Les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ont disparu le 11 février 2013 de la version 6 de l’avant-projet de loi sur la décentralisation. En matière de politique du handicap seuls sont conservés les articles 26 et 27 sur la décentralisation des établissements et services d’aide au travail (Esat). Devant la mobilisation des associations, le Gouvernement a donc retiré les dispositions transformant les MDPH en services intégrés des départements. Elles restent, pour le moment ( ?) des groupements d’intérêt public (GIP) dont les départements assurent la tutelle administrative et financière.
Satisfaction « vigilante » des associations
Dans un communiquĂ© du 25 fĂ©vrier, l’Association des paralysĂ©s de France (APF) salue ce retrait mais dit vouloir « rester vigilante ». Elle souligne, notamment que « le fonctionnement des MDPH prĂ©sente toujours de nombreux dysfonctionnements et limites qu’il est nĂ©cessaire de traiter au plus vite ». La FĂ©dĂ©ration nationale des associations gestionnaires au service des personnes handicapĂ©es (Fegapei), qui focalise surtout son attention sur les Esat, souhaite elle aussi « que soit maintenue une vĂ©ritable volontĂ© des acteurs publics de remĂ©dier aux nombreux dysfonctionnements que connaissent aujourd’hui les MDPH et sur lesquels tout le monde s’accorde ».
Déception du côté des départements
Pour l’AssemblĂ©e des dĂ©partements de France (l’ADF), l’intĂ©gration des MDPH coule pourtant de source : « malgrĂ© la formule du GIP, les principaux moyens apportĂ©s par les dĂ©partements (personnels, locaux, matĂ©riels), le sont sous la forme de services majoritairement intĂ©grĂ©s », commente Jean-Pierre Hardy, chef des politiques sociales. Selon l’AssemblĂ©e, 80 % des dĂ©partements sont pour l’intĂ©gration. Pour rendre la rĂ©forme acceptable par les associations, l’ADF concĂ©dait qu’il fallait maintenir le comitĂ© dĂ©partemental consultatif des personnes handicapĂ©es et la commission des droits Ă l’autonomie des personnes handicapĂ©es, « en garantissant l’indĂ©pendance du premier et l’impartialitĂ© des dĂ©cisions d’orientation du second ». Rendez-vous au projet de loi sur l’autonomie ? En le craignant ou en le souhaitant, associations et dĂ©partement s’accordent Ă dire que le dĂ©bat sur la gouvernance des MDPH, Ă©vacuĂ© du projet de loi de dĂ©centralisation, pourrait resurgir Ă l’occasion du projet de loi sur l’autonomie, avec l’éventuelle crĂ©ation de Maisons de l’autonomie (MDA)… Un point de vue que la Caisse nationale de solidaritĂ© pour l’autonomie a indirectement confortĂ© en publiant le 15 fĂ©vrier la synthèse des rapports d’activitĂ© 2011 des MDPH : il en ressort, notamment, « la confirmation du mouvement vers la convergence des politiques personnes âgĂ©es/personnes handicapĂ©es ». SchĂ©mas de l’autonomie, mutualisation des Ă©quipes de l’accueil Ă l’évaluation, certains dĂ©partements vont mĂŞme jusqu’à « une organisation totalement mutualisĂ©e sous forme de maison de l’autonomie ».
Trois Maisons de l’autonomie expérimentées
20 % des départements auraient un projet de maison de l’autonomie en cours ou, déjà , une réalisation à leur actif, avec, comme point commun « la recherche d’efficience ». Mais les initiatives sont très disparates et seules trois expérimentations de MDA sont suivies par la CNSA depuis janvier 2011 : celles du Cantal, de la Corrèze et de la Côte d’Or. Et donc passées au crible d’une évaluation qui devra dire si elles sont modélisables.
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