Si la loi du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale avait pour objectif d’offrir aux personnes détenues une prise en charge sanitaire d’une qualité identique à celle proposée à la population générale, force est de constater que l’offre de soins reste « incomplète ». Les raisons en sont multiples : manque de personnels, locaux sanitaires parfois vétustes ou exigus, retard en matière d’informatisation et de mise en place de consultations de télémédecine, déploiement insuffisant des unités hospitalières spécialement aménagées pour la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques, etc…
Coopérer ?
Les Sages jugent également « très variable » la coopération entre les différents professionnels, sanitaires et pénitentiaires ; ils soulignent néanmoins que « les professionnels de santé et le personnel pénitentiaire travaillent globalement en bonne intelligence dans le respect des compétences et des contraintes propres à chacun ». Ils évoquent même s’agissant de la commission pluridisciplinaire unique (article D. 90 du code de procédure pénale), qui réunit les professionnels des différents services intervenant en détention, « une coopération utile pour la bonne prise en charge des personnes détenues, notamment en matière de prévention du suicide, dans le respect vigilant des prérogatives et compétences de chacun » et ce malgré le refus de certains professionnels de santé d’y participer par fidélité au secret professionnel.
Une vision plutĂ´t optimiste donc, mais qui se heurte aux constats du ContrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© dont un chapitre du rapport d’activitĂ© 2010 est par ailleurs mentionnĂ© par la cour des comptes (Chapitre 3 – Secrets et confidentialitĂ© dans les lieux de privation de libertĂ©).
Car « le respect du secret mĂ©dical en milieu pĂ©nitentiaire est « difficile » : La configuration des locaux ne permet pas toujours de prĂ©server l’intimitĂ© de la personne, les surveillants sont souvent prĂ©sents dans la salle de soins ou lors des examens mĂ©dicaux… La liste des griefs est longue et sa lecture laisse Ă penser que le « respect vigilant des prĂ©rogatives et compĂ©tences de chacun » n’est pas encore totalement acquis.
Recommandations
Cinq types de recommandations ont Ă©tĂ© formulĂ©s sur le sujet qui vont de l’identification dans la prochaine loi de santĂ© publique d’objectifs spĂ©cifiques Ă la population dĂ©tenue au renforcement de l’offre de soins, prioritairement psychiatriques, en passant par l’accroissement du rĂ´le des agences rĂ©gionales de santĂ©, la gĂ©nĂ©ralisation de protocoles cadres entre Ă©quipes mĂ©dicales et administration pĂ©nitentiaire, l’inscription de la prise en charge des personnes dĂ©tenues dans un parcours de soins allant au-delĂ de la levĂ©e d’écrou et enfin l’examen de l’inclusion des dĂ©tenus dans le champ de la couverture maladie universelle et de la couverture maladie universelle complĂ©mentaire.
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