Si la culture est le plus souvent associée à la ville, les territoires ruraux ne sont pas en reste : eux aussi expérimentent et développent, le plus souvent à bas bruit, des politiques culturelles ambitieuses destinées au plus grand nombre.
Au plus près des territoires et de leurs habitants, les départements ruraux sont ainsi peu à peu devenus des acteurs pivots de la culture. En position intermédiaire, entre les communes et les régions, ils sont appelés à devenir les creusets de politiques culturelles innovantes. Pour ce faire, l’importance de l’ingénierie culturelle est cruciale, surtout hors des grandes agglomérations où la culture est portée de longue date par le bénévolat, lequel a été particulièrement impacté par la crise sanitaire.
Les départements, aidés de l’Europe, de l’Etat et des régions, doivent accompagner les communes et les communautés de communes à obtenir les moyens humains et financiers de leurs politiques. Deux questions essentielles doivent être posées : d’une part, celle du manque d’ingénierie culturelle, d’autre part, le nécessaire besoin d’un choc de simplification de l’accès aux finances publiques pour la culture (via la mise en place d’une plateforme unique de demande de subvention par exemple).
La culture est une compétence « partagée », elle ne doit plus être une « compétence redondante ». Il serait souhaitable que tous les acteurs se positionnent là où ils se sentent le plus légitime : les départements disposent d’un maillage de lieux (collèges, points de lecture des médiathèques, musées) qui pourraient être le fer de lance d’une politique d’itinérance structurante sur un territoire. Celle-ci viendrait en appui des projets culturels portés par les communes et les communautés de communes, avec la venue d’artistes repérés pour leurs projets artistiques et financés dans leur projet de création par les dispositifs des régions et de l’Etat.
Les départements doivent également veiller à penser l’« aménagement culturel » des territoires. Là un festival, là une compagnie de résidence, là l’école de musique et ici un équipement structurant : tout cela, trop souvent, sans concertation. Les départements peuvent être les garants d’un équilibre territorial. A ce titre, le conseil des territoires pour la culture, aujourd’hui placé sous la présidence du préfet de région, pourrait être décliné à l’échelle départementale et présidé par des élus locaux, qui connaissent leurs territoires.
Enfin, de la même manière que les villes sont invitées à réfléchir à leur projet culturel dans le cadre des candidatures au titre de capitale européenne de la culture, les territoires devraient avoir aussi un dispositif similaire, ce qui permettrait de profondes synergies afin de placer la culture comme un élément porteur de sens et de fierté d’appartenance à un territoire.
La culture peut être un puissant levier pour corriger ce sentiment, et cette réalité, de relégation des territoires ruraux. Ce serait là une transcription à l’échelle locale de la démarche des droits culturels dans leur capacité à coconstruire des projets culturels.
Références
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