À l’approche des élections municipales de 2026, le sport reste trop souvent relégué au rang des politiques « sympathiques, mais secondaires ». C’est une erreur stratégique ! Le sport est un levier majeur des politiques locales, au croisement de la santé publique, de l’éducation, de la cohésion sociale, de l’inclusion, de l’attractivité territoriale et de la transition écologique. Il mérite mieux qu’une ligne discrète en fin de programme.
La réalité est pourtant claire : le sport français tient debout grâce au mouvement sportif, accompagné surtout par le bloc communal.
Les communes financent, construisent, entretiennent et animent. Elles soutiennent les clubs, assistent les bénévoles, ouvrent les équipements et innovent dans l’espace public. Elles assument cette responsabilité sans chef de file clairement identifié, souvent sans visibilité financière. C’est une évidence de terrain.
Face à cela, le paradoxe budgétaire perdure. Alors que l’activité physique est unanimement reconnue comme un enjeu majeur de société, le budget de l’État consacré au sport demeure structurellement faible et devient trop souvent une variable d’ajustement. Le sport ne pèse qu’un peu plus de 500 millions d’euros au budget national.
On ne redressera pas les finances publiques en fragilisant un secteur aussi marginal budgétairement, mais essentiel socialement.
Le sport n’est responsable ni de la dette de l’État ni des contraintes financières locales. Les collectivités, elles, encaissent la hausse des coûts de l’énergie, de la masse salariale, de la maintenance et des normes.
Notre baromètre Andes de 2025 (1) est sans appel : près des deux tiers des collectivités constatent une baisse de leur budget global, et 43 % une baisse du budget sport, principalement sur l’investissement. Dans ce contexte, l’objectif que nous portons est clair : consacrer 1 % du budget de l’État au sport d’ici à 2030. Investir dans le sport, c’est investir dans la prévention. Ne pas le faire, c’est reporter la facture ailleurs.
Quand les budgets se tendent, il faut sécuriser des ressources durables. Les avancées obtenues ces dernières années le prouvent : recettes affectées, simplifications réglementaires (vidanges), économies concrètes pour les collectivités (FCTVA). Ce sont des victoires utiles, mais insuffisantes.
Après Paris 2024, l’héritage promis tarde à se traduire sur le terrain.
Les élus locaux, les clubs et les bénévoles ont répondu présents. Ils ne peuvent être sommés, encore, de faire mieux avec moins.
L’héritage ne peut pas être un mot creux. Pour le mandat municipal qui s’ouvre, une exigence s’impose : inscrire le sport au cœur des programmes. Non comme un supplément d’âme, mais comme une politique centrale du mandat. Les décisions structurantes se prennent maintenant. Après, il sera trop tard.
En 2026, chaque équipe municipale doit choisir : considérer le sport comme une dépense optionnelle ou l’assumer comme un carrefour de solutions pour le territoire. À l’Andes, nous avons fait notre choix. Le sport doit sortir du banc des remplaçants et être titulaire dès le premier jour du mandat.
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Municipales 2026 : Réparer la démocratie locale
Sommaire du dossier
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- Municipales 2026 : le sport local, un choix politique majeur
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- Le référendum en quête d’un second souffle
- Municipales 2026 : le malaise des conseillers municipaux
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