ressources. Nous ne connaissons que la moitié des services que nous proposerons dans une quinzaine d’années. »

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