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Sommet de crise : quelques mesures d’urgence, en attendant d’autres fin janvier

Publié le 18/01/2012 • Par avec l'AFP Agathe Vovard • dans : France

A trois mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi 18 janvier 2012 lors d'un "sommet de crise" des mesures immédiates pour tenter d'endiguer le chômage et reporté à la fin janvier ses décisions sur les sujets qui fâchent comme la TVA sociale, fustigée par les syndicats.

A l’issue de quatre heures de discussions selon lui « apaisées » avec les numéros 1 de cinq syndicats et trois organisations patronales, le chef de l’Etat a d’abord mis sur la table une enveloppe de 430 millions d’euros face à une « situation sur le front l’emploi extrêmement préoccupante » qui nécessite des « décisions fortes et rapides ».

150 millions pour la formation des chômeurs très éloignés – Le chef de l’Etat a également insisté sur la formation des chômeurs « très éloignés de l’emploi » en annonçant une enveloppe de 150 millions d’euros.
« Ceux qui ne connaissent plus d’activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation », a-t-il dit.

M. Sarkozy a également confirmé, ainsi que l’avait annoncé le numéro 1 de FO Jean-Claude Mailly, que l’Etat allait « renforcer les effectifs de Pôle emploi » en embauchant 1 000 CDD.
Ces recrutements représentent un coût de 39 millions d’euros, selon l’Elysée.

100 millions pour le zéro charges dans les TPE – Pour doper l’emploi des jeunes, le gouvernement a décidé d’exonérer de charges pendant 6 mois l’embauche de jeunes dans les très petites entreprises (TPE), reprenant ainsi une proposition de Alain Joyandet issue de son rapport remis le 12 janvier.
Une mesure qui représente un coût de plus de 100 millions d’euros, selon l’Elysée.

M. Sarkozy a précisé que cet effort serait financé par « redéploiement » de crédits déjà existants, pour éviter de creuser les déficits, et qu’il pourrait être « doublé » par le Fonds social européen (150 millions d’euros) et des fonds paritaires qui gèrent la formation des salariés.
Le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) par exemple, amputé pour la deuxième année consécutive de 300 millions d’euros ?

Au-delà de l’urgence, le chef de l’Etat a surtout confirmé sa volonté de faire voter avant le scrutin des 22 avril et 6 mai un paquet de réformes controversées, comme la TVA sociale et la flexibilité du temps de travail, qu’il a justifié par la « gravité de la crise ».

« Réforme radicale » de la formation pro – Outre ces deux projets emblématiques, il a promis une « réforme radicale » de la formation professionnelle, des « mesures extrêmement puissantes » sur le logement et redit sa volonté d’instaurer une taxe sur les transactions financières dont les contours seront précisés « à la fin du mois ».
« On ne peut pas attendre les échéances politiques pour décider (…) se réfugier dans l’attentisme, ce serait donner raison à tous ceux qui jouent sur l’impuissance du politique et du syndicalisme pour prospérer », a-t-il lancé en référence à la progression de la candidate du Front national Marine Le Pen dans les sondages d’intention de vote.

Après la dégradation financière de la France, le président a fait de ces réformes, qui doivent améliorer la compétitivité des entreprises, une de ses cartes pour tenter d’emporter un second mandat, alors qu’il est toujours donné largement battu par son rival PS François Hollande.
M. Sarkozy a assuré avoir « entendu » les remarques des syndicats, farouchement hostiles à ses projets mais a confirmé qu’il annoncerait ses décisions devant les Français « à la fin du mois ».

D’ici là, le gouvernement poursuivra ses « contacts avec les parlementaires », a-t-il dit. La gauche refuse toute idée de TVA sociale, ainsi qu’une partie de la droite, qui a payé de la perte de dizaines de sièges de députés un précédent débat sur la TVA sociale entre les deux tours des législatives de 2007.

Objectif compétitivité – Sur le perron de l’Elysée, la patronne du Medef Laurence Parisot s’est réjouie des intentions du président. « Beaucoup de sujets ont été abordés avec une ligne directrice claire : la compétitivité de notre pays », a-t-elle dit.

A l’inverse, les leaders syndicaux n’ont pas caché leurs réticences, voire leur franche hostilité. Le patron de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que les décisions d’urgence n’auraient « pas d’impact véritable sur la situation de l’emploi aujourd’hui » et a appelé à la « poursuite de la mobilisation » contre les décisions à venir de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour dénoncer, à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires, un sommet « antisocial convoqué pour la forme ».

Flou total sur les futures décisions du gouvernement – Plus nuancé, le numéro 1 de la CFDT François Chérèque a salué « les quelques mesures utiles » du gouvernement, « même si elles ne vont pas aussi loin que nous le souhaitions ».
Mais il a aussi déploré « le flou total sur les futures décisions du gouvernement » et répété son opposition à une augmentation de la TVA, qui « n’a rien de sociale ».

« Nous avons des réponses sur certains points comme le chômage partiel », a salué son collègue de FO Jean-Claude Mailly, avant de rappeler son opposition catégorique à toute forme de TVA sociale.

Les régions étonnées de ne pas être invitées

Les régions s’étaient étonnées mardi, par la voix du président de leur association ARF Alain Rousset (PS), de ne pas avoir été invitées au sommet social, « dès lors que les politiques de l’emploi et les questions de formation professionnelle » devaient y être abordées. « S’il semble parfaitement naturel (…) de s’adosser pleinement au dialogue social pour définir les réponses à la crise, vous me permettrez de vous faire part de l’étonnement des régions de n’y être pas associées, alors qu’elles seraient invitées ultérieurement uniquement sur les questions de finances publiques », écrit M. Rousset à M. Sarkozy dans un courrier rendu public. « Dès lors que les politiques de l’emploi et donc les questions de formation professionnelle vont se trouver nécessairement au centre de telles discussions, il nous semblerait naturel que les collectivités qui en ont au premier chef la charge puissent faire valoir leurs positions, mais aussi leurs suggestions », poursuit M. Rousset, par ailleurs président de la région Aquitaine.
Selon le président de l’ARF, les stratégies de formation professionnelle des régions permettent d’accompagner plus de 1,2 million de parcours professionnels chaque année. « Ces politiques actives font l’objet d’un dialogue social territorial fourni. Elles participent d’une mobilisation concrète pour l’emploi », ajoute-t-il. « C’est pourquoi il apparaît d’autant plus paradoxal de les voir ignorées au niveau central, alors même que la volonté affichée par les pouvoirs publics est de renforcer cette mobilisation ».

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