logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/97715/application-timide-du-plan-national-velo/

DÉPLACEMENTS
Application timide du plan national vélo
Monique Trancart | France | Publié le 27/01/2012

Le ministre des Transports a annoncé, le 26 janvier, onze mesures en faveur du vélo tirées du plan national. Ceux qui œuvrent pour ce mode de transport, collectivités locales en tête, regrettent son manque d'ambition et de financement.

Thierry Mariani, ministre des Transports, a dévoilé des mesures pour encourager l’usage du vélo, lors des 1ères rencontres nationales du vélo [1], à Paris le 26 janvier 2012. Ces 11 points sont extraits du plan national vélo [2] rédigé par un groupe de travail d’acteurs du domaine avec audition d’experts, de juillet à décembre 2011. « Ce plan a pour rôle de guider l’action de l’Etat, » a précisé le ministre.

Manque de coordination – Cependant, les acteurs ne trouvent pas, dans le « bouquet » gouvernemental, les moyens sérieux de développer ce mode de déplacement bénéfique à la santé, au porte-monnaie, à l’économie et à l’environnement.
« Le code de la rue n’y apparaît pas du tout, » note par exemple Jean-Marie Darmian, président du Club des villes et territoires cyclables (CVTC) qui regrette « un empilement de mesures sans coordination. Il n’y a aucun signe réel d’inclure le trajet domicile-travail dans la politique vélo par la création d’une indemnité kilométrique spécifique. Or, c’est l’effort à faire pour le reconnaître comme un moyen à part entière de la mobilité ».
Le texte parle seulement d’une évaluation. Autrement dit, « comme le ministère des Finances n’a pas participé au groupe de travail, bien qu’invité à plusieurs reprises, ce n’est pas un engagement », estime Jean-Marie Darmian. Peu de mention d’aides financières sont effectivement présentes dans les extraits du plan, hormis une rallonge de 1,5 million en faveur des véloroutes et voies vertes.

Thierry Mariani n’a pas rendu obligatoire le port du casque. Le projet du ministre n’oblige pas non plus la SNCF à prévoir des emplacements vélo autour des gares en rénovation. L’espace bicyclettes rapporte moins qu’un parking ou des commerces. Pourtant, la compagnie reconnaît que « ce qui est bon pour le vélo, l’est pour les transports en commun. »

Des avancées – La 1ère phase d’application du plan contient toutefois des avancées. Le fichier des vélos marqués contre le vol par la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub), va devenir national grâce à un partenariat avec l’Etat. Reste à définir les modalités d’accès des forces de l’ordre à ce fichier en cas de vol (1) [3]. « Nous sommes très satisfaits de cette ouverture car le vol freine l’usage du vélo, comme le manque de stationnement sécurisé, » indique Genevière Laferrère, présidente de la Fub Fédération française des Usagers de la Bicyclette.
La mise en oeuvre des panneaux et feux qui autorisent les cyclistes à tourner à droite confirme le succès des expérimentations par les communes. Quant à l’intermodalité, les collectivités territoriales n’ont pas attendu ce texte pour la développer. Même constat pour l’apprentissage du vélo (diplôme à venir).

Au rayon des annonces précises du ministère : parution d’un arrêté fixant les surfaces à réserver au garage à vélos dans l’habitat neuf (2) [4] et tenue tous les deux ans des rencontres nationales.

Oralement, Thierry Mariani a mentionné une hausse du budget de la mission interministérielle pour le vélo, de 450 000 à 600 000 euros, mission sauvée par le groupe de travail qui en avait fait dès le début, une condition préalable à son investissement.

REFERENCES