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2È CONFÉRENCE DE L’AITF
Jean-Pierre Auger, AITF : «Avec le Grenelle de l’environnement, les ingénieurs territoriaux doivent anticiper les attentes des élus en terme d’expertise»
Jean-Marc Joannès | Actu Emploi | Actualité Club Techni.Cités | France | Publié le 23/11/2011 | Mis à jour le 22/07/2013

Il y aurait aujourd’hui, toutes collectivités territoriales et tous statuts confondus, entre 17 et 18 0000 ingénieurs territoriaux. Des effectifs qui ont considérablement crus depuis cinq ans. A la veille de la deuxième conférence nationale de l’association des ingénieurs territoriaux (AITF), qui aura lieu à Caen du 24 au 26 novembre 2011, son président, Jean-Pierre Auger livre son analyse des missions et responsabilités des ingénieurs territoriaux.

Comment se déroulera ce rendez-vous des ingénieurs territoriaux à Caen ?

La conférence nationale de l’AITF [1] est un rendez-vous biannuel. Il permet à nos différents groupes de travail de croiser leurs travaux autour d’un thème. Cette 2e édition est ainsi consacrée au développement durable [2]. C’est un exercice qui nous oblige à travailler en transversalité et à croiser nos expériences.

Il s’agit de dix-huit groupes thématiques [3] dédiés : « Architecture et Bâtiment », « Déplacements et signalisation », « Centres techniques et aux ateliers », etc.
Les groupes de travail formuleront des propositions en travaillant au sein de trois tables rondes : « Environnement et biodiversité », « Déplacements et transports » et « Urbanisme et développement durable ».
C’est un exercice auquel nous tenons : cette transversalité que nous demandons dans le fonctionnement des collectivités, nous devons la retrouver dans le fonctionnement de l’association !

En amont, les ingénieurs ont-ils été impliqués dans le processus du Grenelle de l’environnement ?

Nous avons été sollicités par différents groupes de travail sénatoriaux pour préparer des projets de textes. Mais nous ne voulons pas subir la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Nous sommes acteurs au quotidien et il nous faut continuer ce travail d’anticipation. C’est particulièrement vrai en matière de réglementation thermique : nous devons déjà anticiper la suite de la RT 2012 [4] !

Quelle doit être la posture de l’ingénieur territorial dans la mise en place du Grenelle ?

Les ingénieurs sont évidemment particulièrement concernés par des sujets aussi importants que les projets de performance énergétique et la rénovation des bâtiments. Cela nécessite des échanges entre ingénieurs, mais aussi avec leurs partenaires, comme l’Ademe.
Nous voulons nous projeter dans nos métiers et anticiper la mise en place du Grenelle de l’environnement et les attentes des élus en termes d’expertise et d’aide à la décision. C’est un rôle essentiel : les élus ne doivent pas subir un lobbying intense de la part d’entreprises privées. Nous devons pouvoir leur offrir une contre-expertise. Cela est d’autant plus vrai dans un contexte financier tendu.

Concrètement, quel type d’analyse nouvelle l’ingénieur territorial apporte-il à l’élu ?

Nous portons actuellement un discours qui consiste à bien réfléchir sur la réhabilitation des bâtiments. Avec les contraintes d’accessibilité et celles issues du Grenelle de l’environnement, il peut s’avérer parfois plus pertinent et moins onéreux de revendre un patrimoine au profit de la construction de bâtiments neufs. Les ingénieurs sont les mieux placés pour aider à résoudre ce type d’équation économique… et pour les prévenir : ce n’est pas une fois le bâtiment construit qu’il faut s’interroger sur son coût de fonctionnement !

Lors de votre conférence nationale, la réforme du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux devrait être au cœur des conversations…

Je n’aime pas parler d’un « fantôme ». Il faut reconnaître que le projet de texte constitue une avancée, en tout cas une reconnaissance, et donc une exigence pour l’ingénierie territoriale. Je suis également très favorable au rapprochement de notre organisation avec celle de la filière administrative. Dans la foulée de la conférence nationale se tiendront deux réunions statutaires : un bureau et un comité national regroupant une soixantaine de membres. Nous rappellerons alors nos propositions et revendications.

Comment résumer vos attentes ?

Nos demandes sont à la fois simples et justes et sans surenchère par rapport à la filière administrative. Nous voulons la reconnaissance de notre métier et une certaine équité par rapport aux ingénieurs de l’Etat. Il faut simplement prendre acte de l’importance de nos responsabilités, aussi grandes que dans le privé. Nous continuerons à solliciter en ce sens élus et ministres concernés. Nous avons déjà rencontré par deux fois la DGCL.

Par ailleurs, il serait dommage que le chantier de la réforme territoriale n’aboutisse pas. Le métier et les missions des ingénieurs territoriaux seront nécessairement impactés par les nouveaux modèles de gouvernance territoriale et le degré de mutualisation des moyens et compétences. Nous devrons faire face à l’inflation des normes et aux exigences du Grenelle de l’environnement. La mutualisation des moyens est, à cet égard, essentielle.
Un flop serait un gâchis exceptionnel, difficile à expliquer aux administrés.