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Santé publique

Santé des détenus : il reste tant à faire

Publié le 11/02/2014 • Par Hélène Delmotte • dans : Actu Santé Social

« La santé des personnes détenues : des progrès encore indispensables ». Le ton est donné par la Cour des Comptes qui a consacré un chapitre à cette question dans son rapport annuel rendu public le 11 février 2014. Les Sages de la rue Cambon rappellent l’importance des besoins de santé des personnes détenues : par exemple, 38 % d’entre elles souffrent d’une addiction aux substances illicites, 30 % à l’alcool et 80 % présentent au moins un trouble psychiatrique.

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Si la loi du 18 janvier 1994 relative Ă  la santĂ© publique et Ă  la protection sociale avait pour objectif d’offrir aux personnes dĂ©tenues une prise en charge sanitaire d’une qualitĂ© identique Ă  celle proposĂ©e Ă  la population gĂ©nĂ©rale, force est de constater que l’offre de soins reste « incomplète Â». Les raisons en sont multiples : manque de personnels, locaux sanitaires parfois vĂ©tustes ou exigus, retard en matière d’informatisation et de mise en place de consultations de tĂ©lĂ©mĂ©decine, dĂ©ploiement insuffisant des unitĂ©s hospitalières spĂ©cialement amĂ©nagĂ©es pour la prise en charge des dĂ©tenus souffrant de troubles psychiatriques, etc…

CoopĂ©rer ?

Les Sages jugent Ă©galement « très variable Â» la coopĂ©ration entre les diffĂ©rents professionnels, sanitaires et pĂ©nitentiaires ; ils soulignent nĂ©anmoins que « les professionnels de santĂ© et le personnel pĂ©nitentiaire travaillent globalement en bonne intelligence dans le respect des compĂ©tences et des contraintes propres Ă  chacun Â». Ils Ă©voquent mĂŞme s’agissant de la commission pluridisciplinaire unique (article D. 90 du code de procĂ©dure pĂ©nale), qui rĂ©unit les professionnels des diffĂ©rents services intervenant en dĂ©tention, « une coopĂ©ration utile pour la bonne prise en charge des personnes dĂ©tenues, notamment en matière de prĂ©vention du suicide, dans le respect vigilant des prĂ©rogatives et compĂ©tences de chacun Â» et ce malgrĂ© le refus de certains professionnels de santĂ© d’y participer par fidĂ©litĂ© au secret professionnel.

Une vision plutĂ´t optimiste donc, mais qui se heurte aux constats du ContrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© dont un chapitre du rapport d’activitĂ© 2010 est par ailleurs mentionnĂ© par la cour des comptes (Chapitre 3 – Secrets et confidentialitĂ© dans les lieux de privation de libertĂ©).

Car « le respect du secret mĂ©dical en milieu pĂ©nitentiaire est « difficile Â» : La configuration des locaux ne permet pas toujours de prĂ©server l’intimitĂ© de la personne, les surveillants sont souvent prĂ©sents dans la salle de soins ou lors des examens mĂ©dicaux… La liste des griefs est longue et sa lecture laisse Ă  penser que le « respect vigilant des prĂ©rogatives et compĂ©tences de chacun Â» n’est pas encore totalement acquis.

Recommandations

Cinq types de recommandations ont Ă©tĂ© formulĂ©s sur le sujet qui vont de l’identification dans la prochaine loi de santĂ© publique d’objectifs spĂ©cifiques Ă  la population dĂ©tenue au renforcement de l’offre de soins, prioritairement psychiatriques, en passant par l’accroissement du rĂ´le des agences rĂ©gionales de santĂ©, la gĂ©nĂ©ralisation de protocoles cadres entre Ă©quipes mĂ©dicales et administration pĂ©nitentiaire, l’inscription de la prise en charge des personnes dĂ©tenues dans un parcours de soins allant au-delĂ  de la levĂ©e d’écrou et enfin l’examen de l’inclusion des dĂ©tenus dans le champ de la couverture maladie universelle et de la couverture maladie universelle complĂ©mentaire.

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