Bilan électrique 2011

RTE : Dominique Maillard souhaite que les projets d’infrastructure électrique ne fassent plus l’objet d’un « suspense jusqu’au dernier moment »

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Une baisse importante de la consommation d’électricité (- 6,8 %), principalement causée par des températures clémentes ; une production hydraulique en chute libre (- 26,5 %), en raison de périodes de sécheresse au printemps et à l’automne ; un boom des énergies renouvelables, l’éolien ayant couvert 2,5 % de la demande globale et la production photovoltaïque, bien que demeurant modeste, ayant triplé. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, RTE, a présenté jeudi 19 janvier 2012 son traditionnel bilan électrique 2011.

RTE, évoque aussi une France de plus en plus exportatrice, qui profite notamment de la sortie engagée du nucléaire en Allemagne, avec qui le solde des échanges est devenu positif en 2011.

Et annonce en 2012 une hausse de 18 % de ses investissements, lesquels devraient s’élever à 1,386 milliard d’euros. Des investissements qui ne poseront pas de problème en termes de financement, a précisé le président du directoire de RTE Dominique Maillard, interrogé sur la dégradation, mardi 17 janvier de son entreprise, de même que sa maison mère EDF, par l’agence de notation Standard and Poor’s. Toutes deux sont désormais classées A +.

Il se déclare en revanche « inquiet » des difficultés croissantes rencontrées pour faire accepter certains projets par la population. Il s’en explique à La Gazette.

L’acceptation sociale des projets d’infrastructure, qu’il s’agisse de créer une nouvelle ligne, de renforcer le réseau ou d’implanter un moyen de production, est votre « principal sujet d’inquiétude ». Qu’entendez-vous par là ?

On constate un allongement des procédures, celles-ci n’étant de plus pas rythmées par des rendez-vous permettant de savoir si on continue ou si on arrête. Le propre de la France est ainsi qu’y compris la dernière étape peut effacer tout ce qu’on a décidé avant, même si cela fait 20 ans qu’on en parle.
Exemple emblématique, la liaison Boutre-Carros (ce projet de ligne très haute tension 400 000 volts aérienne traversant les gorges du Verdon a été annulé en 2006 par le Conseil d’Etat pour des raisons environnementales, ndlr) . On avait fini par élaborer un tracé et, au dernier moment, un recours fructueux contre la Déclaration d’utilité publique (DUP) a effacé d’un trait 25 années de discussions.
Dans d’autres pays, dès lors que le principe de faire une ligne est arrêté, on n’y revient plus. En France, le suspense dure jusqu’au dernier moment. Et jusqu’au dernier acte, on court le risque de se trouver ramené à la case départ…

Remettez-vous en cause l’existence même du débat public ?

Certainement pas. Nos concitoyens ont droit à des explications détaillées sur la justification des ouvrages. Mais l’objectif est de concrétiser les projets. Une directive européenne dit que les projets d’intérêt économique européen doivent être réalisés en trois ans. En France, on en est très loin. Sans même évoquer les cas extrêmes, comme Boutre-Carros, on est plutôt sur 7 ans en moyenne.
Il faudrait parvenir à concilier la nécessaire prise en compte des points de vue des différentes parties prenantes et un accord sur des solutions performantes.

N’est-ce pas un vœu pieux ?

Si on mène la concertation avec l’ambition d’arriver à un consensus, oui, c’est illusoire. Mais cette concertation est positive si elle est conçue comme une façon d’expliciter un projet d’intérêt général : une interconnexion entre la France et l’étranger, le raccordement de nouvelles installations de production, le renforcement du réseau afin d’améliorer la qualité du service rendu dans les territoires.
Le débat public doit être appréhendé comme une étape permettant d’écouter les positions des uns et des autres, ce qui peut amener à infléchir un projet voire à y renoncer.
Je ne conteste donc pas le débat public mais l’absence de capitalisation de chacun des acquis, le système n’ayant en quelque sorte pas de mémoire.

Vous citiez l’exemple de Boutre-Carros. Or, dans cette région, RTE a finalement trouvé des solutions alternatives…

C’est vrai, mais en devant pour cela se rabattre sur des solutions plus coûteuses et parfois moins efficaces, dont l’intérêt était une mise en œuvre plus rapide après l’échec de projets représentant sans doute l’optimum sur les plans économique et technique.
Aussi bien en Paca qu’en Bretagne, on a trouvé des solutions qui ne sont pas optimales en termes d’efficacité électrique et économique mais raisonnablement acceptables.
L’enfouissement des lignes en a facilité l’acceptation, puisque c’est l’impact visuel qui aujourd’hui constitue l’un des principaux obstacles pour un nouveau tracé.

Concernant la Bretagne, le ministre de l’Energie doit, d’ici fin février, livrer le nom du vainqueur de l’appel d’offres européen pour l’implantation d’une centrale à cycle combiné gaz (CCCG).
Craignez-vous, comme des opérateurs – certains ayant d’ailleurs renoncé pour cette raison à se porter candidats – un enlisement du projet, comme cela a été le cas de Ploufragan, abandonné devant les oppositions locales ?

J’espère bien que non. On a fait un travail préalable d’information auprès des collectivités pour expliquer la nécessité de développer un moyen de production en Bretagne.
Cela dit, le rôle de RTE s’est arrêté là puisque l’appel d’offres est piloté par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité (PPI).
Et c’est une bonne chose qu’il relève de la PPI car il est de la responsabilité de l’Etat, quand il y a le constat d’un déficit au niveau national ou local, de chercher à compenser ce que, naturellement, le marché n’a pas fait.

Votre description du travail de RTE évoque parfois la quadrature du cercle…

Il y a certes les grands projets emblématiques qui défraient la chronique, mais ils ne doivent pas faire oublier qu’on mène aussi quantité d’opérations (rénovation de postes, etc.) qui, par effet cumulatif, permettent d’améliorer la qualité du courant transporté.
Et, si on a obtenu l’an dernier notre meilleur résultat historique en matière de temps de coupure, c’est le fruit d’une politique de sécurisation du réseau menée par RTE depuis 2002 et décidée à la suite de la tempête de 1999.
Ainsi, au-delà des grands projets, RTE prévoit d’investir en 2012 pour sécuriser l’alimentation électrique d’une trentaine d’agglomérations et départements à travers l’ensemble du pays (notamment à Beauvais, Montpellier, Perpignan, Bordeaux et St-Etienne, ndlr). C’est cette multitude de petites opérations invisibles sur le plan macroéconomique qui permet ces résultats.

Commentaires

2  |  réagir

22/01/2012 11h16 - Prud'homme Martin

Les projets de dévlopement du réseau de transport ne peuvent pas ce faire au détriment des éspaces naturels. Aujourd’hui, RTE a un projet de THT dans la haute vallée de la durance, dénaturant des espaces naturels remarquables et dévalorisant le bati. Contrairement à ce qui est indiqué dans l’article, la déterioration du paysages n’est le seul domage causé à l’environement.En effet le passage du courant éléctique genère un champ éléctromagnétique qui peut induire des maladies graves(cancer, leucemie, baisse de lafécondité…).Des études ont démontrée la nocivité du champ éléctomagnétique jusqu’à 800 m de distance. Autrement dit il s’agit de polluer une bande de terrain d’un kilomètre six cents mètres, avec un impact non évaluer sur la faune et la santé des riverains.
Aussi les membres de l’association Avenir Haute Durance, entende lutter par tout les moyens légaux pour l’enfouissement de cette THT.
Car la course au profit ne pas se faire au détriment des espaces préservés et des riverains.

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19/01/2012 09h02 - Prolo

Ce n’est pas nouveau ce questionnement j’ai suivi le STAGE dit DE RELATION publiqueqs sur le sujet dans notre grande Maison.Mais MR le responsable emerite le monde a changé et la protection de notre Terre est necessaire et le debat doit produire non un consensus mais un projet porteur pour nos generations futures.Un entrepreneur doit oser maintenant les enjeux de demain et nos reseaux doivent se tourner vers la collecte des energie de toutes sortes et ensuite ventile l’energie en fonction de l’usage…..Alors stockons,renouvellons et tout cela dans un espace public de responsabilité nationale….

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