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SANTÉ
Démographie médicale : le diagnostic à l’échelle des 2 215 bassins de vie
Catherine Maisonneuve | France | Publié le 16/11/2011 | Mis à jour le 05/12/2011

Le conseil national de l’Ordre des médecins a présenté, mardi 15 novembre 2011, sa deuxième édition des Atlas régionaux de la démographie médicale. Les statistiques démographiques régionales ont cette année été affinées à l’échelle des 2 215 bassins de vie.

Région par région, puis département par département, les données démographiques sont pour la première fois affinées à l’échelle des 2 215 bassins de vie définis par l’Insee(1) [1].

Portant sur les médecins généralistes et spécialistes en accès direct (gynécologues, ophtalmologistes, pédiatres et psychiatres), ces données démographiques indiquent :

Disparités infra-régionales – Les Atlas révèlent des disparités importantes entre départements. En Ile-de-France, par exemple, Paris polarise 47,2 % des nouveaux médecins tandis que la Seine-et-Marne stagne à 4 %.

La présence d’une fac de médecine déséquilibre fortement l’attractivité. Ainsi, en Champagne-Ardenne, 71 % des nouveaux médecins de la Marne sortent de la faculté de Reims, 27 % ont un diplôme étranger, et 2 % viennent d’autres régions, mais parmi ceux qui ont commencé à exercer dans les Ardennes, les proportions respectives sont de 15 %, 69 % et 16 %.

Bassins de vie en danger – La densité moyenne nationale est de 4,4 médecins généralistes pour 5 000 habitants. Avec une densité quasi-équivalente (4,6), la région Limousin ne dénombre que 28 % de bassins de vie considérés comme « en danger » alors que la région Rhône-Alpes en recense 50 %.
Facteur aggravant de la désertification redoutée par tant d’élus ruraux : la moyenne d’âge des médecins généralistes libéraux est élevée dans les bassins de vie à faible densité…

Les Atlas régionaux décrivent en détail chaque bassin de vie « en danger ». L’analyse porte également sur les spécialités en accès direct : par exemple, de nombreux bassins de vie recensent 100 % d’ophtalmologistes âgés de 60 ans et plus, sans aucun renouvellement de génération.
De même, la Haute-Normandie, région dont la population est la plus jeune de France (moyenne d’âge de 40 ans), est totalement dépourvue de pédiatres libéraux.

Exercice libéral : une lueur d’espoir – Moins d’un médecin sur dix nouvellement inscrit au tableau de l’Ordre se tourne vers une activité libérale. En Ile-de-France par exemple, région réputée pour sa forte densité médicale, la ville de Paris n’attire pas les jeunes médecins à exercer en secteur libéral (6,7 %).

« Néanmoins, si ces données semblent annoncer dans un premier temps une relève modérée de médecins adoptant ce mode d’exercice, on peut identifier certains signaux très positifs en faveur de l’évolution de l’exercice libéral », veut croire le Dr Michel Legmann, président du l’Ordre des médecins.

Son optimisme (modéré, il parle de petite « lueur d’espoir ») s’appuie sur l’exemple de la région Auvergne, qui, avec une densité de 275 médecins/100 000 habitants (moyenne nationale : 306) dénombre 20 % de nouveaux entrants en exercice libéral exclusif.
Surtout, a-t-il souligné, les jeunes médecins nouvellement installés sont très satisfaits de leur mode d’exercice et sont prêts à recommander à leurs jeunes confrères de s’installer.

REFERENCES


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