logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/91479/%c2%ab-la-metropole-un-veritable-outil-d%e2%80%99integration-dote-de-nombreuses-competences-%c2%bb-selon-christian-estrosi/

INTERCOMMUNALITÉ
« La métropole, un véritable outil d’intégration doté de nombreuses compétences » selon Christian Estrosi
Aurélien Hélias | A la une | France | Publié le 20/12/2011

A la tête de la première - et unique à ce jour - métropole en France, Christian Estrosi défend le choix de ce nouveau statut intercommunal prévu pour les très grandes agglomérations par la loi de réforme territoriale de décembre 2010.

 

[1]

Christian Estrosi , à la tête de la première - et unique à ce jour - métropole en France.

Quel est l’intérêt pour une agglomération comme Nice de passer d’un statut de communauté urbaine au statut de métropole ?

En faisant de Nice Côte d’Azur la première métropole de France, j’ai voulu doter notre territoire de la forme la plus aboutie de coopération intercommunale pour lui offrir les armes et la taille qui lui permettront d’être concurrentielle dans la compétition des grandes villes européennes. J’ai souhaité saisir l’opportunité de la réforme territoriale pour fonder une métropole où s’inventent l’avenir des territoires français du 21ème siècle autour du « Mieux vivre», une métropole qui soit le laboratoire de la France urbaine où se créent les emplois de demain.

Cette ambition a d’ailleurs été comprise et soutenue par les Azuréens, du bord de mer jusqu’aux plus hauts sommets du Mercantour, puisque 87 % des communes concernées, représentant 97,5 % de la population, ont approuvé la création de la métropole.

Ce statut est-il plus intéressant que celui de pôle métropolitain ?

Le pôle métropolitain constitue surtout un outil de coopération là où la métropole, regroupant plusieurs communes d’un seul tenant et sans enclave, constitue un véritable outil d’intégration doté de nombreuses compétences.

J’ai voulu avec le choix de la métropole entériner cette intégration au sein d’un territoire cohérent. Le périmètre de la métropole, entre mer et montagne, représente en effet, depuis des siècles, un seul et même bassin de vie qui puise dans sa géographie et son histoire une identité particulière et partagée.

Les communautés de communes de la Vésubie-Mercantour, de la Tinée et des Stations du Mercantour avaient d’ailleurs déjà délibéré, en juin 2009, pour demander leur rattachement à la communauté urbaine. Leur intégration aujourd’hui au sein de la métropole est donc logique et naturelle.

[Retour en haut] [8]

Quels en sont les enjeux en matière d’aménagement du territoire et de développement économique ?

J’ai la volonté forte de placer l’emploi au cœur de la stratégie de développement de notre métropole avec la création de 50 000 emplois d’ici à 20 ans, dans les secteurs des technologies durables mais aussi de la santé et de la télémédecine ou encore du tourisme d’affaires comme d’agrément. Cette stratégie de renforcement de l’emploi et de développement économique passe par l’aménagement du territoire métropolitain.
La Métropole Nice Côte d’Azur représente en effet un espace de coopération intercommunale unique en France. Aucun autre territoire ne peut revendiquer d’unir dans un même espace l’ensemble des paysages et des situations géographiques rencontrés sur le territoire national.

Une politique entreprenante d’investissements sera menée sur ce territoire exceptionnel, en matière de transports et de mobilité avec une métropole aménagée et interconnectée où l’emploi ne soit pas seulement littoral. Mais aussi dans les domaines de l’assainissement et de l’eau pour lesquels les avantages de la mutualisation des moyens sont évidents.
Près de 40 millions d’euros seront ainsi investis en 2012 en matière d’assainissement.

Quelles autres politiques publiques locales pourraient tirer parti du statut de métropole ?

Je souhaite réduire la vulnérabilité et la dépendance énergétique de notre territoire en mettant en liaison les vallées richement dotées en hydroélectricité et la côte très consommatrice. Actuellement, la communauté urbaine ne produit qu’environ 3 % de son électricité.
Avec le passage à la métropole, les gisements d’énergie renouvelable du Haut-Pays, hydraulique et biomasse bois principalement, nous permettent de viser l’objectif ambitieux de 33 % des besoins en électricité produits localement d’ici 2020.

Les travaux de voirie restent également une priorité de nos investissements avec la reprise par la métropole de la compétence voirie départementale. 56 millions d’euros y seront ainsi consacrés en 2012.

[Retour en haut] [8]

Comment ce statut permettra-t-il une meilleure reconnaissance à l’international de Nice et un lobbying plus efficace au niveau européen ?

Je tiens à promouvoir et développer le tourisme qui est le lien culturel, l’ADN de notre métropole, de la montagne jusqu’à la mer. Nous proposons désormais toutes les palettes des produits touristiques aux visiteurs du monde entier. Du gîte rural au Palace de la Riviera, aucun autre endroit en Europe ne possède cette offre.
Nous allons également créer la première agence d’attractivité en Europe pour fusionner la promotion touristique, économique et sur la recherche afin d’attirer sur notre territoire les talents de demain qui recherchent à la fois la qualité de vie, la technologie et l’offre urbaine.

Au niveau européen, le passage à la métropole nous permet maintenant d’être éligible aux programmes de coopération transfrontaliers Alcotra et Interreg mais aussi d’obtenir des financements nouveaux du Fonds européen de développement régional (Feder) ou encore du Fonds social européen (FSE).

La taille de la structure, l’importance et l’hétérogénéité du territoire couvert présagent-ils d’une gouvernance complexe ?

Je tiens à ce que la commune reste au cœur de l’organisation de la métropole. La proximité demeure une priorité dans nos actions et le lien avec les habitants de chacune de nos communes doit être maintenu, tout comme la parfaite autonomie des maires.
Pour cela, nous avons mis en place une organisation à deux étages pour une efficacité optimisée. D’un côté, les subdivisions locales qui prennent en charge des missions opérationnelles et de l’autre les structures centrales, installées au siège de Nice Côte d’Azur, chargées des grands projets et de la cohérence communautaire.

J’ai voulu que la répartition des crédits entre les communes s’effectue dans la plus grande transparence, sur la base de critères objectifs comme la population, la longueur de la voirie ou encore le potentiel fiscal afin de permettre une solidarité à l’égard des petites communes pour garantir la solidarité envers les communes.
La dotation de solidarité communautaire perçue en 2011 par les 27 communes de la communauté urbaine sera reconduite et les 19 communes entrantes percevront une dotation de solidarité désormais métropolitaine.

[Retour en haut] [8]

Cette métropole va-t-elle peu à peu effacer le conseil général ?

Les compétences de la métropole reprennent celles de la communauté urbaine auxquelles s’ajoutent uniquement trois compétences supplémentaires :

  1. la voirie départementale – 235 agents et leur matériel avec une attribution de compensation voisine de 28 millions d’euros -,
  2. les transports scolaires, déjà gérés par la communauté urbaine,
  3. et la promotion économique du territoire à l’international.

Cette évolution ne va en aucune façon diminuer les prérogatives du conseil général. Bien au contraire, plutôt que de se soustraire, les actions du conseil général et de la métropole vont s’additionner car elles sont complémentaires.
Le département consacre déjà par exemple 50 % de son budget à l’action sociale qui s’exerce, notamment, sur le territoire métropolitain.

[Retour en haut] [8]