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Energie

L’électricité en circuit court monte en puissance

Publié le 24/01/2023 • Par Olivier Descamps • dans : actus experts technique, France, Régions

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Christian BAUDON
L’autoconsommation collective donne du sens aux projets d’énergie renouvelable. Les collectivités portent environ 60 % des opérations et les syndicats d’énergie ont un rôle à jouer pour proposer des offres à leurs adhérents. Plusieurs options s’ouvrent aux porteurs de projets, parmi lesquelles l’autoconsommation patrimoniale qui consiste à alimenter plusieurs de ses sites avec une seule centrale.

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« C’est encore un parcours du combattant. Avec une complexité administrative et juridique qu’il faut savoir surmonter », prévient Anna Wachowiak, présidente de ­Sergies, bras armé du syndicat ­Energies Vienne (217 communes, 303 000 hab.) pour développer les ENR. Associant producteurs et consommateurs d’électricité situés dans le même périmètre, l’ACC monte néanmoins en puissance.

Fin novembre, 139 opérations étaient en service, calcule le gestionnaire de réseau Enedis. Deux fois plus qu’il y a un an. Près de 60 % d’entre elles sont montées par des collectivités ; 14 % par des bailleurs sociaux. Dernier chiffre, « 200 projets en cours ont été déclarés à Enedis en région », rapportait début décembre Sylvie Maurand, spécialiste de la flexibilité au sein de la filiale d’EDF, à l’occasion d’une conférence organisée par le ministère de la Transition écologique. De fait, le parcours du combattant n’en est pas moins « au cœur de notre stratégie car l’auto­consommation est un ensemble de valeurs que nous partageons », témoigne Anna Wachowiak. Plutôt adaptée pour le moment aux centrales photovoltaïques, l’ACC répond d’abord à une logique de circuit court qui n’existait pas avec les projets dits « en injection directe ». Le propriétaire d’une toiture solaire ne vend plus ses électrons à un fournisseur anonyme, mais à ses voisins, ce qui donne du sens au projet d’énergie renouvelable dont on comprend tout de suite la fonction. Des contrats longs et des prix fixes offrent par ailleurs davantage de visibilité aux participants, ce qui devient essentiel dans un contexte de forte volatilité du marché.

Enfin, par rapport à l’auto­consommation individuelle, les porteurs de projets gagnent en souplesse. Ils ne sont pas obligés de chercher un équilibre permanent entre leur production et leur besoin propre.

A chacun son modèle

Autoconsommation individuelle ou collective… Ces options ne sont, en réalité, pas incompatibles, mais leur hiérarchie est parfaitement définie : quand le soleil brille, on répond d’abord à la demande du bâtiment qui accueille la toiture ; ensuite à celle de ses voisins. Ce choix s’explique pour des raisons ­fiscales. ­Utiliser le réseau d’électricité a un coût. En l’occurrence, celui du Turpe. Mieux vaut donc éviter les trajets inutiles.

Et ce, d’autant plus que le montant de cette taxe est le même quelle que soit la distance parcourue, qu’il s’agisse d’envoyer un électron à l’autre bout de la France ou de traverser la rue. Un dispositif qualifié de « micro-Turpe » a certes été mis en place pour encourager ceux s’efforçant de jouer la carte locale. Dans les faits, pourtant, les conditions exigées pour l’obtenir sont telles que ceux qui le demandent sont très peu nombreux.

Côté périmètre, la réglementation impose une distance à ne pas dépasser entre les sites : 2 kilomètres. Sauf dans les zones où l’habitat est dispersé, où une dérogation peut être demandée (jusqu’à 20 kilomètres). Chaque projet est par ailleurs plafonné à 3 MW – et même 0,5 MW en dehors du territoire continental métropolitain, soit peu ou prou la puissance d’une éolienne récente pour ceux qui voudraient miser sur cette technologie.

A chaque porteur de projet de définir la liste des partenaires qu’il souhaite y intégrer. « Il existe trois familles d’ACC », explique Blanche Lormeteau, chargée de recherche au CNRS. La première option consiste à trouver plusieurs consommateurs : des entreprises, d’autres collectivités, voire des ménages ; puis à créer ensemble une structure commune (association ou entreprise). Qualifiée de PMO, c’est elle qui établit les règles : comment répartit-on la production ? A quel prix ? Qui sert d’interlocuteur au gestionnaire du réseau de distribution pour lui dire qui consomme quoi ?

Un projet peut ensuite être « patrimonial ». Par exemple, quand une commune veut que la toiture de sa salle des fêtes alimente plusieurs bâtiments communaux. Le caractère « collectif » de l’auto­consommation réside alors uniquement dans le fait que les électrons empruntent le réseau public.

Enfin, les bailleurs disposent d’un cadre juridique spécifique. Ils peuvent créer une PMO sans y intégrer les ménages dont les déménagements successifs pourraient complexifier le fonctionnement de l’opération.

Du photovoltaïque chez les bailleurs sociaux

A Dijon (158 000 hab.), plusieurs de ces possibilités sont testées sur le quartier de Fontaine d’Ouche. D’un côté, la ville valorise la toiture flambant neuve d’un groupe scolaire et projette de couvrir une piste cyclable d’ombrières afin d’alimenter quatorze bâtiments publics à hauteur de 40 % de leurs besoins.

« Ce dispositif est d’autant plus intéressant qu’une école consomme très peu d’électricité en juillet et en août », souligne Jean-Patrick Masson, ­conseiller municipal chargé des questions énergétiques. Parallèlement, les deux bailleurs sociaux du quartier (Orvitis et Grand Dijon Habitat) déploient le photovoltaïque en toiture pour réduire les charges de leurs locataires. Au total, la production va s’étendre sur 2 hectares. « Soit 10 % de ce territoire urbain. C’est considérable », souligne Yves Chevillon, directeur de l’action régionale d’EDF Bourgogne – Franche-Comté.

A Dijon, personne ne s’est fait prier pour participer à cette opération largement financée par des fonds européens du projet Response. Ailleurs, le modèle économique de l’autoconsommation collective reste fragile.

A l’instar de la Fédération départementale de l’énergie de la Somme (lire ci-contre), bon nombre de collectivités cherchent surtout à lancer des opérations parce qu’elles pressentent que le modèle finira par s’imposer. En la matière, « les syndicats d’énergie ont toute légitimité à s’impliquer pour éviter la multiplication des PMO », estimait Olivier ­Loizeau, directeur général de Vendée Energie, à l’occasion du congrès de la FNCCR qui s’est tenu fin septembre.

Des projections séduisantes

Comme souvent dans le monde des renouvelables, un crochet par le département pionnier qu’est la Vienne n’est pas inutile quand on cherche à imaginer le modèle qui pourrait s’imposer aux quatre coins de la France. L’objectif de son syndicat d’énergie à moyen terme : proposer aux communes et aux intercos « des solutions qui englobent la production d’ENR par ­Sergies, la gestion des projets d’auto­consommation collective avec une PMO départementale créée par Energies Vienne, et la possibilité pour les consommateurs de couvrir leurs besoins résiduels avec notre fournisseur Alterna », témoignait Anna Wachowiak lors de ce même congrès.

A plus long terme, des solutions de stockage ou de recharge intelligente de véhicules électriques pourraient même accroître l’autonomie de chaque opération et parfaire la logique 100 % locale. Ces projections sont séduisantes mais ne doivent pas effrayer ceux qui sont moins avancés. D’autant que « l’autoconsommation n’est pas une fin en soi », rappelle ­Isabelle Moritz, adjointe à la cheffe du bureau « villes et territoires durables » au ministère de la Transition écologique. Quel que soit le modèle choisi, injection ou ACC, « l’enjeu premier est bien de favoriser une production locale ».

Aménagement

Un groupe de travail ministériel s’efforce depuis octobre d’identifier les pratiques permettant aux aménageurs de contribuer à l’essor de l’autoconsommation. Illustration avec les réseaux, dimensionnés jusqu’alors selon le besoin des usagers et qui devront, demain, tenir compte du potentiel de solarisation des toitures.

En première ligne, le syndicat d’énergie pilote les opérations

[Fédération départementale d’énergie de la Somme, 765 communes, 389 000 hab.] Créés afin d’accompagner les communes sur les questions énergétiques, les syndicats départementaux semblent taillés pour expérimenter l’autoconsommation collective. Dans la Somme, la Fédération départementale d’énergie de la Somme n’a pas cherché à éviter l’obstacle. « Une première opération est chronophage », prévient Jean-Louis Denis, chargé du dossier. Avec l’aide de l’entreprise ­Enogrid, il a entre autres fallu créer une personne morale organisatrice que les collectivités du département qui le souhaitent sont invitées à s’approprier. L’Adaces s’est structurée en collèges capables de gérer indépendamment chaque opération. Pour la première du lot, plusieurs partenaires ont rejoint la fédération : une coopérative agricole, une association exploitant un centre de ­loisirs et un bureau de poste.

L’électricité est produite à Boves, par le siège du syndicat doté d’une toiture photovoltaïque de 27 kW et d’un équipement de cogénération gaz de 5 kW. Une ombrière de parking complétera le dispositif cette année. L’énergie est consommée aux deux tiers par le bâtiment lui-même, puis par une borne de recharge de véhicules exploitée par la fédération. Dans un premier temps, la vente de l’électricité s’est faite au prorata de la consommation de chacun des partenaires, option qui s’est avérée déséquilibrée et que l’Adaces a modifiée. C’est ce type de tâtonnements qui justifie le lancement d’opérations tests.

Contact : Jean-Louis Denis, jean-louis.denis@fde-somme.fr

 

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