Quelles sont les conditions pour réussir la reprise d’une entreprise en Scic ou en Scop ?
Il faut une forte volonté des différentes parties prenantes. Au premier chef, les salariés doivent être prêts à s’engager dans l’aventure entrepreneuriale et nous sommes à leurs côtés. Bien entendu, un solide savoir-faire est nécessaire et, surtout, une prise de conscience du risque, car ils mettent de l’argent au capital. Ensuite, quand une entreprise est en défaillance, il s’agit de regarder de près son modèle économique. Pour Duralex, la baisse de la production a été fortement impactée par la guerre en Ukraine et la redistribution du capital posait question. Sur 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, huit étaient redistribués aux actionnaires. Dans ces conditions, la nouvelle société s’est donné des objectifs à l’international qui ne sont pas insurmontables. Il faut ensuite s’assurer que l’on a la capacité de réunir des financements.
Comment répondre aux besoins financiers d’une société en défaillance ?
Avec nos partenaires, dont les collectivités, la confédération peut aller jusqu’à 10 millions d’euros. L’obstacle principal demeure les idées reçues ! Si, dans le Grand Est, tout le monde sait travailler ensemble, il n’en est pas de même en Auvergne – Rhône-Alpes, où l’on peut constater que certains tribunaux de commerce et diverses banques ne sont pas favorables à la reprise des sociétés par les salariés.
Lors de reprise, quelle est la position des collectivités ?
Elles sont favorables aux projets de Scic ou de Scop, car l’emploi n’est pas délocalisable. Toutefois, elles ne vont pas forcément investir. Pour Duralex, par exemple, la métropole d’Orléans rachète le terrain contre la perception de loyers permettant de mobiliser des fonds, et la région a accordé un prêt et abondé le capital. Les collectivités peuvent garantir des prêts ou proposer des avances remboursables. Le Grand Est a mis en place une bourse « émergence » pour les Scop et Scic : pour chaque euro investi par une personne, la région met un euro dans la limite de 4 000 euros par salarié.
Quelle stratégie adoptent-elles ?
Dans les Scic où les collectivités prennent partie à la gouvernance, la motivation n’est pas de faire de l’argent, mais de promouvoir une stratégie de développement économique territorial. Aujourd’hui, les collectivités sont présentes dans près de la moitié des 1 500 Scic. Sur les 150 reprises faites chaque année, seule une vingtaine représente des entreprises en difficulté, les autres concernent des sociétés saines, les cédants n’ayant pas trouvé d’acheteurs.











