Le constat est sans appel : 90 % des maisons détruites lors des derniers incendies se situaient sur des terrains mal ou non-débroussaillés. C’est dans ce contexte que le gouvernement lance, le 21 octobre, sa deuxième campagne de communication sur les obligations légales de débroussaillement (OLD)
Pas moins de 7 000 communes, localisées dans 43 départements – essentiellement la moitié Sud, la Corse et la façade Atlantique –, se situent aujourd’hui dans des zones à risque où les OLD doivent impérativement être appliquées.
Les maires au premier plan
En zone rurale, toute construction se situant à moins de 200 mètres d’un bois ou d’une forêt doit être débroussaillée. « Les OLD doivent être menées sur une profondeur de 50 mètres autour des habitations, campings et installations comme les antennes radio. Elles s’appliquent aussi aux infrastructures linéaires : les routes, les voies ferrées ou encore les lignes électriques », poursuit Christophe Chantepy de l’Office national des forêts (ONF).
Dans les zones à risque, « les maires ont en charge le contrôle de l’obligation de débroussaillement », rappelle Isabelle Bertrand, chargée de mission au ministère de l’Agriculture. Au 1er janvier 2025, tous les acquéreurs et locataires de biens assujettis à une OLD seront informés des risques et obligations qui leur incombent. Mais en cas de manquement, ce sont bien les maires qui pourront, dans le cadre de leurs pouvoirs de police, imposer le débroussaillement ou le faire réaliser d’office.
Faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers
Le lancement d’une campagne de communication à cette période de l’année n’est pas le fruit du hasard. « L’automne et l’hiver sont la meilleure période pour débroussailler car la végétation a perdu ses feuilles et on impacte moins la biodiversité en dehors des périodes de nidification », indique Véronique Menez, conseillère biodiversité au ministère de la Transition écologique.
Alors que 9 feux sur 10 en France sont d’origine humaine, cette campagne de communication vise non seulement à informer le grand public des gestes à éviter pour se prémunir du risque incendie, mais aussi à « faire connaître l’utilité du débroussaillement », rappelle Lionel Berthet de la Direction générale de la prévention des risques.
« Le débroussaillement permet aux sapeurs-pompiers de s’approcher de l’incendie pour l’éteindre le plus vite possible, conformément à la doctrine d’intervention sur feux naissants », confirme d’ailleurs le chef d’état-major François Pradon. « Limiter le nombre d’engins mobilisés sur des points sensibles nous donne la possibilité de mieux attaquer la forêt ».
Améliorer la résilience des territoires
Cette nouvelle campagne de communication s’inscrit dans une stratégie pro-active du gouvernement en matière de lutte contre les feux de forêt depuis l’été dévastateur de 2022. L’an dernier avait par exemple été déployée la Météo des forêts, visant à fournir des prévisions sur le risque incendie.
Le gouvernement a aussi instauré en 2022 une Journée nationale de la résilience visant à mettre en valeur des actions à plus long terme, qui concernent par exemple la maîtrise de l’urbanisation pour limiter la construction de nouvelles zones exposées.
La forêt française « se dégrade sous le coup de la sécheresse et des attaques parasitaires », alerte en effet Véronique Menez du ministère de la Transition écologique. D’après les projections, l’ensemble du territoire français devrait être concerné par un risque d’incendies réguliers d’ici 2050.
Focus
Incendies : un été 2024 plutôt calme
Si les flammes ont ravagé les forêts de Grèce, du Portugal, du Canada ou encore des États-Unis, les 17 millions d’hectares de forêt française ont été relativement « épargnés » cet été, au regard notamment des 70 000 ha qui avaient brûlé en 2022. La saison estivale se conclut par un bilan de 4 900 départs de feu pour un peu moins de 4 800 ha de végétation partis en fumée.
Des résultats que le chef d’état-major François Pradon attribue d’attribue d’abord à une « météo très clémente » qui a permis la « concentration de moyens dans la zone Sud ». Conformément aux annonces du gouvernement, l’acquisition de 16 appareils aériens supplémentaires depuis 2022 et « l’achat massif de camions » – plus de 1 000 sur les deux prochaines années – ont aussi facilité la tâche des sapeurs-pompiers même si « par endroits, la rupture capacitaire était proche ».












